Alexander Prokopchuk (à gauche), vice-président russe d’Interpol, avec son président, Meng Hongwei, le 4 juillet 2017 à Singapour © Roslan Rahman / AFP
Alexander Prokopchuk (à gauche), vice-président russe d’Interpol, avec son président, Meng Hongwei, le 4 juillet 2017 à Singapour © Roslan Rahman / AFP
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L’œil de Moscou sur Interpol

La disparition mystérieuse du président d’Interpol, le Chinois Meng Hongwei, a débouché sur une lutte de succession entre Russie et Occident. Si Vladimir Poutine n’a finalement pas réussi à placer son poulain, un vétéran du KGB, à la tête de l’organisation internationale, son influence grandissante sur l’organisation policière inquiète. D’autant que Moscou n’hésite pas à détourner la coopération policière internationale à des fins politiques, pour persécuter ses opposants partout dans le monde. Avec un outil encore plus efficace que les célèbres notices rouges.

Une lettre non signée. La plus grande organisation policière internationale ne demande pas plus pour valider la démission de son président. Qu’importe si ce dernier est porté disparu, vraisemblablement kidnappé par le régime communiste chinois, qui l’avait placé à la tête d’Interpol. Président de l’organisation depuis novembre 2016 et vice-ministre de la Sécurité publique de Pékin depuis 2004, Meng Hongwei n’a pas été aperçu depuis qu’il a posé le pied sur son sol natal, le 25 septembre dernier. Les deux sms envoyés ce jour-là à sa femme, restée à Lyon, sont ses derniers signes de vie. Le second message comportait seulement un couteau, leur code pour prévenir d’un danger. La lettre, non signée, reçue le 7 octobre par Interpol a été enregistrée par l’organisation, qui a validé la démission de son président. Une décision conforme à son règlement et à sa constitution, insiste Interpol. Son secrétaire général, l’Allemand Jürgen Stock, assure que le fonctionnement de l’organisation ne lui permettait pas d’enquêter sur la disparition de Meng Hongwei. “Stock n’a pas insisté pour que la Chine prouve que la démission était volontaire”, oppose son prédécesseur à ce poste, l’Américain Ronald Noble, qui pointe “une incompétence d’Interpol”. Le secrétaire général n’a pas le pouvoir d’accepter la démission du président de l’organisation, selon Noble. Jürgen Stock aurait donc dû, d’après lui, “exiger que la Chine fournisse à Interpol la preuve sans équivoque que son président est en vie et en bonne santé”. La démission de Meng Hongwei lui a été dictée, martèle encore le dissident chinois Wei Jingsheng à Lyon Capitale, rappelant que cette disparition intervient dans un contexte de purge du régime communiste à Pékin. “Si Interpol est une organisation qui respecte la loi, elle devrait rejeter ce document, qui est une contrefaçon évidente, dit-il. Sinon, elle a perdu tout crédit.”

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