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Les plantes vont-elles purifier l'air des parkings lyonnais ?

Une étude universitaire conclut à des effets puissants des biofiltres végétalisés pour purifier l'air de parkings fermés. Des résultats qui incitent la Ville de Lyon à mener une expérience en réel. La PME lyonnaise Canevaflor, à l'origine du procédé, imagine aussi nettoyer les tunnels de la Croix-Rousse et de Fourvière. En revanche, le bénéfice des murs végétaux "classiques" est à relativiser.

L'avenir est-il aux champs verticaux, aux squares renversés, aux jardins à l'équerre ? La PME lyonnaise Canevaflor, spécialisée dans les murs végétaux, en est persuadée, du fait de la rareté du foncier dans les grandes métropoles. L'esthétique de ces installations est reconnue, comme les îlots de l'échangeur de Perrache, installés depuis 2007. Reconnu aussi, leur effet positif sur l'isolation thermique ou l'atténuation des bruits. En revanche, jusqu'alors était présumée leur vertu écologique.

De 70 à 99 % d'amélioration

Une étude vient cependant de le démontrer. Celle-ci a été réalisée en laboratoire. La plante a été isolée dans un espace confiné. Un flux d'air pollué est envoyé d'un côté, récupéré de l'autre après son passage dans un biofiltre végétal. Les analyses ont conclu à une réduction de 70 à 99 % des BTEX (benzène, toluène, éthylbenzènes, xylènes) – un mélange gazeux qui émane de nos pots d'échappement. Même si les analyses ne sont pas finalisées, la baisse serait aussi notable pour les particules fines (de 40 à 70 %) et les oxydes d'azote (environ 50 %). Une performance due tant aux plantes elles-mêmes qu'aux bactéries qui nichent dans leurs racines.

Effet faible des murs végétaux

Face à ces résultats prometteurs, la Ville est tentée de lancer une expérimentation sur un parc de stationnement lyonnais. Adjoint à l'urbanisme, Gilles Buna a adressé un courrier en ce sens au ministère du Développement durable. Pour que pareille performance agisse en réel, poser un mur végétal dans un parking ne suffit cependant pas. Les installations vertes dressées le bord des routes ne font pas de miracle : "Il faut forcer le passage de l'air à l'intérieur. Sinon, la capacité de dépollution d'installation passive est infime par rapport à un procédé dynamique", explique Anne Rondeau, salariée doctorante à Canevaflor. En clair, il faut concevoir un système de filtre avec circulation de l'air vicié. Ce biofiltre végétal serait installé à l'embout du tuyau d'extraction de l'air, à l'extérieur du souterrain.

Aux entrées et sorties des tunnels de Fourvière et de la Croix-Rousse ?

Pascal Peleszezak entrevoit déjà "d'autres terrains de jeu" : les tunnels, les trémies voire les stations de métro ou des usines qui pourraient être traités. Il imagine par exemple des cylindres verts géants aux entrées et sorties des tunnels de Fourvière et de la Croix-Rousse. De tels systèmes dépolluants existent déjà dans des usines, fonctionnant avec du charbon actif. "Mais, avec un filtre végétalisé, les polluants sont consommés. Il n'y a pas besoin de les traiter, comme avec le charbon actif", souligne Pascal Peleszezak.

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1 commentaire
  1. Ahbon - 3 février 2012

    Au lieu de s'attaquer aux causes du stress, on vend des antidépresseurs. Au lieu de se réduire l'agriculture intensive en Bretagne, on évacue les algues vertes par pelleteuse.Au lieu de réduire la circulation automobile, on essaye de filtrer la pollution atmosphérique.

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