Les jeunes s'emparent du débat sur les retraites

Le bras de fer s'intensifie entre le gouvernement Sarkozy et la rue. La manifestation, ce mardi, contre la réforme du régime des retraites a rassemblé large à Lyon, avec plus de 45 000 personnes présentes selon les syndicats. Et la nouveauté, c'est la présence des jeunes. Réactions.

Des drapeaux de toutes les colères étaient hissés ce mardi matin en tête du cortège contre une réforme des retraites, dénoncée comme "injuste". Alors même que le Sénat a voté ce lundi soir le texte de loi, à Lyon, pas moins de 45 000 personnes, selon les syndicats, battaient le pavé pour exiger le retrait du projet de loi qui allonge la durée de cotisation et donne le droit à la retraite à 62 ans. Des fonctionnaires avec les enseignants, les administratifs, les hospitaliers, les services postaux, EDF, les policiers, les sapeurs-pompiers, mais aussi des professionnels du secteur privé, comme Nexans, Eiffage, Biomnis, Renault Trucks et bien d'autres.

Tous défilaient pour défendre une retraite à 60 ans maximum et à 75 % minimum. Cette manifestation a rassemblé toutes les générations, mais surtout des jeunes. Si les "vieux" étaient jusqu'à présent largement représentés, on n'avait pas encore vu dans les manifestations précédentes des jeunes dire leur désaccord avec le projet de réformer le régime des retraites français. C'est chose faite.

L'arrivée des plus jeunes dans le mouvement fait débat

C'est d'ailleurs l'événement de cette nouvelle journée d'action : l'arrivée conjointe dans la mobilisation des étudiants et des lycéens, portés par leurs syndicats (notamment FIDL, UNEF et FSE). A Lyon, ils étaient des milliers à scander l'injustice de cette réforme. Des jeunes qui sont venus dire leurs inquiétudes : "on veut pas travailler jusqu'à ce qu'on meure", s'insurge Raphaël, lycéen dans le 5e arrondissement. "On rentre plus tard sur le marché du travail, on a des carrières "à trous", donc ce sera beaucoup plus difficile d'accumuler des heures de cotisation. Et je tiens à dire qu'on n'est pas manipulés. J'ai 18 ans, dans trois mois, j'ai le droit de vote alors j'ai le droit de donner mon avis", explique Idir, futur bachelier, qui souhaite devenir intermittent du spectacle.

De la candeur dans un bras de fer social ? Vent de fraîcheur ou feu aux poudres ? La question taraude les manifestants plus âgés, qui ne savent pas trop s'il faut se réjouir de la présence de sang neuf. "C'est normal que les jeunes manifestent ! J'approuve leur démarche : ils ont le droit de se battre aussi pour avoir du boulot quand ils auront fini leurs études," souligne Sylvie, chauffeuse de bus. Philippe défend aussi les jeunes : "C'est leur avenir. Ce n'est pas normal que les jeunes qui font des études plus longues aient besoin de faire 42 ou 47 ans de versement." "Mais c'est quand même de la récupération politique tout ça, il faut pas le nier. Quand j'étais au lycée, je ne pensais pas à la retraite. Je ne pense pas qu'ils puissent savoir ce que c'est la pénibilité du travail", rétorque une autre Sylvie.

La même que pour le CPE (Contrat Première Embauche) ?

C'est aussi l'avis de François Fillon, Premier ministre, qui a déclaré ce mardi "irresponsable" la "tentation de l'extrême gauche et d'une partie du PS" de "mettre des jeunes de 15 ans dans la rue". Le président, Nicolas Sarkozy, n'avait pas non plus caché sa crainte de voir les lycéens se mettre en grève pour participer à ce débat. Marie Christine Morin, secrétaire générale du syndicat CFDT SGEN Rhône, Education Nationale et Recherches, insiste : "Ce n'est pas la conséquence d'une manipulation, ce sont leurs inquiétudes qui s'expriment. Et on ne va rien faire pour les attirer dans la rue. Maintenant s'ils viennent, on peut comprendre."

