Dossier Jeu : Les bandits-manchots portent bien leur nom

Aboyeuse, pousse-pièce, slot machine, MAS, bandit-manchot... Depuis leur autorisation en 1987 par le nébuleux ministre de l’Intérieur Charles Pasqua, les machines à sous sont devenues la poule aux oeufs d’or des casinotiers et réalisent aujourd’hui plus de 90 % de la recette des 197 casinos français. Mais quelle est l’astuce ?

En réalité, toutes les MAS sont équipées d’un microprocesseur qui exécute un programme informatique, appelé générateur de nombres aléatoires. C’est ce programme qui génère les nombres correspondants aux symboles des rouleaux des machines à sous (BAR, 7, JACKPOT...). Le joueur gagne si une combinaison de symboles, ou des symboles identiques, apparaît sur une ligne.

Dans une machine à sous en marche, le programme informatique génère des séquences de chiffres compris entre 1 et plusieurs milliards.

Quand un joueur appuie sur le bouton (ou tire sur le bras de la machine), les rouleaux se mettent à tourner et l’ordinateur enregistre trois suites de chiffres (9 chiffres généralement), pour les trois rouleaux de la machine à sous.

Pour déterminer l’arrêt des rouleaux, l’ordinateur utilise un deuxième programme, plus simple, qui divise les suites de chiffres par un ensemble de valeur (généralement 32, 64, 128, 256 ou 512). Les résultats obtenus sont alors associés à une position sur la roue de la machine à sous. Le rouleau est arrêté. Vous avez encore perdu !
Un programme informatique classé top secret

D’aucuns pensent que certaines machines à sous paient plus que d’autres. À moitié vrai. L’idée selon laquelle la machine est “chaude” ou “prête à payer” est une illusion des joueurs. Toutes les machines à sous sont paramétrées pour reverser aux joueurs une certaine proportion d’argent sur l’ensemble des mises effectuées. C’est le taux de redistribution. Le minimum légal en France est de 85 % : sur 100 euros joués, 85 euros seront reversés aux joueurs, les 15 euros restants allant au casino. À la longue, c’est toujours le casino qui gagne.

Les programmes informatiques de la machine à sous sont placés sous scellés ; seules les SFM agréées par le ministère de l’Intérieur (Société de fourniture et de maintenance) et la direction des courses et des jeux de la police judiciaire (ex-RG) possèdent la clé. Et seuls des techniciens agréés ont l’autorisation de toucher aux machines. Pas de crainte, le hasard est sous contrôle !

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