Campement de Roms le long du jardin des Chartreux – Lyon 4e © Antoine Merlet
Campement de Roms le long du jardin des Chartreux – Lyon 4e © Antoine Merlet
Article payant

Lyon : les campements de Roms vont-ils disparaître ?

Depuis 2010, les acteurs associatifs et politiques de l’agglomération ont engagé des actions pour endiguer l’installation de campements de Roms. La multiplication des expulsions semble aussi avoir découragé la mise en place de gros bidonvilles et la levée des mesures transitoires pour les ressortissants roumains et bulgares en 2014 a pu favoriser l’insertion des Roms et leur accès au droit commun. Aujourd’hui, la tendance est à la résorption, mais aussi à l’éparpillement des installations. État des lieux.

Une vue toujours aussi imprenable. Depuis sa création en 1860, la place Rouville offre aux Lyonnais et aux touristes de tous les horizons un panorama de choix sur la ville et son architecture. Quelques dizaines de mètres plus haut, cours Général-Giraud, se trouve le jardin des Chartreux. Un écrin de verdure le long duquel il s’avère difficile de trouver une place de stationnement. Depuis 2014, une communauté rom y a en effet élu domicile. Si les tentes de fortune déployées à l’époque ont disparu, leurs voitures sont toujours là. Elles sont reconnaissables à leurs sièges rabattus et aux couvertures qu’on aperçoit à l’intérieur. Sur les grilles du jardin, du linge est étendu. Entre deux véhicules, deux chaises et une table en plastique font office de salon. Quelques jeunes de la communauté discutent près des voitures. Aucun adulte à l’horizon. “Ces personnes ne sont pas sur place en journée”, affirme la mairie de Lyon.

Dans des voitures depuis six ans

Quid des mesures prises face à cette occupation de l’espace public qui dure depuis tout de même six ans ? “Des passages réguliers sont opérés par la police municipale”, répond la mairie, et une “procédure pour stationnement abusif sur la voie publique avec enlèvement de véhicules est systématiquement appliquée”. Insuffisant, néanmoins, pour endiguer le problème. En août 2016, le maire de Lyon, Gérard Collomb, avait créé la polémique en faisant couper l’arrivée d’eau des bornes-fontaines du parc, pour faire partir les sept familles qui vivaient sur place. Près de trois ans plus tard, les familles en question sont toujours là. “Une dizaine de personnes en moyenne dont sept à huit adultes et deux à trois enfants (…) originaires de Roumanie et qui utilisent treize véhicules comme lieux de couchage”, liste la mairie. Ce n’est pas faute de propositions de logement, si l’on en croit un courrier du directeur du centre communal d’action sociale du 1er arrondissement, que nous montre un habitant du quartier irrité par leur présence. Dans ce courrier, Pierre-Alain Moussier explique notamment que les familles sont “connues et soutenues depuis longtemps” par le CCAS. “Plusieurs foyers ont été hébergés (…) mais ils ont, pour certains, rapidement quitté ces logements et, pour d’autres, refusé d’emblée les lieux mis à leur disposition”, écrit-il.

Il vous reste 71 % de l'article à lire.
Article réservé à nos abonnés.

Connectez vous si vous êtes abonnés
OU
Abonnez-vous

à lire également
Dispositif anti-installation de campement – Lyon, 2019 © Antoine Merlet
À Lyon comme dans les autres métropoles françaises, les pouvoirs publics rivalisent d’imagination pour empêcher l’installation de campements de fortune sur les terrains vagues. Jusqu’à hérisser ceux-ci de gros cailloux pointus, quand ils ne sont pas tout simplement grillagés. S’ils n’ont pas d’existence formelle dans les textes, ces dispositifs anti-installation sont un préalable exigé par les services de l’État pour procéder aux expulsions et démantèlements.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut