Lyon : Les anti compteur Linky attaquent en justice

Accueillis avec méfiance par les particuliers, les compteurs Linky font l'objet de critiques plus marquées depuis que la Cour des Comptes a épinglé les appareils dans son rapport annuel. Trop chers, pas assez avantageux pour les foyers, les collectifs d'habitants en colère font des émules jusqu'à Lyon, où l'un d'entre eux a prévu une action en justice contre ENEDIS.

Les compteurs Linky sont critiqués sur de nombreux points. Au premier plan, leur prix. Avec en moyenne 130€ à débourser par habitant, la Cour des Comptes dénonce "un dispositif coûteux pour le consommateur mais avantageux pour Enedis" alors que "les gains que les compteurs peuvent apporter aux consommateurs sont encore insuffisants". Le Collectif Info Linky Sud-Ouest Lyonnais, qui pointe également cet aspect financier, y ajoute une problématique écologique. "Comment peut-on, dans une période de transition énergétique, mettre 35 millions de compteurs fonctionnels à la poubelle et les remplacer par des dispositifs qui consomment ?" interroge l'organisation. En réalité, ENEDIS assure que les compteurs démontés ne partiront pas à la benne, mais seront recyclés. Enfin, la stratégie d'entreprise d'ENEDIS, qui passe de l'énergie au big data, fait craindre aux habitants des intrusions dans leur vie privée. Dans une interview de 2016 accordée au Journal du Net, Philippe Monloubou, président du Directoire d'ENEDIS annonce en effet que "Notre métier évolue et nous sommes désormais un opérateur de big data qui va bientôt gérer 35 millions de capteurs connectés. […] Toutes ces données ont à l'avenir vocation à être agglomérées et donc anonymisées pour être mises à la disposition des collectivités". Pour les détracteurs de Linky, cet accès aux données représente un danger pour la vie privée. "Ils pourront savoir à quelle heure on se couche, on se lève, à quelle heure on déjeune ou quand on est absent. C'est une intrusion, d'autant plus qu'on essaie de nous l'imposer".

Deux actions en justice pour dire non aux compteurs Linky

"A l'origine, nous étions quelques voisins concernés par l'arrivée de ces compteurs, une dizaine tout au plus. En deux ans d'existence, nous avons rassemblé près de 300 personnes" explique une représentante du Collectif Info Linky Sud-Ouest Lyonnais. A terme, ENEDIS a prévu d'en installer 35 millions sur toute la France. Alors qu'a peine un quart d'entre eux ont été posés, les compteurs Linky sont déjà au cœur des critiques et font l'objet d'une grande méfiance de la part des particuliers. Les voix éparses qui s'élevaient contre son installation se multiplient, et ont gagné en visibilité depuis que la Cour des Comptes a épinglé sur plusieurs points les compteurs intelligents d'ENEDIS. Galvanisé par une action en justice lancée en Bretagne, un collectif lyonnais a décidé de monter au créneau et d'amener le sujet sur les bancs du tribunal. "Nous avons tenté de persuader nos communes de refuser les compteurs Linky. N'ayant pas eu gain de cause, nous avons pris un avocat" explique une habitante de Saint-Genis Laval. En effet, dans un communiqué, le collectif indique vouloir lancer deux actions en référé. Une pour garantir la non-pose du compteur en cas de refus, et l'autre pour faire déposer les compteurs déjà installés. Car selon le collectif, ENEDIS ne prendrait pas en compte l'avis des habitants et les obligerait à s'équiper du compteur. "Légalement, il est possible de refuser l'installation, même si c'est compliqué. Il faut envoyer une lettre recommandée" explique la militante qui prévient, "Parfois, ce n'est même pas suffisant. Lorsque votre compteur est installé à l'extérieur, les sous-traitants peuvent vous le remplacer même si vous n'êtes pas d'accord". Une marche forcée qui, le collectif l'assure, concernerait de nombreux résidents de la région de Lyon. "Parfois, c'est allé plus loin. On a des habitants qui nous ont dit qu'ils avaient fait l'objet de menaces et de pressions. On leur a dit qu'on allait leur envoyer un huissier s'ils refusaient" s'indigne-t-elle. Selon nos informations, plus de 300 communes françaises auraient déjà refusé l'installation du compteur Linky.

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