Grève à 20 minutes : le directeur de la rédaction contre-attaque

Le directeur de la rédaction du journal 20 minutes très échaudé par la grève de ses photographes lyonnais a joint Lyon Capitale hier.

Depuis lundi, les deux photographes du journal 20 minutes à Lyon étaient en grève. Mais ce matin, l'un d'entre eux a repris le boulot. Le problème qui les occupe reste néanmoins entier. Ils protestent tous deux contre le plan de réorganisation du travail mis en place par la direction depuis janvier. Celui-ci prévoit notamment que les photographes soient embauchés en CDI à partir du mois de mars, et non plus en piges comme c'est le cas aujourd'hui. Problème : la direction ne propose que six CDI, alors que les photographes de 20 minutes sont douze actuellement en France, dont deux mi-temps à Lyon.

Rappelons que le statut de pigiste, propre à la presse, permet d'être salarié tout en conservant une certaine liberté. Il ouvre la possibilité aux journalistes et en l'occurrence aux photographes de multiplier les employeurs, sauf en cas de clause d'exclusivité. “Certains de nos photographes font des expositions, travaillent pour d'autres supports. Ils multiplient les employeurs et gagnent très bien leur vie, entre 3000 et 5000 euros mensuel. La ré-organisation du travail que nous mettons en place aujourd'hui n'est plus compatible avec ce fonctionnement. Nous avons besoin d'un photographe à temps plein au journal, à 2500 euros brut par mois“, rétorque Yvon Mézou, directeur de la rédaction de 20 minutes à Paris.

Depuis le mois d'août et le début des négociations, Yvon Mézou aurait proposé des solutions aux photographes (collaborations externes, faire mandater les photographes par des agences), toutes refusées. “Nous sommes deux à Lyon, ils nous proposent un seul CDI ce qui veut dire que l'un d'entre nous dégage“, déplore l'un des deux photographes lyonnais, Bruno Ansellem, en grève depuis lundi. En France, trois photographes dont deux à Lyon, refuseraient catégoriquement de répondre aux propositions de la direction selon le directeur de la rédaction du quotidien.

Demain, l'appel à candidature pour les six CDI de photographes chez 20 minutes va arriver à échéance. Pour autant, Bruno Ansellem est déterminé à ne pas signer. “Au regard du droit du travail, en tant que pigiste, je suis déjà salarié, je n'ai donc pas à signer un CDI et, concernant les conditions salariales, nous gagnons actuellement 3000 euros à deux à Lyon, la direction nous propose 2200 euros pour un temps plein, ce qui revient à travailler plus pour gagner moins“.

Le représentant syndical SNJ-CGT des photographes de 20 minutes, Olivier Touron, poursuit : “ce n'est pas que Bruno refuse de travailler, simplement s'il accepte ce temps-plein, il devra dire adieu à ses autres employeurs. Or, il ne le souhaite pas. Il veut simplement garder son mi-temps“. Les photographes continuent donc leur grève. D'ici là, les négociations se poursuivent et l'épilogue pourrait ne pas être connu avant deux semaines. La direction pourrait faire de nouvelles propositions en début de semaine prochaine.

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