Georges Fenech : "Nous suspectons le collégien de Meyzieu d'appartenir à un réseau satanique"

Lyon Capitale : Quel est l'objectif de cette mission ?
Georges Fenech : Le gouvernement est très ferme dans sa volonté de lutter contre les dérives sectaires qui, d'après mes chiffres, touchent environ 300 000 Français. L'objectif de cette mission est précisément de voir comment, dans les juridictions, s'appliquent les textes qui visent les dérives sectaires, les difficultés rencontrés par les plaignants, les magistrats, etc. Or, d'après ce que je constate, nous avons un vrai problème d'application des textes en France. De la même façon, on observe des disparités dans le fonctionnement des cellules départementales de vigilance ou des séances de travail que doivent, en théorie, organiser les procureurs généraux. Ce qui n'est pas le cas à Lyon, Jean-Olivier Viout (procureur général, ndlr) étant très actif en la matière.

Comment peut-on définir une dérive sectaire ?
C'est justement le coeur du problème. Il n'existe, aujourd'hui, aucune définition : la France s'est refusée à définir juridiquement une secte car cela pourrait remettre en cause la notion de libertés fondamentales. Par contre, la loi About-Picard de 2001 a permis d'introduire dans le code pénal le délit de " manipulation mentale " qui suggère toute emprise psychologique contraignant un individu à commettre des actes néfastes à l'encontre de lui-même ou d'autrui.

Quels sont les nouveaux visages des sectes aujourd'hui ?
Ce qui inquiète, c'est la progression du satanisme, à tel point que la Miviludes, la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, vient de publier un guide à destination des enquêteurs. Les Renseignements généraux estiment à 25 000 le nombre d'adeptes des mouvements sataniques en France, très majoritairement des adolescents âgés de 15 à 17 ans. D'ailleurs, nous suspectons fortement le collégien de Meyzieu, qui a agressé trois de ses camarades au couteau (lire Lyon Capitale du 29 avril), d'appartenir ou, du moins, d'avoir été influencé par un réseau gothique et satanique.

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