Lyon : des manifestants brûlent des sapins de Noël en vente à Bellecour

Mardi, en marge de la manifestation contre la réforme des retraites, une cinquantaine d’individus ont saccagé et brûlé un stock de sapins de Noël place Bellecour.

Habitué des marchés depuis des années à Lyon, Fabrice Dulac ne peut que constater les dégâts ce mercredi. Une partie de ses sapins en vente à Bellecour ont été détruits. Sachant que le cortège contre la réforme des retraites devait arriver sur la place mardi midi, il décide de ne pas rester. Il charge le maximum de sapins dans son camion, mais en laisse une vingtaine derrière quelques barrières, sous une bâche.

Les sapins saccagés

En début d'après-midi, les manifestants arrivent à Bellecour, aucun incident majeur n'a été relevé le long du cortège, l'ambiance est bon enfant. Pourtant, une cinquantaine d'individus vont s'en prendre aux sapins toujours sur place.

Sous le regard des voisins qui assistent à la scène depuis leur fenêtre, ils tentent d'incendier les arbres de Noël avec plus ou moins de mal, le bois étant encore frais. Les sapins qui ne brûlent pas sont piétinés, saccagés. Un tag "GJ" pour "gilets jaunes" est peint sur le sol. La vingtaine de sapins est déjà détruite lorsque les policiers dispersent les manifestants.

Fabrice Dulac ne regrette pas de ne pas être venu. "Si on était resté, on se serait fait lyncher, ils peuvent manifester, le souci c'est la casse" se désole-t-il, "Je ne sais même pas si je vais aller porter plainte, je n’ai pas le temps, et puis à quoi bon, ça va faire quoi ?".

Le dernier à rester place Bellecour. 

Ces prochains jours, il écrira à l'adjointe à la ville de Lyon en charge du commerce, Fouziya Bouzerda. "Nous allons leur demander un effort sur le prix de l'emplacement. La ville nous a oubliés, on nous a refusé des grandes barrières comme les années précédentes. C'est dur de faire du commerce en ce moment, c'est un cauchemar".

En temps normal, ils sont cinq à venir proposer leur sapin place Bellecour. Cette année, Fabrice Dulac est le seul, "À cause des manifestations, ils ont tous renoncé. Il ne reste plus que nous et nous faisons un chiffre proche de celui des années précédentes, les gens n'osent plus venir dans le centre", poursuit-il, "Avant venir chercher un sapin, c'était un moment de joie, les enfants étaient là, ils souriaient. Ils ne viennent même plus avec leurs parents. La magie de Noël a disparu".

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