La pharmacie gérée par Ludivine Metrop dans le 6e arrondissement de Lyon. Crédit : C.Belsoeur / Lyon Capitale

Lyon : "On est au pic", reportage dans une pharmacie qui fait face à la ruée vers les tests de dépistage du Covid-19

Dans le 6e arrondissement de Lyon, le personnel de la pharmacie des Brotteaux est mobilisé depuis plusieurs semaines pour répondre à la ruée des Lyonnais vers les tests de dépistage du Covid-19 en pleine cinquième vague de l'épidémie. Reportage.

Devant l'officine du réseau Hello Pharmacie nichée à l'angle du boulevard des Belges et du cours Vitton dans le 6e arrondissement de Lyon, la queue n'est pas très longue ce mercredi 12 janvier en fin de matinée. Trois personnes patientent dans le froid avant de faire un test antigénique du SARS-CoV-2. À l'intérieur, au chaud, ce sont trois personnes supplémentaires qui font la queue dans la file "Covid-19". Certaines sont aussi là pour se faire vacciner. Selon Ludivine Metrop, la responsable de la pharmacie des Brotteaux, un léger reflux des demandes de test est à l'oeuvre depuis lundi. Mais, la pharmacienne et son équipe sont encore confrontées à "un pic" de demandes.

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Pour répondre à l'envolée du nombre de tests antigéniques réalisés en pharmacie et aux achats d'autotests, l'équipe a gonflé de 10 salariés en temps normal à 16-17 personnes depuis le début du mois de décembre. À l'intérieur de l'officine, un comptoir est entièrement dévolu aux demandes de tests et de vaccins, alors qu'un autre est toujours réservé aux demandes classiques des clients. Deux pièces sont également réservées aux tests antigéniques, alors qu'un troisième espace a été aménagé à l'étage pour injecter 40 à 50 doses vaccinales chaque jour. Un local qui était réservé aux demandes orthopédiques a ainsi été transformé en laboratoire de prélèvement nasal. "Avec la déprogrammation de nombreux actes chirurgicaux à l'hôpital, on avait moins de demandes orthopédiques", note Ludivine Metrop.

Les files d'attente de la pharmacie des Brotteaux.

Entre 300 et 400 tests par jour

Cette jeune mère de famille explique ne vouloir dit "non" à aucune demande de test. Il est possible de venir sans rendez-vous, mais dans ce cas de figure l'attente est plus longue. "Nous avons été très sensibles ces quinze derniers jours à la demande de mamans qui voulaient faire tester leurs enfants. Je ne peux pas leur dire non. C'est déjà tellement de stress pour elles". Deux étudiantes en deuxième année de médecine s'occupent uniquement des tests antigéniques. Zoé, étudiant sur le campus de médecine de Grange Blanche, s'est portée volontaire pour venir renforcer les rangs de l'équipe. Habitante du quartier, elle passait chaque jour devant la pharmacie et voyait la queue qui s'allongeait jour après jour sur le trottoir.


"Nous avons été très sensibles ces quinze derniers jours à la demande de mamans qui voulaient faire tester leurs enfants. Je ne peux pas leur dire non"


"On tourne entre 300 et 400 tests antigéniques par jour. Je fais le prélèvement nasal et j'envoie les résultats au patient environ un quart d'heure plus tard", confie la jeune femme.  Zoé est en première ligne face au stress et à l'inquiétude des gens qui viennent se faire tester. "Les enfants il y en a pour qui ça se passe très bien, et d'autres pour qui c'est vraiment impossible de leur mettre l'écouvillon dans le nez tellement ils bougent". 

Un secrétaire médical a aussi rejoint l'équipe pour assurer la logistique du comptoir Covid-19. Il accueille les gens, récupère les tickets de ceux qui ont pris rendez-vous avant de les orienter vers les "préleveurs". "On a embauché Sacha qui est notre secrétaire. Il gère toute la logistique, c'est très précieux pour nous. Surtout que notre activité classique n'a pas baissé. Au contraire même, comme on est en plein hiver on a aussi les pathologies classiques", ajoute Ludivine Metrop.

Le Covid-19 a aussi permis de mettre en valeur le travail des pharmacies

L'explosion du nombre de nouveaux cas de Covid-19 pendant cette cinquième vague arrive pour les pharmacies après deux années déjà chargées. "Ce qui est dur je trouve c'est que ça fait deux ans qu'on est face à la crise. Au tout début de l'épidémie en 2020, il y avait d'abord eu une ruée vers les masques et le gel hydroalcoolique à gérer. Ce n'est pas facile tous les jours et on dort bien le soir. Mais le Covid-19 a aussi permis de mettre en valeur le travail des pharmacies. Cela faisait des années qu'on se battait pour pouvoir faire plus d'actes médicaux en pharmacie. Le Covid a agi comme un accélérateur pour ça", poursuit Ludivine Metrop.

Il est bientôt midi et la pharmacie s'est presque vidée. Un seul individu attend encore dehors d'être reçu pour un test antigénique. "Je suis positive. Je n'ai pas de boule de cristal, mais je pense que les choses vont aller en s'améliorant concernant l'épidémie", conclut la pharmacienne.


POUR ALLER PLUS LOIN

Jean-Yves Grall, le directeur de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, a fait le point sur la vague Omicron dans la région ce mardi 11 janvier  dans la quotidienne de Lyon Cap', 6 minutes chrono.

Lire aussi : Covid-19 à Lyon : inquiétudes autour des nombreuses déprogrammations, les réponses du directeur de l'ARS

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