LC 717 p. 24

Commission Jospin : la réaction de René Dosière, député PS

René Dosière, député de l’Aisne apparenté socialiste et véritable vigie de l’Assemblée, s’est fait connaître en décortiquant le train de vie de l’État sous le mandat de Nicolas Sarkozy*. Fer de lance des partisans d’une transparence de la gestion publique, il analyse pour Lyon Capitale les propositions faites par la commission Jospin sur la rénovation et la déontologie de la vie politique. Extraits.

Lyon Capitale : Le rapport de la commission Jospin est-il assez ambitieux ?

René Dosière : Non, il ne l’est pas assez. Il s’est limité par exemple au cumul des mandats des parlementaires, il est clair qu’on ne pourra pas en rester là. Il faudra bien régler le problème de tous les élus locaux qui sont président de communauté de communes, maire, conseiller général, avec à chaque fois des cumuls d’indemnités. Il y a aussi le problème du cumul des parlementaires avec une activité professionnelle (avocat...), là Jospin ne le traite pas. Mais j’espère que la discussion parlementaire qui va s’ensuivre sera enrichie par des amendements. Le seul problème, c’est que je ne suis pas sûr que l’on arrive à faire voter le non-cumul aux sénateurs.

Les abus sont-ils trop fréquents avec
le cumul des mandats ?

Le problème principal vient de la décentralisation, qui a donné davantage de responsabilité aux échelons locaux. Aujourd’hui, ces élus consacrent beaucoup plus de temps à leur ville qu’à leur mandat parlementaire : c’est plus compliqué, il y a plus de démarches. Et puis chacun protège son intérêt particulier, les intérêts de sa région.

La commission Jospin préconise la création d’une Autorité de déontologie de la vie publique. Qu’en pensez-vous ?

Je m’oppose à la création d’une nouvelle autorité. J’ai proposé, avec le député (UMP) Christian Vanneste, qu’il y ait une instance unique qui regroupe tous les problèmes de la vie politique : les comptes de campagne, la commission des sondages et l’autorité de déontologie. Son responsable serait désigné à la majorité des trois cinquièmes par le Parlement. Cette autorité aurait un pouvoir considérable et notamment celui de sanction.

* Voir René Dosière, L’État au régime, éditions du Seuil, 2012.

L'intégralité de cet entretien est à lire dans Lyon Capitale n°717, en vente en kiosques jusqu'au 20 décembre, et dans notre boutique en ligne.

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