Les écologistes, la droite : à Lyon, Gérard Collomb et son groupe distribuent les mauvais points

Alors que la droite fédère autour de la fronde des maires, Gérard Collomb et les élus de son groupe centriste veulent se poser en opposants constructifs aux écologistes dont ils dénoncent les orientations idéologiques.

Gérard Collomb et les élus de ses groupes à la Ville de Lyon et à la Métropole de Lyon empruntent une ligne de crête en cette rentrée politique marquée, dans l’agglomération, par la fronde des maires contre la gouvernance de la majorité écologiste. Les élus centristes sont solidaires des maires, mais pas trop. “Je comprends les 44 maires qui n’ont été consultés sur rien. Ils ont appris dans la presse que tel projet se ferait dans leur commune, mais que sur les 3 ou 4 projets qu’ils souhaitaient, aucun ne va être réalisé. Mais je crois que personne ne veut revenir en arrière”, prévient Gérard Collomb. Une partie des maires réclament un retour à la communauté urbaine et donc la sortie de la métropole. Pour eux, ce mode de gouvernance résulte de la loi Maptam qu’avait en grande partie rédigée Gérard Collomb. Bruno Bernard ne manque d’ailleurs pas de souligner qu’il n’est pas à l’origine de cette loi qu’il décline. “Il y a la loi et l’esprit des lois. Vous pouvez avoir n’importe quel type de gouvernance si vous n’êtes pas dans le dialogue… Avant nous discutions avec tous les maires sur leurs projets pour faire la PPI. Là, il n’y a eu absolument rien”, détourne Gérard Collomb. C’est donc avec réserve que le groupe politique de l’ancien maire de Lyon observe le premier mouvement de contestation des écologistes.

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A la recherche d’une troisième voie

Entre les écologistes et l’opposition de droite, Gérard Collomb et ses lieutenants Yann Cucherat et Louis Pelaez veulent ouvrir une troisième voie : celle d’une opposition constructive. “Nous voulons proposer une alternative positive et dynamique. La droite dure avec Philippe Cochet, Alexandre Vincendet et Laurent Wauquiez en arrière-fond, est arrogante et fait preuve d’excès. Elle veut faire des coups politiques, mais est un brin dans la démagogie et le populisme. Comme d’ailleurs les écologistes qu’ils sont censés combattre”, balaie Louis Pelaez.

Un referendum sur la ZFE

Sur le fond des dossiers, les élus du groupe centriste formulent des reproches communs avec la droite : politique du logement, transports, développement économique. Sur la question du logement, Gérard Collomb porte le fer : “comme les écologistes veulent dédensifier, qu’ils ne veulent plus construire dans Lyon intramuros, les gens vont vers la troisième couronne. Les présidents des conseils départementaux d’Isère, du Rhône ou de l’Ain sont accablés par les demandes de permis de construire des promoteurs. Et comme il n’y a pas de transports en commun dans la troisième couronne, les gens vont se déplacer en voiture. Les écologistes vont aboutir au résultat inverse à celui recherché”. Anne-Sophie Condemine pointe, elle, les contradictions de la politique économique des écologistes : “cette majorité est très immature. Elle est partagée entre le dogme et une réalité qui commence à émerger et quimontre que si on ne crée pas de richesse, on ne peut pas monter de projets. On les sent constamment divisés”. Yann Cucherat regrette lui l’absence de choix forts sur le métro et redoute l’abandon de la ligne E imaginée, en 2014, par Gérard Collomb. Sur l’épineux sujet de la ZFE, Christophe Geourjon demande à Bruno Bernard d’organiser, au printemps 2022, un referendum pour trancher le calendrier, les véhicules interdits ainsi que les mesures d’accompagnement.

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