Changement de stratégie et déconfinement : priorité au vélo à Lyon

Le coronavirus et la nécessité de distanciation sociale sont passés par là. Quelques mois après avoir réduit la place du vélo sur certains secteurs, la ville de Lyon veut redonner la priorité aux cyclistes, mais aussi aux piétons. 

Depuis plusieurs semaines, les services de la métropole de Lyon travaillent sur l'urbanisme tactique. Il s'agit d'aménagements et des rééquilibrages de l'espace public rapides à effectuer pour permettre aux piétons et cyclistes de pouvoir se déplacer en sécurité et en maintenant la distanciation sociale.

Mi-avril, le président de la métropole David Kimelfeld avait proposé aux maires des territoires de travailler ensemble sur cet urbanisme tactique. Ainsi, dans ce sens, le maire de Lyon Gérard Collomb a adressé un courrier au président de la métropole pour "le déploiement d’itinéraires cyclables temporaires, permettant aux Lyonnais et grands lyonnais de relier facilement les principales polarités (gares, stations de métro, zones commerciales, parkings relais, etc.)" et "une étude sur la possibilité de doubler, lorsque cela est possible, les voies de bus par des voies sécurisées dédiées aux vélos et autres modes alternatifs". 

Changement radical de stratégie

"Pour favoriser leur attractivité, ces itinéraires, qui pourraient se déployer sur des voies de circulation, ou sur des voies dédiées au stationnement devront être plus larges que les voies cycles déjà déployées sur Lyon, ils devront faire l’objet d’une signalétique dédiée", précise Gérard Collomb dans un communiqué. Un changement radical de stratégie pour la ville de Lyon dans le contexte du coronavirus COVID-19. Jusqu'à présent, la ville se refusait à sacrifier du stationnement ou de l'espace dédié aux voitures pour les autres modes, à l'image de ce qui avait été réalisé sur la rue Édouard Herriot où couloir de bus et cyclables avaient été supprimés. 

Des "parkings relais covid"

Pour les piétons, la ville se dit prête à engager une réflexion avec la métropole pour "un élargissement possible de certains trottoirs étroits du centre-ville". Dans ce sens, le Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema) préconise des trottoirs d'au moins 2,5 mètres de large (lire ici).

Lyon souhaite également proposer des "parkings relais covid", des zones où "l’utilisateur pourra déposer sa voiture et rejoindre le centre de Lyon en trottinette ou en vélo électrique, par une offre comprenant un bouquet stationnement + déplacement modes doux (vélos, trottinettes)".

À travers ces outils, la ville de Lyon espère ne pas voir la voiture être la grande gagnante du déconfinement. Encore faudra-t-il qu'elle se résolve à rééquilibrer profondément l'espace public, sacrifiant des places de parkings et voies dédiées aux voitures, choses qu'elle s'était refusées jusqu'à présent, sans se contenter de petites mesures. Au-delà des différents effets d'annonce autour de l'urbanisme tactique, notion à la mode, seuls les cas concrets feront foi.

5 commentaires
  1. arkane - 23 avril 2020

    Une nouvelle fois, on est dans le culte... du vélo! La solution miracle pour les déplacements... C’est vrai qu’en pleine canicule cet été, on va s’amuser à faire nos 5, 10 ou 15km pour aller au bureau. Tous les politiques sont à la remorque des idées idéologiques des Verts et ils voudraient que l’on vote pour eux. Pathétique

    1. cceb - 24 avril 2020

      Effectivement, toutes et tous ne peuvent pas utiliser un vélo (santé, livreur, courses, etc) mais actuellement les rues sont quasi exclusivement conçues pour les voitures, une réelle place pour les vélos serait possible et ne serait que partage et égalité. Beaucoup de pays le font et ça fonctionne, pourquoi pas nous?
      Quand à l'écologie, oui, il faut changer certains de nos modes de vie et faire des concessions sinon on va droit dans le mur.

  2. Nicolas Igersheim - 23 avril 2020

    @arkane.
    10 km deux fois par jour 300 jours par an, qu'il neige ou qu'il canicule,
    c'est à la portée de la majeure partie des personnes du Grand Lyon.
    Et c'est un sexagénaire qui vous l'affirme, expériences vécues pendant 20 ans à l'appui.
    En ce moment, il serait dommage de passer à côté de cette façon simple d'économiser,
    tout en soignant sa forme, développant ses capacités immunitaires et assurant la distanciation.
    Faites le test et revenez nous en parler en connaissance de cause.

    1. cceb - 24 avril 2020

      Je suis d'accord avec vous, j'ai testé. Quelques semaines avant le confinement, je suis passée au vélo pour aller travailler. 16km par jour. Ce n'est pas difficile, on va plus lentement au début, on ne force pas et tout se passe bien. Je l'avais fait pendant la canicule aussi et en allant doucement et en s'hydratant, tout se passe bien. j'ai testé en hiver et en canicule et aujourd'hui sauf cas de santé oblige, je n'abandonnerai pour rien le vélo, c'est trop agréable. Alors oui, vous avez raison, il faut tester!
      Si l'offre de vraies pistes cyclables augmente, beaucoup passeront au vélo. S'il n'y a que la route au milieu des voitures, c'est trop dangereux. J'espère que ça ne sera pas provisoire.

  3. PIERRE GANDONNIERE - 24 avril 2020

    Plutôt que de dire aux autres ce qu'ils doivent faire, Collomb pourrait peut-être commencer par enlever ses bacs à fleurs rue Herriot, ça ferait de la place.

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