Lafayette, une demi-heure après l'explosion

Les pompiers ont installé un périmètre de sécurité de 300 mètres, autour de l'immeuble. Des véhicules d'incendie et de sécurité GDF partout, des ambulances hurlant. Les flics sont nerveux. Pas la peine d'essayer de franchir les barrages. Une responsable de communication du SDIS accompagne les journalistes à l'intérieur du périmètre interdit, vers le PC où doit se tenir un point presse avec le préfet chargé de la Sécurité Xavier de Fürst. A peine avons-nous parcouru trente mètres, contre-ordre ! Demi-tour immédiat, on craint une seconde explosion, tout le monde derrière les rubans rouges et blancs. On essaie de prendre des images comme on peut, du trottoir, depuis les esplanades de la Part-Dieu en premier niveau, mais les flics nous voient et nous chassent. On joue à cache-cache avec la police.

Enfin, le préfet arrive, gilet jaune. Il explique l'alerte au gaz reçue vers 11h30, pour une simple fuite. Les pompiers évacuent les deux immeubles concernés et soudain c'est l'explosion, un pompier se trouve en première ligne. Et des passants sont aussi dans le champ. Difficile d'évaluer le nombre de victimes, on parle à ce moment là de 14, dont deux graves. Il dit qu'il faudra plusieurs heures pour pouvoir éteindre le feu, couper l'arrivée du gaz qui est sous pression dans les tuyaux. Mais les forces de sécurité sont en quantité suffisante selon lui, la situation est sous contrôle. Un homme crie " Tout ça, c'est parce que vous ne savez pas où se trouvent les vannes pour couper le gaz ! ". Un illuminé ? Personne ne relève. On continue de chercher un endroit où l'on puisse voir ce qui se passe, pour expliquer, pour comprendre, pour montrer. Le cache-cache avec la police continue.

Tout est bouclé dans un quartier de la Part-Dieu à l'heure du déjeuner. Des gens sont sortis par centaines sur les trottoirs, derrière les rubans rouges et blancs. C'est vrai qu'une explosion dans ces conditions se solderait par un carnage. Vers 14h30, il semble que plus aucune flamme ne sorte du sol. Mais une énorme fumée grise continue de ramper le long de la façade de l'immeuble. Il doit y avoir un trou béant, une explosion de gaz, c'est comme une bombe. On vient d'apprendre que le pompier est mort. Il paraît que Gérard Collomb est passé, il a échangé quelques mots avec les journalistes présents. On attend Michèle Alliot-Marie. Au milieu de tout ce cirque, les soldats du feu essaient de travailler calmement. Sans penser qu'ils viennent de perdre l'un des leurs. Le gaz a dû être coupé maintenant. Les lances à incendie ne relâchent pas l'effort.

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