"Lyon 2 et Lyon 3 ont payé trop cher leurs engagements politiques"

Franck Marmoz est le nouveau doyen de la faculté de droit de Lyon 3, à 44 ans, il est également le plus jeune. Gollnisch, élitisme et passé d'extrême droite, il n'hésite pas à aborder les sujets qui fâchent. En prenant ses fonctions le 1er septembre, il compte bien apporter à la réputation de l'université le vent d'air frais qui lui manque.

Entre frais de scolarités controversés, élitisme à la limite de la légalité* et passé d'extrême droite, la réputation de l'Université Lyon 3 est chargée. Le nouveau doyen de la faculté de droit , Franck Marmoz, souhaite changer cela et ce, dès son entrée en fonction le 1er septembre.Dans son rapport 2012 sur les frais de scolarité illégaux, le syndicat étudiant UNEF pointait du doigt trois établissements lyonnais (lire notre article) : parmi lesquels, l’Université Jean Moulin Lyon 3.

"Les frais supplémentaires dénoncés par l'UNEF n'ont jamais été obligatoires pour les étudiants, ils ne sont donc pas illégaux. Ils concernent uniquement des diplômes universitaires facultatifs. En ce qui concerne le diplôme national de droit, les frais sont fixés directement par l'État, nous n'avons aucun droit de les majorer", explique le doyen.

Il comprend l'origine du malentendu : "l'UNEF reprochait à l'université de laisser sous-entendre dans ses brochures que les diplômes nationaux étaient subordonnés à l'inscription dans ces diplômes complémentaires. Nous avons remédié à ce problème".

Quand diplôme sélectif n'est plus synonyme de diplôme qualitatif

Parmi les objectifs qu'il s'est fixé pour son mandat de cinq années, "l'excellence de la formation". Et pour cela, des efforts centrés sur la recherche, l'insertion professionnelle et la multiplication des "doubles diplômes" valables tant en France que dans les pays partenaires. L'arrêté licence de 2002, qui oblige la compensation des notes d'un semestre sur l'autre, et d'une année sur l'autre, aurait pu se poser comme un frein à ses ambitions. En effet, en facilitant le passage des étudiants dans les années supérieures, cette compensation diminue l'aspect sélectif du diplôme et peut ternir sa réputation auprès des employeurs.

C'est du moins la raison qu'invoquait Louis-Auguste Barrière, le prédécesseur du doyen Marmoz, pour avoir retardé son application à septembre 2011. Le nouveau doyen n'est pas d'accord, pour lui "la sélection n'est pas obligatoirement synonyme de qualité du diplôme, le contenu de l'enseignement si". De quoi donner quelques complexes à la faculté de droit de Lyon 2 qui tente, depuis quelques temps déjà, de débarrasser de cette mesure.

Vers la fin du clivage Lyon 3/Lyon 2 ?

La guerre politique entre les deux facultés n'est pas qu'un cliché. Le doyen explique que l'université Lyon 3 est née, au début des années 1970, d'une scission des professeurs de Lyon 2, à la suite des évènements de Mai 68. Les professeurs de la droite radicale à l'origine de cette séparation ont directement occupé les postes clés de la nouvelle faculté. Une tradition qui n'a été stoppée qu'en 2007, avec l'élection d'Hugues Fulchiron, à la présidence de l'Université.

"Il sera très difficile de rompre avec cette image", confie le nouveau doyen. Il n'hésite pas à aborder les sujets sensibles, "La suspension du professeur Gollnisch pour ses propos négationnistes est un boulet avec lequel l'Université doit s'efforcer d'avancer. Sa réintégration à la faculté de Langues me forcera à être d'autant plus vigilent de ce côté là. Je ne veux pas d'une faculté politisée". D'autant que les deux universités sont désormais partenaires sur un grand nombre de diplômes et complémentaires sur la plupart."Le master professionnel marchés publics est cohabilité avec Lyon 2 et Saint-Étienne, c'est un diplôme qui marche très bien et nous comptons continuer dans la voie de la coopération. Nos deux facultés de droit ont payé trop cher les conséquences de leurs engagements politiques, il est temps que cela change".

* L'arrêté licence de 2002 interdit les moyennes éliminatoires aux examens. Or jusqu'à 2011 la faculté de Lyon 3 éliminait de la double licence droit-science politique tout élève obtenant une moyenne inférieure à 9.

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