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Éducation : mon ado se lance dans un régime, comment réagir ?

Le jour où l’adolescent annonce, parfois avec théâtralité, qu’il veut suivre un régime – sans gluten, sans graisse, végane ou autre – c’est le branle-bas de combat à la maison. Les parents s’interrogent, se demandent légitimement ce que cache cette volonté soudaine, et comment ils vont gérer les revendications de leur ado. Y a-t-il lieu de s’inquiéter ? Comment aborder cette nouvelle situation ?

Pour un adolescent, modifier son alimentation est bien souvent synonyme d’une phase d’affirmation de soi. En mettant son “grain de sel” dans la composition des repas familiaux, sujet cher aux parents, le jeune démontre sa volonté d’affirmer son identité, de revendiquer sa différence au sein de la famille. Évidemment, plus le niveau d’exigence quant aux repas est élevé, plus l’ado trouvera là un sujet d’opposition dans lequel s’engouffrer. Outre le besoin de se différencier, il y a souvent une véritable sensibilité des jeunes à la question de l’environnement, au bien-être animal et une volonté d’apporter leur pierre à l’édifice… Sans oublier ceux, majoritairement des filles, qui entreprennent des régimes amaigrissants et surveillent ce qui est trop gras et trop sucré, précisément lorsque le corps change.


“D’une manière générale, le parent doit garder une bonne distance vis-à-vis du corps de son ado”


Poser de bonnes bases

En préambule, et pour éviter tout dérapage alimentaire chez le jeune, il y a certaines choses auxquelles le parent doit faire attention. L’alimentation doit rester synonyme de plaisir, de partage et non de stress.

“Prendre des repas communs en famille est essentiel, souligne Isabelle Darnis, nutritionniste formée à la psychologie des enfants et des adolescents, spécialisée dans l’éducation positive. C’est un moment de détente, de partage, de convivialité, de transmission de valeurs… C’est primordial de pouvoir le maintenir.”

Et ce n’est certainement pas à cette occasion que le parent doit se lancer dans des discours anxiogènes sur l’équilibre alimentaire. Par ailleurs, les petites phrases assassines, même sous couvert d’humour, sont à proscrire. “‘Tu vas être gros comme ton père’, ‘Tu devrais faire quelque chose’… Toutes ces remarques, que ce soit face à la maigreur comme dans le surpoids, qui plus est à un âge où le corps est en pleine transformation, sont extrêmement toxiques. Parfois, il suffit d’une seule et l’enfant la portera toute sa vie”, prévient la nutritionniste.

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