Girondins
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Gerland post-2020 : plus de vie grâce aux ponts sur le Rhône ?

Dans quelques semaines commence la concertation sur la Zac des Girondins, au sud des voies ferrées. Pour le futur, la municipalité assume vouloir densifier un quartier qui manque encore d’habitants. Au sud, l’avenue Debourg va accueillir le supermarché Casino, des stationnements payants et la bibliothèque. Ce n’est qu’à moyen terme que Gerland pourrait vraiment changer, avec trois nouveaux ponts – dont deux vers la Confluence –, des accès à Oullins et à la gare de Saint-Fons et le prolongement de la place Jean-Macé au sud de la halte ferroviaire.

Gerland ()

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“Gerland change.” Gérard Collomb l'a affirmé lors d'une réunion publique consacrée au devenir du quartier, la semaine dernière. Il n'est pas le premier maire à le proclamer : malgré l'arrivée du métro, malgré la succession de programmes immobiliers, la vie refuse obstinément de s'y implanter. Voilà en effet un territoire immense (7 km2, quand les 1er et 2e arrondissements s'étalent sur 5 km2) qui prend la forme d'une ville-dortoir de 30 000 habitants. La comparaison avec la Presqu'île lyonnaise est éclairante, où vivent deux fois plus d'habitants. Gerland souffre d'un excès d'activités – ou de friches – industrielles, tandis que le manque d'habitants conduit à une pénurie de commerces.

La municipalité est décidée à poursuivre ce développement au long cours, projetant de futures opérations immobilières pour l'installation de nouvelles populations. Mais dans ses projets ne figure aucun coup de booster que constituerait l'arrivée d'un équipement majeur d'agglomération – Gerland n'a pas droit aux mêmes égards que sa voisine, la Confluence. Pis, le quartier risque de perdre l'Olympique lyonnais, voué à migrer en 2015 à Décines. Sur le devenir du stade de Gerland, le maire de Lyon n'a d'ailleurs pipé mot, lors de la réunion publique.

Promiscuité : les habitants mécontents du Bon-Lait

Dans les années à venir, Gerland ne va donc pas connaître de bouleversement, mais la poursuite d'opérations de renouvellement urbain, à commencer par le lancement de la Zac des Girondins. La réunion publique de la semaine dernière a surtout été l'occasion de crever un abcès. Non, les habitants ne sont pas contents de la Zac voisine du Bon-Lait, réalisée ces dernières années. Parmi les “quelques contrariétés” reconnues par Gilles Buna, l'adjoint à l'urbanisme, le fait que les constructeurs “ne respectent pas les consignes et défoncent les rues”. D'où des espaces publics ravagés. Tous les jours, pour sortir de chez eux, les habitants pataugent dans la boue. L'élu écologiste a promis aux habitants “une ambiance agréable” d'ici à la fin de l'année.

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“On ne peut pas vous dire qu’il y aura la campagne et des maisonnettes”

“Est-ce que deux façades à huit mètres l'une de l'autre contribuent à une qualité de vie ?” s'est insurgé un participant. D'aucuns craignent “la bétonisation de Gerland”, à l'occasion du lancement de la Zac des Girondins (17,5 ha sur 15 ans). Les ateliers de concertation ne débuteront qu'à la mi-mars, mais il semble déjà que les habitants exigent à la fois un faible nombre de logements et un nombre important de commerces, défiant toute logique. Le maire de Lyon a cependant assumé une densité bien comprise. “Nous devons construire 150 000 logements d'ici à 2030, autrement vos enfants ne trouveront pas à se loger à Lyon, ou ils iront à 30 kilomètres de Lyon. Ici, c'est la ville, on ne peut pas vous dire qu'il y aura la campagne et des maisonnettes.” Gilles Buna a renchéri, bardé de chiffres : Massimy (toute proche), les Brotteaux et le 1er arrondissement accusent un coefficient d'occupation des sols de 5, la Buire de 3,7, Confluence 3,3, la future Zac des Girondins 3 et le Bon-Lait 2,8. Les nouveaux programmes devraient donc être légèrement plus denses que les précédents. L'objectif est de conforter un pôle de centralité au nord de Gerland.

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Une avenue large de 30 mètres

Les Girondins vont se structurer autour de l'allée Fontenay, un axe nord-sud très arboré laissant une grande place aux modes doux, et la rue des Girondins (visuel ci-dessus), une avenue est-ouest large de 30 mètres. Le carrefour entre les deux provoque un espace ouvert, avec un pôle social et culturel, un groupe scolaire, une crèche et un terrain de sport à proximité. A moyen terme, Alain Marguerit, paysagiste-urbaniste en charge du devenir du quartier, s'interroge sur le prolongement de la place Jean-Macé au sud des voies ferrées. L'urbaniste songe en particulier à un mini-pôle commercial au sud de la halte ferroviaire, à la place de l'entreprise Richardson. Peut-on aussi imaginer quelques kiosques au niveau des voûtes, comme à l'approche de la gare de Lyon à Paris ? “Pourquoi pas ?” répond Alain Marguerit.

A l'autre bout, au sud, une dynamique est déjà enclenchée. L'inauguration prochaine du tramway va donner un nouveau souffle à l'avenue Debourg. Sur son flanc s'érigera le supermarché Casino, qui déménage de quelques centaines de mètres, et quelques commerces attenants. Plus au sud, la nouvelle bibliothèque sera livrée mi-2016. Mais les habitants retiendront peut-être le passage en stationnement payant de quelque 500 places, dont 250 nouvelles en souterrain, vers le supermarché.

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Un pont vers Oullins

Au-delà de l'arrivée de nouvelles populations, l'autre enjeu pour Gerland est son désenclavement. Le quartier manque d'axes est-ouest, donnant accès au 8e arrondissement à l'est et surtout à la Confluence à l'ouest. Si seulement la dynamique propre au nouveau centre-ville lyonnais voulait bien enjamber le Rhône... Dans les esquisses, trois cheminements est-ouest sont soulignés : Suchet/Jean-Macé (n° 1 et 2 sur la carte), Girondins/Croix-Barret (n° 3 sur la carte) et Debourg/Challemel-Lacour (n° 4 et 5 sur la carte). Mais les deux ponts nécessaires ne pourront être construits qu'en même temps que serait percé l'Anneau des Sciences, lequel permettra aux quais du Rhône d'être réaménagés en boulevard urbain, avec feux tricolores et carrefours.

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S'agissant du pont des Girondins, annoncé à la phase 2 de la Confluence, le maire de Lyon l'a repoussé : “Il faudrait le faire passer au-dessus de l'autoroute et des habitations ; il traverserait le quartier de la Confluence. Je ne veux pas d'un pont massif.” Il attendra lui aussi la reconfiguration des quais du Rhône en boulevard urbain. C'est-à-dire bien après 2020.

Gerland pourrait ainsi regarder vers le sud, vers Oullins. Pourrait être créée une continuité entre la rue Jean-Bouin (située entre le port Edouard-Herriot et le stade de Gerland) et l'avenue des Saules, sur la rive droite du Rhône (voir carte ci-dessus, en pointillé rouge, l'Anneau des Sciences). La rue de Fos-sur-Mer, qui meurt contre l'A7, pourrait aussi être prolongée jusqu'à la gare de Saint-Fons.

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