Françoise Grossetete
©Tim Douet

Europe : Grossetête va-t-elle sauver la taxe carbone ?

Françoise Grossetête, députée européenne (ex-tête de liste UMP aux régionales), a été chargée par le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche de motiver Bruxelles sur le projet de taxe carbone aux frontières de Nicolas Sarkozy. Explications.

La taxe carbone aux frontières, un projet mis sur la table par le président français mais qui ne suscite pas l'enthousiasme de la commission bruxelloise. Françoise Grossetête, députée européenne et conseillère Rhône-Alpes, doit jouer les ambassadrices du projet pour le Parti Populaire Européen (droite européenne). "On m'a choisie parce que je travaille depuis longtemps sur ces problématiques, puisque je suis membre de la commission environnement et de la commission climat."

Après une campagne en région Rhône-Alpes ardue (et perdue), Françoise Grossetête affirme mettre aujourd'hui toute son énergie dans ce nouveau cheval de bataille. “Il ne s’agit pas d’une taxe, mais d’un mécanisme d'inclusion carbone aux frontières. Le mot taxe fait bondir tout le monde. Il s'agit d'inciter aux bons comportements des entreprises en matière de production. Les entreprises avec des bilans carbone mauvais devront payer des pénalités”. Simple, mais pas si évident. Ce fameux mécanisme d'ajustement aux frontières continue de diviser les Européens. Il préconise de pénaliser les entreprises qui utilisent des modes de production polluants en ajustant le prix des produits. "Cela permettra de créer un juste équilibre entre les pays européens et de valoriser ceux qui investissent pour ménager la planète" indique Françoise Grossetête.

"Oublier l'échec de Copenhague"
Pourtant, sceptique, la commission européenne s'est refroidie, après avoir donné son aval pour ce système lors des débats sur le paquet énergie-climat. Elle annonçait dans un rapport rendu mardi : "Une taxe carbone aux frontières présente un nombre considérable d'inconvénients, auxquels il faudrait remédier". Pas d'unanimité à propos de la pertinence de ce système. Plusieurs pays sont réticents à commencer par l'Allemagne, le plus gros partenaire économique de la France. Berlin est sur la défensive. Françoise Grossetête ne comprend pas cette position : "Nous devons oublier l'échec de Copenhague et faire que cette idée trouve sa place. Nous avons déjà commencé le lobbying auprès de nos voisins. Il s'avère que les pays du Sud sont globalement plus favorables. Mais, nous devons faire pression auprès de la commission pour que cette mesure passe".

Et faire oublier la taxe carbone made in France ?

Ne serait-ce pas aussi un moyen détourné de faire oublier l'échec de la taxe carbone française ou de créer un navire amiral pour pouvoir la ressortir du placard ? "Ca n'a rien à voir, répond Françoise Grossetête, il s'agit d'aller dans le bon sens et de remplir les objectifs fixés de baisser de 30 % les émissions de CO2 en 2012". Pour elle, il n'est "ni question de protectionnisme ou d'impérialisme". Les règles de l'Organisation mondiale du commerce sont respectées et cette mesure pourrait même empêcher les "fuites carbones", délocalisations d'activités à cause du coût des normes de pollution.

Plutôt critique sur les Etats-Unis qui ont choisi de soutenir l'économie innovante en matière énergétique sans fixer de règles contraignantes, Françoise Grossetête s'entête : "nous avons choisi de préserver notre planète et de répondre au défi du changement climatique qui est face à nous". La taxe carbone aux frontières aura-t-elle plus de succès en juin, date de sa mise en discussion à la commission européenne ? Il faudra beaucoup de "lobbying" pour réussir ce pari.

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