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Lyon – L’hôtel de la métropole. © Robin Favier

La Métropole de Lyon adopte son budget de 3,9 milliards d'euros pour 2022

Lundi 24 janvier, en conseil métropolitain, la Métropole de Lyon a adopté son budget de fonctionnement pour l'année 2022.

Après plus d'une heure et demie de débats, le budget de la Métropole de Lyon pour 2022 a été validé par le conseil métropolitain. Il s'élève à 3,9 milliards d'euros, en augmentation par rapport l'année précédente, grâce à la TVA. Loin de faire l'unanimité, il a été voté avec une majorité de 81 voix pour, et 58 voix contre.

Parmi les priorités dressées par la majorité de gauche et écologiste : le logement et la transition écologique. 10 millions d'euros seront notamment alloués aux communes pour leur permettre de construire ces logements. Et la Métropole prévoit de consacrer 705 millions d'euros à l'investissement, fléchée en partie en direction de la transition écologique. Des objectifs, présentés par le vice-président aux Finances, Bertrand Atigny, qui n'ont pas vraiment plus à l'opposition de droite.

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Une augmentation des dépenses

En 2022, la Métropole écologiste va investir et dépenser plus d'argent public. Entre 2021 et 2022, le budget prévoit +2,6 % en dépenses de fonctionnement et 95 millions d'euros supplémentaires dans les investissements. "Nous avons besoin d’engager dès aujourd’hui les transformations nécessaires pour accélérer la transformation écologique et sociale", justifie Vinciane Brunel-Vieira, co-présidente du groupe Les Écologistes. Pour le Sytral par exemple, 18 millions de plus sont accordés en 2022 pour le développement des transports en commun.


Entre 2021 et 2022, le budget de la Métropole de Lyon prévoit +2,6 % en dépenses de fonctionnement et 95 millions d'euros supplémentaires dans les investissements.


Alexandre Vincendet, maire de Rilleux-la-Pape et élu métropolitain pointe du doigt l'augmentation de ces dépenses. Notamment dans le domaine du personnel (+10,6 millions d'euros) et dans la communication de la Métropole. "Nous sommes las de voter des budgets en hausse constante sans rien voir de concret dans nos communes", dénonce l'élu qui pointe un budget "pas sincère". Vinciane Brunel-Vieira réplique : ces augmentations sont liés à une "politique de ressources humaines adaptée", avec le recours à des "compétences externes" et le recrutement de stagiaires et apprentis. Quant à la hausse des frais de communication, Bertrand Atigny rappelle qu'ils ne représentent que 0,6%. Il explique cette hausse par l'aide à la communication autour de la campagne de vaccination et par une hausse des coûts des matières premières, notamment pour le magazine Met'.

"C'est un budget sincère, reconnaît au contraire David Kimelfeld. On ne peut reprocher au vice-président son sérieux et son engagement", débute l'ancien président de la Métropole et élu du groupe Progressistes et Républicains. Mais ses éloges n'auront été que de courte durée. "Ce budget sacrifie tout à l'urgence climatique, et en particulier votre capacité dans les prochaines années à financer d'autres politiques publiques, de solidarité, d'accompagnement aux entreprises et d'aides aux communes...", reproche-t-il à la majorité écologiste en leur prêtant un objectif de "décroissance", c'est-à-dire un objectif de freiner la croissance économique pour économiser les ressources et limiter la pollution. À l'inverse, le conseiller aimerait voir la majorité investir pour la croissance économique.


"Ce budget sacrifie tout à l'urgence climatique, et en particulier votre capacité dans les prochaines années à financer d'autres politiques publiques, de solidarité, d'accompagnement aux entreprises et d'aides aux communes...", reproche à la majorité écologiste David Kimelfeld, l'ancien président de la Métropole et élu du groupe Progressistes et Républicains, en leur prêtant un objectif de "décroissance". 


"Pas sincère", "sincère", "décroissant"... Gérard Collomb, ancien président de la Métropole et membre du groupe Inventer la métropole de demain, trouve un autre adjectif. Pour lui, le budget est "trompeur", car les recettes ne sont pas stables (voir après). Il pointe également du doigt l'augmentation des dépenses et souhaite attirer l'attention sur certaines dépenses comme celles pour les mineurs non-accompagnés (MNA) et les jeunes migrants majeurs."C'est plus de 60 millions d'euros", résume-t-il. "Les MNA c'est une compétence départementale obligatoire de la Métropole. Quand la Métropole ne remplissait pas ces obligations, forcément, les dépenses étaient moindres", rétorque Bruno Bernard, dans une attaque visée envers l'ancien président de la Métropole.

Inquiétude sur les recettes

Entre 2021 et 2022, les recettes de fonctionnement de la commune ont augmenté de 2,7%. Bonne nouvelle ? Seulement en apparence. Car cette augmentation n'est plus entre les mains de la collectivité. Avant 2020, les revenus de la Métropole provenaient en partie de la taxe foncière et de la taxe d'habitation. Mais ces taxes ont été redistribués aux communes. Pour compenser, l'État redistribue une partie de sa TVA aux départements et Métropoles : 442,3 millions d'euros en 2022 pour la Métropole de Lyon soit 22% de ses recettes.


Nous sommes en période électorale donc l'État ne va enquiquiner les collectivités territoriales. Mais il faut s'attendre à ce que l'État réagisse différemment fin 2022, quelque soit la majorité élue en avril", souligne Bertrand Artigny, vice-président aux Finances de la Métropole de Lyon


Autre partie majeure des recettes, les Droits de mutation à titre onéreux (DMTO). Ce sont des impôts collectés lors de signatures d'actes chez le notaire. L'État en redistribue ensuite une partie à la Métropole : 400 millions en 2022, environ 20% des recettes.

Ces deux sources de revenus pour la Métropole sont donc liées à la croissance économique, aléatoire, et au bon vouloir de l'État. "C'est une situation qui n'est pas très confortable dans la mesure où pour l'instant l'Etat compense intégralement les pertes. Nous sommes en période électorale donc l'État ne va enquiquiner les collectivités territoriales. Mais il faut s'attendre à ce que l'État réagisse différemment fin 2022, quelque soit la majorité élue en avril", souligne Bertrand Artigny, vice-président aux Finances de la Métropole de Lyon. Une incertitude qui devrait revenir au moment de l'élaboration du budget 2023.

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