Hôtel de Ville de Lyon. @WilliamPham

Lyon débloque 6,6 millions d'euros pour stopper la grogne en revalorisant les agents municipaux

À la rentrée, des agents municipaux de la Ville de Lyon avaient entamé un mouvement social pour dénoncer l’augmentation du temps de travail et l’encadrement droit de grève. Le maire n’a pas bougé de sa position, mais la ville a débloqué 6,6 millions d’euros en faveur de ses agents. 

Le 2 septembre, jour de la rentrée scolaire dans les écoles de Lyon, environ 200 agents municipaux s’étaient réunis devant l’Hôtel de Ville pour dénoncer l'allongement de leur temps de travail et une modification du statut du droit de grève. Deux mesures directement liées à la mise en oeuvre de la loi de transformation de la fonction publique, une politique nationale. Au début du mois, la Ville de Lyon déclarait désapprouver l'augmentation du temps de travail, mais, pour autant, elle se disait "tenue de l'appliquer".

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Concrètement, cela signifie que le temps de travail annuel des agents doit être porté à 1607 heures, qu’en cas de mouvement social les grévistes se verront décompter un jour entier, même pour une grève courte et qu’ils devront se déclarer 48 heures avant. Des mesures qui avaient suscité la fureur des syndicats, la CGT estimant, notamment, "discriminatoire" l’encadrement du droit de grève, et dénonçant une décision qui a "pour seul objectif de sanctionner financièrement et plus durement les agents les plus mal payés de la Ville". 

Entre 90 et 120 euros en plus pour les policiers municipaux

Ce lundi 20 septembre, le maire de Lyon, Grégory Doucet, est revenu sur le sujet, marquant son intention de ne pas infléchir sa position. En revanche, l’édile a annoncé mettre 6,6 millions d’euros sur la table, dans le cadre de son "pacte social" pour "revaloriser les salaires des agents municipaux" dès 2022. Lundi, la municipalité se félicitait d’ailleurs d’avoir "doublé" son engagement par rapport aux objectifs initiaux. 

3,4 millions d’euros seront ainsi alloués aux agents de catégorie C et plus particulièrement aux policiers municipaux et auxiliaires de puériculture. À partir de 2020, ces derniers gagneront ainsi entre 90 et 120 euros bruts en plus par mois. 2,4 millions seront également attribués aux agents des catégories A et B, afin, notamment, de revaloriser les "filières dites "féminines", à l’instar de celles du médico-social et de la culture. Un moyen selon la municipalité de "remédier aux inégalités de salaires entre femmes et hommes". Une décision qui pourrait permettre aux agents concernés de gagner 200 à 280 euros mensuels bruts en plus selon les filières. 

Une décision "pas liée à la grève"

Conséquent, le montant de l’enveloppe alloué à la revalorisation des agents ne serait toutefois pas un moyen d’acheter la paix sociale, c’est en tout cas ce que veut faire entendre la municipalité. Cette dernière affirme en effet que l’idée de doubler son engagement remontait avant même le début de la grève, la décision "n’est pas liée à la grève, on a refait les calculs cet été", expliquait ainsi Grégory Doucet.

Par ailleurs, désireuse de "faire en sorte qu’il n’y ait plus de grève", la municipalité écologiste a réaffirmé son intention "d’améliorer les conditions de travail et compenser les changements sur la durée de travail des agents". À cet égard, environ 5 000 des 8 300 agents pourront bénéficier d’une reconnaissance de pénibilité, un moyen de contourner la loi afin de sanctuariser leur temps de travail et ainsi de ne pas l’augmenter. Enfin pour compenser la suppression des jours de "congés extralégaux", les agents bénéficieront de trois jours de RTT supplémentaires à la fin de l’année, en travaillant "environ 30 minutes de plus par semaine".

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