Emmanuelle, petite blonde, discrète, est venue manifester. Elle se justifie : "je suis en thèse en biologie et avec cette réforme, je ne sais pas quand est-ce que je pourrais prendre ma retraite, sachant que je commence juste à cotiser et que j'ai 25 ans." Elle poursuit, convaincue : "On a vu que pour le CPE, le projet de loi a été retiré, même après le vote du texte, donc il y a de l'espoir. Je pense que les politiques ont peur que nous entrions en résistance."

La prochaine manifestation est prévue à Lyon le samedi 16 octobre. Le rendez-vous est à 14 heures à la place Bellecour. Avec un zeste d'ironie, la CGT a demandé aux étudiants et aux lycéens "de ramener leurs parents à la manifestation". L'intergénérationnel, associé aux grèves reconductibles, fera-t-il reculer le gouvernement ? C'est en tout cas, ce que semblent croire les syndicats.

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14 commentaires
  1. coucoulou - 12 octobre 2010

    Ils serait mieux à la fac.

  2. jerome manin - 12 octobre 2010

    La récupération est grossière et les pauvres devront se résigner, ils ne seront pas tous fonctionnaires.

  3. raoult - 12 octobre 2010

    @coucoulou 'ils seraient'. Vous, vous seriez mieux au CE2.

  4. lyonnais - 12 octobre 2010

    Vous enlevez les fonctionnaires ou assimilés (déjà nantis) + les écoliers qui pour le moment à part le fait qu'ils coutent de l'argent à leurs parents et aux contribuables.Il reste combien de personnes pour manifester entre autre aux côtés des professionnels de la manif (élus de gauche) ????.

  5. jerome manin - 12 octobre 2010
  6. jerome manin - 12 octobre 2010

    Note : le message précédent n'est pas un message vide mais une réponse à lyonnais.

  7. Yvan, de Lyon - 12 octobre 2010

    Ces jeunes-là, font autant peur à ce gouvernement qu'aux dirigeants syndicaux de la cgt et cfdt.La raison est simple. Ils n'obéissent pas au doigt et à l’œil.Ils sont libres et conscients que leur avenir professionnel et plus largement social, reposera sur la précarité et souffrance.

  8. caderoussel - 12 octobre 2010

    @lyonnais j'étais à la manif, j'ai compté il y avait au moins 25 000 élus de gauche à la manif ! une honte!

  9. lyonnais - 12 octobre 2010

    @caderoussel, vous étiez dans quel maison pour nous pondre une idiotie aussi grosse que celle-là. Prenez les enfants de bas âges ne connaissant rien à la vie pour dire ce chiffre.Bon comme vous êtes intelligent, que vous payez l'ISF avec vos 3 maisons vous savez très bien que les meneurs de troupes sont de gauche et qu'il ne suffit pas d'être beaucoup.@Yvan du bled, savez-vous pourquoi la Chine à fait de l'Allemagne sa porte Européenne et pas la France? Rien que pour que vous soyez en souffrance mon pauvre et sa les fait bien rigolés.

  10. caderoussel - 12 octobre 2010

    @lyonnais vous avez raison, il y avait aussi 12000 enfants et 50000 bébés. La gauche ne recule devant rien et c'est toujours les mêmes méthodes depuis Michel Noir.

  11. sgen69 - 13 octobre 2010

    oui mais faudras t'y faire car en 2012 la gauche revient

  12. bruno - 13 octobre 2010
  13. jerome manin - 13 octobre 2010

    Rebellyon, le bras armé du PS lyonnais !

  14. enzo - 13 octobre 2010

    Rebellyon, un enième blogs pour bobos-anars

  15. lyonnais - 13 octobre 2010

    Anarchique, oui @enzo anarchique comme les révolutionnaires 'PS' (chutttt) prêt à foutre la m---- et qui ferait la même chose si il était en poste avec 10 ans de retard. Je ne pense pas me trompé.

  16. willycat - 14 octobre 2010

    un grand classique de la manif de jeunes à la française : une poignée de politisés tendance extreme gauche ou futurs cadres du PS pour les moins hardis ( françoise ) et un tas de moutons qui ne sait même pas de quoi ils parlent à part dire 'ce que fait sarko c'est caca' ( en sms parfois ). Marx utilisait le Lumpenproletariat quand il n'y avait plus rien à faire c'est ce qui arrive encore ici. laissez f aire els syndicats bande de boutonneux sans cervelles.

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