Ces zones d'emploi en difficulté dans la région Auvergne-Rhône-Alpes

Dans une enquête publiée ce jeudi 10 septembre, l'Insee a découpé la région Auvergne-Rhône-Alpes en différentes zones d'emploi pour étudier la spécificité et les enjeux de chacune. Certaines zones sont en difficulté, étouffées par Lyon et Grenoble ou impactées par le coronavirus.

Typologie des zones d’emploi selon leur spécialisation économique. Insee

L'Insee publie ce jeudi 10 septembre une étude sur la diversité des zones d'emploi dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Si toutes ont leurs spécificités, elles sont loin d'être égales, les zones de Lyon et Grenoble notamment concentrant une bonne partie des emplois. Pour les zones les moins bien loties, les trajets domicile-travail sont plus longs que la moyenne nationale, et certaines perdent leurs habitants faute d'emplois. Les zones touristiques, quant à elles, sont particulièrement en difficulté depuis la crise sanitaire du coronavirus. Explications.

Lyon, Grenoble et Clermont-Ferrand, les grandes zones d'emploi

La région Auvergne-Rhône-Alpes compte 39 zones d'emploi d'après l'Insee. De tailles très variables, la zone d'emploi de Lyon est la 2e plus grande de France après Paris, avec 1 830 000 habitants et 853 000 emplois. Sans surprise, les quatre plus grandes zones d'emploi sont celles de Lyon, Grenoble, Clermont-Ferrand et Saint-Etienne. A elles seules, elles regroupent près de 50 % des emplois, plus de 25 % se trouvant dans la zone d'emploi de Lyon. A l'intérieur de ces zones, les trajets domicile-travail sont assez courts. Dans le cas des zones de Grenoble, Lyon et Clermont-Ferrand notamment, plus de 90 % des actifs travaillent dans leur zone de résidence. En revanche, ces zones attirent également des actifs venant d'ailleurs. A Lyon particulièrement, la tendance est très marquée : d'après les chiffres de l'Insee, 138 000 actifs viennent travailler dans la zone d'emploi de Lyon tout en résidant ailleurs, mais seulement 64 700 font l'inverse. L'Insee explique ces chiffres par une polarisation croissante de l'emploi dans certaines zones d' emploi en particulier. Ainsi, la zone de Lyon comptait 107,8 emplois pour 100 actifs en 2006, contre 109,4 en 2017.

Ces zones victimes collatérales de Lyon et Grenoble

Dans les territoires à proximité de ces zones d'emploi, c'est l'inverse. Dans les zones d'emploi de Vienne-Annonay, de Bourg-en-Bresse, des Sources de la Loire ou encore d'Issoire, seuls 70 à 80 % des actifs travaillent là où ils résident. Cette proportion passe sous la barre des 70 % dans les territoires les plus proches de Lyon et de Grenoble, et chute à 42 % aux alentours de Genève. Ces zones davantage résidentielles présentent de forts enjeux de mobilité : les déplacements domicile-travail y sont plus longs qu'ailleurs. Dans la zone de Bourgoin-Jallieu par exemple, près de Lyon, les actifs font en moyenne 27 km pour aller travailler, contre une moyenne de 20 km au niveau national. La pollution que ces trajets engendrent est un véritable enjeu de santé publique. Point positif, la zone connaît en revanche une dynamique démographique forte, avec une augmentation de la population de +1,3 % entre 2007 et 2016, contre +0,7 % en moyenne à l'échelle nationale.

Des habitants obligés de déménager pour trouver un emploi

Fortes de savoir-faire historiques, certaines zones ont su profiter de leurs spécificités. Oyonnax, par exemple, spécialisée dans la fabrication de peignes, détient aujourd'hui la part d'emplois industriels la plus forte (38 %) d'après l'Insee. Elle est aujourd'hui connue sous le nom de "Plastic Vallée", une des plus fortes concentrations d'entreprises de la plasturgie en Europe, note l'institut de statistiques. En revanche, ces zones très spécialisées connaissent une forte baisse d'emplois car elles sont plus fragiles vis-à-vis des chocs conjoncturels de l'économie. Ainsi, au-delà de sa renommée en matière de peignes, Oyonnax est aussi la 3e zone à perdre le plus d'emplois en France. Nombre de ses habitants ont d'ailleurs dû déménager pour trouver un emploi. Le problème est similaire dans les zones d'emploi de faible densité, caractérisées par les exploitations agricoles, en particulier l'élevage bovin. Celles-ci manquent d'attractivité et perdent inexorablement des habitants.

Les ravages du coronavirus dans les zones touristiques

L'année 2020 est une année noire pour le tourisme en raison de l'épidémie de coronavirus. Or, le secteur touristique a une place importante dans l'économie régionale avec la proximité des Alpes. Ainsi, certaines zones dépendent particulièrement de la fréquentation touristique : les zones de montagne comme la Tarentaise, la Maurienne, le Mont-Blanc ou encore le Chablais, mais aussi l'Ardèche, dans une moindre mesure. Pour donner un ordre d'idée, dans la zone d'Aubenas, il y a 14,6 emplacements de camping pour 100 habitants, contre 1,3 en moyenne en France métropolitaine. Sans touristes pour remplir les campings, hôtels, gîtes et stations de ski, ces zones connaissent de grosses difficultés économiques depuis la crise sanitaire.

Lire aussi : Auvergne-Rhône-Alpes : 65 % des habitants s'entassent sur 11 % du territoire 

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