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L'onde de Fukushima sur le Tricastin

La fermeture de la grande majorité des centrales nucléaires japonaises a entraîné l'arrêt de la production d'uranium dans deux usines françaises, dont l'une d'elles située dans la Drôme, sur le site nucléaire du Tricastin.

"L'uranium est un des éléments moteurs de notre succès. Notre modèle, c'est... Nespresso : nous vendons les cafetières et le café qui va avec. Et le café, c'est très rentable". La métaphore est de l'ex patronne d'Areva, Anne Lauvergeon*. Sauf que le café, ces derniers temps, se vend moins. C'est déjà le cas au Japon où 43 des 54 centrales du pays ont cessé leur activité, pour une durée indéterminée, suite aux catastrophes en chaîne de Fukushima, survenues en mars dernier. Or si les centrales arrêtent de fonctionner, elles n'ont, par voie de conséquence, plus besoin d'uranium, qui n'est autre que leur "carburant" (lire encadré). Or, le Japon est un très gros client d'Areva. De très grosses commandes ont ainsi été annulées purement et simplement.

Selon Areva, les 350 employés de l'usine Comurhex, qui transforme l'uranium naturel en hexafluorure d'uranium, étape obligatoire pour ensuite être enrichi et servir de combustible aux centrales, suivront une formation pendant l'arrêt de l'usine. "Aucun salarié ne sera licencié. Il n'y aura aucun chômage technique. Nous donnerons entre 8 et 10 000 heures de formation. Les salariés pourront également prendre plus de congés en décembre". Si "aucun plan social" n'a été pris pour les salariés de l'usine Comurhex du Tricastin, en revanche, on estime que 150 employés d'entreprises sous-traitantes seraient, quant à eux, sur la sellette.

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Comment ça marche ?

Le minerai d'uranium est le seul élément naturel à contenir de la matière fissile, c'est à dire libératrice d'énergie lors de la fission nucléaire. Il s'agit d'une poudre verte. En France, cette poudre est transformée dans deux usines dites de "conversion de l'uranium" : Malvesi, dans l'Aude et Tricastin, dans la Drôme. L'uranium est d'abord transformé en hexafluorure d'uranium, par l'ajout de fluor. On obtient, à température ambiante, des cristaux incolores. Ces cristaux d'UF6 sont ensuite chauffés dans de gros fours de 5 m de haut par 2 m de large. Chauffés à 60°C, les cristaux deviennent gaz. Mais l'uranium naturel a beau être fissile, il l'est en quantités tellement infimes qu'il faut l'enrichir, à savoir en augmenter les volumes.

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Les 1ers résultats officiels des tests de résistance des centrales françaises

L'Autorité de sûreté nucléaire vient de publier les fameux tests de résistance ("évaluations complémentaires de sûreté") effectués par les exploitations de 80 installations nucléaires, que le gouvernement avait demandés après l'accident de Fukushima. "Au terme de l’analyse de ces rapports par l’ASN, son appui technique, l'IRSN et les groupes d’experts, l’ASN présentera ses conclusions à la fin de l’année 2011. Un rapport définitif sera transmis par les autorités françaises à la Commission européenne au plus tard le 31 décembre 2011", explique l'ASN. EDF a profité des tests de résistance pour modifier sa politique de sous-traitance. Areva "se propose de renoncer à la sous-traitance en cascade, c'est-à-dire des sous-traitants faisant eux-mêmes appel à d'autres sous-traitants", a indiqué Eric Besson, ministre de l'Energie, jeudi 15 septembre, sur RTL.

http://www.asn.fr/index.php/Les-actions-de-l-ASN/Le-controle/Evaluations-complementaires-de-surete/Rapports-AREVA

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Michèle Rivasi © Tim Douet
Michèle Rivasi est députée Europe Écologie-Les Verts au Parlement européen. Membre de la commission Environnement, santé publique et sécurité alimentaire (Envi), elle est régulièrement confrontée aux représentants de divers groupes de pression.
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