Usage détourné du protoxyde d’azote : une pratique à risques © ARS
Usage détourné du protoxyde d’azote : une pratique à risques © ARS

À Saint-Priest, le préfet et l’ARS tirent la sonnette d’alarme face à "la montée en puissance" de l’usage du protoxyde d’azote

Pour le lancement de la nouvelle campagne de sensibilisation de l'Agence régionale de santé (ARS), Etienne Guyot, préfet d’Auvergne-Rhône-Alpes, a rappelé les dangers de l’usage détourné du protoxyde d’azote et souhaite renforcer la répression.

Ne parlez plus de "gaz hilarant" ou "d’usage récréatif", mais bien de "véritable danger" ou "d’addiction." Ce mardi 23 juin, le préfet d’Auvergne-Rhône-Alpes, Etienne Guyot, était en déplacement à Saint-Priest pour le lancement de la nouvelle campagne de sensibilisation de l’Agence régionale de santé (ARS) sur les risques liés à la consommation de protoxyde d’azote, plus particulièrement chez les jeunes, et a rappelé les deux grands enjeux de l'État : la prévention et la répression.

Car il ne s’agit plus d’un simple phénomène de mode, mais bien d’un sujet de santé publique face une vraie "montée en puissance" de l'usage de ce gaz chez les jeunes. Auvergne-Rhône-Alpes est en effet la quatrième région la plus concernée par l’usage détourné du protoxyde d’azote en France avec près de 530 patients recensés par les centres d’addictovigilance de Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble entre 2021 et 2025. Au niveau national, 13,7 % des 18/25 ans avouent en avoir déjà consommé. "Sur une cause pareille, il est très important que les pouvoirs publics soient main dans la main pour faire bouger les lignes", a martelé Etienne Guyot, aux côtés du maire de la commune de l’Est lyonnais, Gilles Gascon. L’édile a d’ailleurs appelé à "une prise de conscience collective" concernant le protoxyde d’azote, "qui n’est pas un jeu, ni une substance festive", mais peut en revanche provoquer des dommages irréversibles (étouffements, pertes de connaissance, atteintes neurologiques, problèmes cardiaques, santé mentale…).

Si 25 tonnes de bonbonnes ont été récoltées sur la métropole de Lyon en 2023, l’État entend bien intensifier ses efforts. L’arrêté pris en décembre dernier interdisant la consommation et la détention de protoxyde d’azote va ainsi être renforcé, tandis que la loi Ripost, actuellement examinée à l’Assemblée nationale, devrait créer un "choc d’autorité", selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.

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Des jeunes de Saint-Priest se mobilisent

Mais la simple répression ne suffit pas. Alors pour alerter et parler au plus grand nombre, plusieurs jeunes du pôle Enfance Famille de Saint-Priest se sont concertés pour créer, eux aussi, leur campagne de sensibilisation. En somme, des jeunes qui parlent aux jeunes, parce qu’ils en ont "marre de voir une génération se détruire devant ce que l’on présente comme quelque chose d’amusant", confie ainsi Mohammed. Son ami explique : "Un jour, j’ai vu une vidéo d’un jeune qui consomme du protoxyde d’azote dans un ballon et devient handicapé. Ça m’a beaucoup choqué. J’en ai parlé à un éducateur et c’est comme cela qu’est en partie né le projet."

Des jeunes de Saint-Priest lancent une campagne de prévention contre le protoxyde d'azote (CM)

Inaugurée ce mardi, l’exposition présente plusieurs mises en scène où des adolescents consomment du protoxyde d’azote et les conséquences que cela peut avoir sur leur santé. Nawel, l’une des adolescentes ayant participé au projet, assure sensibiliser sa famille et ses amis "pour leur faire passer un message." "Si je peux éviter que quelqu’un en consomme, je serai fière de moi", poursuit la jeune fille.

"Il faut du courage pour s’emparer d’un sujet difficile, voire tabou, qui touche leur quartier", a aussi salué Gilles Gascon. Et de conclure : "À Saint-Priest, la jeunesse n’est pas simplement concernée par les problèmes, elle agit aussi pour trouver des solutions. Nous faisons le choix de ne pas nous résigner parce que ce serait accepter l’inacceptable. Le message est simple : ici, nous ne laisserons rien passer."

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