Nicolas Sarkozy
© MIGUEL MEDINA / AFP

Le Qatar, la Russie et… Nicolas Sarkozy

Dans un entretien accordé à Die Welt, Sepp Blatter, président démissionnaire de la Fifa, assure que Nicolas Sarkozy et d'autres dirigeants européens ont tenté d'influencer leurs représentants pour les votes des Mondiaux de football 2018 et 2022 en Russie et au Qatar.

Dans un entretien accordé dimanche 5 juillet 2015 à Die Welt, Sepp Blatter fait référence à des pressions exercées selon lui par des dirigeants européens afin de pousser leurs représentants à la Fifa à opter pour un vote plutôt qu'un autre. Parmi eux, on retrouve Nicolas Sarkozy. “Il y a eu deux interventions d'ordre politique avant que la décision ne soit prise en faveur de la Russie et du Qatar. Celle de Nicolas Sarkozy, l'ancien président de la France, et celle de Christian Wulff, l'ex-président fédéral allemand. Ils ont chacun essayé d'influencer leurs représentants à la Fifa. C'est pourquoi, aujourd'hui, nous allons avoir une Coupe du monde au Qatar. Ils ont œuvré pour que cela se fasse et ils doivent en endosser la responsabilité”, a indiqué Sepp Blatter.

Le 23 novembre 2010, quelques jours avant l'annonce de l'attribution du Mondial 2022 au Qatar, le chef de l'Etat français avait en effet organisé un déjeuner à l'Elysée. Etaient présents, autour de Nicolas Sarkozy, l'émir du Qatar, Al-Thani, son premier ministre, et Sébastien Bazin, représentant de Colony Capital, alors actionnaire principal du Paris Saint-Germain. Dans une enquête publiée en janvier 2015, France Football affirmait qu'au cours de la réunion, la question du vote pour le Mondial 2022 avait été clairement évoquée.

PSG, Canal +… et le vote de Platini

“Il a tour à tour été question du rachat du Paris Saint-Germain par les Qataris, d'une montée de leur actionnariat au sein du groupe Lagardère, de la création d'une chaîne de sport pour concurrencer Canal + - que Sarkozy voulait fragiliser -, le tout en échange d'une promesse : que Platini ne donne pas sa voix aux États-Unis, comme il l'avait envisagé, mais au Qatar”, pouvait-on lire dans l'hebdomadaire consacré au ballon rond.

Voilà en tout cas qui serait troublant par rapport à l’affaire Numéro 23, avec un parallélisme des formes absolument parfait. En effet, on y retrouverait à la fois l’ombre de Nicolas Sarkozy, lequel tirait toutes les ficelles dans un CSA fantoche présidé à la même époque par Michel Boyon, distribuant les chaînes TNT comme des sucres d’orge en pleine campagne présidentielle, mais aussi le Qatar et la Russie, respectivement présents dans le pacte d’actionnaires de la chaîne via l’émir cheikh Hamad Bin Khalifa Al-Thani et Alicher Ousmanov, par ailleurs actionnaire du club de foot d’Arsenal. Il serait intéressant que Nicolas Sarkozy explique enfin aux Français les raisons de sa passion jamais démentie pour ces deux pays, pour lesquels il facilite et multiplie les entrées sur notre territoire, tant dans le domaine du sport que dans celui des médias.

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