Barroso - Voleur de bicyclette

Barroso a tort

Tout d’abord sur la forme, il est pour le moins inattendu que le président de la Commission européenne en exercice se permette de porter le moindre jugement de valeur sur l’un des pays fondateurs de l’Europe, avec une morgue tout à fait déplacée.

L’union faisait la force

Par ailleurs, nous, Français, avions compris, dans notre grande naïveté, que l’argument massue en faveur de la construction européenne, sans cesse élargie – aujourd’hui 27 pays, demain 28 avec l’entrée de la Croatie –, était que l’union faisait la force. Or, nous constatons qu’en réalité les différents pays, désormais follement encouragés par le président de la Commission, se livrent à une compétition effrénée entre eux, où les noms d’oiseaux ne sont jamais très loin. Comment ? Qui ose encore parler d’“armée mexicaine” ?

Si Camille Walter a raison, dans son billet, de poser la question des “grands cinéastes” et des “grands écrivains français vivants”, et à supposer même que la réponse aille dans son sens, il convient à notre tour de poser la question suivante : est-ce parce que le système français n’a pas révélé ces dernières années des talents immenses qu’il faut définitivement le vouer aux gémonies ?

Pour demain et pour la vie

Et si, demain, ce système si décrié permettait l’éclosion d’un nouveau cinéma français, original, c’est-à-dire non calqué sur le cinéma américain, n’aurions-nous pas eu raison de maintenir contre modes, vents et marées notre fameuse “exception culturelle” ?

Pour ma part, j’en suis persuadé. Je ne peux que déplorer, par exemple, la disparition du cinéma italien. Où sont les nouveaux Pasolini, Fellini, Rossellini, De Sica, Comencini, Visconti, Zeffirelli, pour n’en citer que quelques-uns ? Si l’“exception culturelle” italienne avait existé, à l’instar du système français, je ne sais pas si elle aurait engendré de nouveaux chefs-d’œuvre cinématographiques. Mais ce que je sais, c’est que Very Bad Trip 3 a remplacé Le Voleur de bicyclette sur la totalité des écrans italiens et la quasi-totalité des écrans mondiaux.

La culture, une marchandise comme une autre ? Peut-être. Mais je n’ai encore jamais consommé une marchandise qui me fasse rêver et m’accompagne toute une vie. Comme le confiait Federico Fellini au New York Times, “chaque langue voit le monde d’une manière différente”. Você entendeu, senhor Barroso ?

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