Lyon vue du ciel © P Laplace

Fin des communes, et si Lyon prenait la place de la métropole ?

Une seule ville avec 14 grands arrondissements à la place des 14 circonscriptions métropolitaines actuelles pour que “l’indispensable communauté politique métropolitaine” soit effective ? C'est la conclusion d'un rapport de la fondation Jean-Jaures, rédigé par Vincent Aubelle, professeur associé des universités en droit public, département génie urbain, École d’urbanisme de Paris, Université Gustave-Eiffel.

Aboutissement presque définitif du travail de métropolisation engagé depuis 60 ans et concrétisé par la création de la métropole de Lyon par Gérard Collomb et Michel Mercier en 2015, ce projet politique présenté par la Fondation Jean-Jaures, dont Gérard Collomb a été le secrétaire général entre 1992 et 2017 , s’inscrit dans un temps plus long selon le rapport (disponible ici). D'après le chercheur, la ville de Lyon a de tout temps cherché à “desserrer ses limites administratives” en se développant au-delà d'elle-même. D'abord à l'est au-delà du Rhône, puis au sud et au nord, en intégrant les communes de la Guillotière, la Croix-Rousse et Vaise, à la ville de Lyon. Une volonté expansionniste similaire et presque symétrique s'est produite depuis plus de deux siècles au sein du département du Rhône. Pourtant Lyon, malgré “cet impérialisme”, reste une des plus petites “grandes villes” d'Europe avec ses 47,8 km2. Plutôt que de grandir en son nom propre, la ville s'est rattachée à ses communes voisines via une intercommunalité devenue collectivité locale le 1er janvier 2015 lors de la création de la métropole de Lyon. Lors des élections de 2020, les représentants de cette dernière ont d’ailleurs été élus au suffrage universel direct.

Une seule commune, quatorze arrondissements

C'est dans la continuité de cette dynamique que l'auteur du rapport souhaite profondément modifier de nouveau la géographie administrative locale en remplaçant l'actuelle métropole de Lyon par une seule commune : la ville de Lyon. Les arrondissements seraient ainsi remplacés par les 14 circonscriptions métropolitaines. Pour l'auteur, en faisant de la métropole une seule circonscription, “cela permettrait alors d’envisager le scrutin sur la base de listes à l’échelle de la métropole : à l’instar du scrutin qui prévaut dans les communes, la liste arrivée en tête bénéficierait de 50 % des sièges, les 50 % restants de sièges étant répartis au prorata du score de chacune des listes. Deux avantages résulteraient de cette modification législative. Premièrement, cette solution autoriserait la possibilité de former une liste où des représentants de chacune des communes pourraient, à l’inverse de ce qui prévaut aujourd’hui, siéger. Deuxièmement, au-delà des différentes campagnes d’explications qui ont été effectuées pour faire comprendre à la population ce qu’est la métropole, cela autoriserait d’édifier une véritable communauté politique à l’échelle de la métropole de Lyon.” 

Une métropole stratège et plus large

La ville de Lyon prenant la place de la métropole, l'auteur souhaite agrandir cette dernière en faisant “de la réalité économique et sociale ce qui définit le périmètre de la métropole”. En d'autres termes, faire de l'aire urbaine lyonnaise, qui comprendrait désormais entre autres l'aéroport de Lyon-Saint-Exupery, le futur périmètre de cette collectivité. Une collectivité dont les compétences se limiteraient aux compétences stratégiques, poursuit-il : “Revenir à l’essence de la coopération intercommunale, fondée sur les seules compétences stratégiques, en lieu et place d’une politique intégrative dont le principal fondement est l’échec de la rationalisation du tissu communal, autorise alors à ériger une métropole qui s’accorde avec la réalité métropolitaine.” “Car n’est pas métropole qui veut”, assure Vincent Aubelle. Ce n'est que par ces transformations que le territoire lyonnais fondera “l’indispensable communauté politique métropolitaine”. 

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