L’affiche du nouveau plan d’action de la Métropole de Lyon pour la parité hommes femmes. Crédit : métropole de Lyon

Journée des femmes : comment la Métropole de Lyon veut lutter contre la précarité menstruelle

La précarité menstruelle, c'est l'impossibilité pour des femmes d'acheter autant de protections périodiques qu'elles en ont besoin. À l'occasion de la journée internationale des droits des femmes du 8 mars, la Métropole de Lyon lance son programme #Changelesrègles.

Dans l'immense hall de la Métropole de Lyon, l'affiche violette est de petite taille et discrète. C'est le visuel officiel du lancement du nouveau plan d'actions métropolitain pour l'égalité entre femmes et hommes, lancé ce mardi 8 mars. Cette affiche, à peine visible, est à l'image du tabou qui flotte toujours dans notre société autour des règles féminines. Selon Michèle Picard, vice-présidente en charge de l'égalité femmes-hommes à la Métropole, qui appuie son propos sur une étude, sept adolescentes sur dix ne se sentent pas suffisamment à l'aise pour demander de l'aide au corps enseignant en cas de besoin (par exemple un oubli de leurs protections à leur domicile).

Le tabou autour des règles et le coût important que représente l'achat mensuel de protections hygiéniques pour les femmes plongent certaines dans une précarité menstruelle très difficile à vivre. "97% des collégiennes estiment que les protections périodiques coûtent trop cher", a affirmé Michèle Picard, au cours d'une conférence de presse organisée à la métropole de Lyon ce mardi midi. L'élue ajoute qu'une étudiante sur trois indique avoir des difficultés à s'acheter des protections.

Vingt distributeurs gratuits dans des collèges

Pour aider les femmes et les jeunes filles à faire face à cette précarité menstruelle, la Métropole de Lyon lance un programme expérimental dans vingt collèges. Des distributeurs gratuits de protections hygiéniques seront notamment installés. "Notre expérimentation va permettre de savoir s'il y a un vrai besoin dans des collèges sur l'ensemble de la métropole. Nous avons un budget de 25 000 euros pour cette expérimentation", précise Michèle Picard.

Avec l'association Règles élémentaires, la Métropole lance aussi une grande collecte de protections féminines jusqu'au 28 mai 2022. L'idée est simple : des points de collectes de protections périodiques seront déployés dans 26 communes du Grand Lyon afin de soutenir les femmes qui ont des difficultés à acheter ces protections.

Une exclusion de la vie sociale

De manière générale, Michèle Picard estime que la précarité menstruelle handicape gravement des femmes dans leur vie sociale. "On parle de filles et de femmes qui s'excluent de toute vie sociale pendant cinq jours par mois à cause de leurs règles. C'est une question de santé publique. Il y a le problème des serviettes périodiques, l'endométriose..."

L'élection présidentielle s'invite dans le débat. "Certains candidats proposent la gratuité pour les protections périodiques", lance Michèle Picard. Soutient-elle cette proposition ? "C'est une question de dignité, qui doit aussi être portée par les hommes".

 

 

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