Antenne-relais de Tassin : une décision qui va faire jurisprudence ?

Une première en France. (lire article)

L'antenne de 19 mètres de haut devra être démontée dans les prochains mois. Installée sur un terrain de deux km2, elle émettait pour les communes de Tassin et de Charbonnières-les-Bains. Cette condamnation suscite de multiples réactions. Elle replace au coeur de la polémique les riverains et les collectifs qui se battent pour le démontage des antennes-relais.
Certains y voient tout un symbole et se disent satisfaits. C'est le cas de Michèle Rivasi, candidate Verts pour les élections européennes de juin dans la région Sud-Est. Elle fait partie de ceux qui bataillent pour de nouvelles normes, normes respectueuses des recommandations scientifiques indépendantes, c'est-à-dire 0,6 volts par mètre. Actuellement, en France, les opérateurs ont l'obligation de ne pas émettre d'ondes électromagnétiques au-delà de 40 volts par mètre. En Europe, il n'existe aucune norme spécifique. Malgré tout, en 2008, l'Union Européenne a affirmé que les normes françaises étaient devenues obsolètes.
Les ondes électromagnétiques, une question de santé publique ?
En s'appuyant sur le rapport Bioinitiative (soutenu par l'Agence Environnementale Européenne) qui fait un état des lieux de l'impact de l'exposition à de fortes ondes électromagnétiques, Michèle Rivasi explique que les riverains des antennes-relais sont souvent atteints du 'syndrome des micro-ondes' : maux de tête, saignements de nez, anxiété, dépression, problèmes cardiaques ou cutanés... 'Sur un sujet aussi sensible, une agression aussi grave, on ne peut pas se permettre un telle anarchie. Pour l'instant, chacun se défend sur son périmètre. Les élus sont souvent dans l'impossibilité d'agir. Les opérateurs comme Orange, SFR, Bouygues sont de mauvaise foi. Mais si tout le monde se mobilise, ça va être la guerre !', affirme-t-elle.
Bouygues Télécom argumente que l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n'a jamais montré qu'il y avait des risques pour la santé à émettre plus de 40 volts par mètre et que les études menées par des scientifiques indépendants sont irrecevables. Michèle Rivasi répond : ' Je ne suis pas opposée aux téléphones portables, ce n'est pas ça. Mais il faut diminuer la puissance des champs électromagnétiques et multiplier les pico ou micro-antennes. Le problème, c'est que ça demande plus de finances et que les opérateurs pensent avant tout aux retombées économiques.'
L' espoir de l'école Gerson à Lyon
Maire adjointe à Valence, Michèle Rivasi a interdit l'implantation d'antennes-relais dans un rayon de 100 mètres autour des zones sensibles (crèches et écoles). La ville de Lyon, elle, n'a pas décidé de mesures concrètes à propos des antennes-relais. Dans le 5e arrondissement, la cour de l'école Gerson est située à 30 mètres d'une antenne-relais Bouygues qui soumet les enfants à des ondes de 5,4 volts quotidiennement. Les parents d'élèves sont mobilisés depuis des mois pour la faire démonter. Ils ont interpellé le maire de Lyon, Gérard Collomb, et le préfet du Rhône plusieurs fois sur les conséquences d'une telle exposition. La victoire des trois couples de Tassin leur redonne de l'espoir. Si les élus locaux n'envisagent rien, ils iront au tribunal, menace Stéphanie Torres, parent délève.
Marine Badoux

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