© Tim Douet

Anneau des Sciences : Kimelfeld lance des Assises de la mobilité à Lyon

Après la polémique autour de l’Anneau des Sciences, le président de la métropole David Kimelfeld a choisi de lancer des Assises de la mobilité intégrées aux concertations sur le plan Climat-air-énergie territorial.

Vendredi 15 et samedi 16 mars, lors des deux Marches pour le climat, des banderoles et pancartes contre le projet d’Anneau des Sciences ont fait leur apparition. On pouvait ainsi lire des slogans comme “Anneau des Sciences climaticide”. Le projet visant à boucler le périphérique de Lyon à l'ouest, avec 14 kilomètres de voie rapide, en partie enterrés, est revenu dans les débats depuis le début de l'année.

La métropole de Lyon a voté une enveloppe de 5,9 millions d'euros pour “des études, les sondages géologiques et la mise en place du dispositif de dialogue et de concertation” autour du projet. Il y a également la question du métro E, dont le terminus serait à 300 mètres d'un possible Anneau des Sciences (lire ici). Enfin, le 12 mars, nous révélions que le président de la métropole, David Kimelfeld, allait rencontrer des députés du Rhône pour leur demander de déposer un amendement à la loi d'orientation des mobilités relatif à l'Anneau des Sciences, qui permettrait la création d'une structure juridique nécessaire à son financement. Cette information a déclenché la colère de la coalition des Marches pour le climat, laquelle a demandé à l'élu de clarifier sa position sur ce projet, menaçant de se retirer des discussions avec la métropole autour du plan Climat-air-énergie territorial.

David Kimelfeld se retrouvait ainsi pris entre un mouvement citoyen des Marches pour le climat dont le succès ne cesse de grandir, des élus écologistes qui s'opposeraient à toute alliance tant que le projet d'Anneau des Sciences est sur le feu, et des élus de sa propre majorité qui veulent maintenir l'idée du bouclage du périphérique.

Des Assises de la mobilité jusqu’en juin

Ce lundi matin, au conseil métropolitain, David Kimelfeld a donc fait du David Kimelfeld, sortant son outil de prédilection : la conciliation/concertation, sans se prononcer “a priori” pour ou contre l'Anneau des Sciences. Le président de la métropole lance ainsi des Assises de la mobilité qui seront intégrées à la concertation sur le plan Climat-air-énergie territorial. Elles débuteront au printemps. L'idée est de donner l'occasion à chacun de s'exprimer sur la question de la mobilité sur le territoire de la métropole de Lyon, en incluant le Sytral, ainsi que les objets du plan Climat. “Il ne s’agit pas de remettre en cause a priori le bouclage du périphérique, assure David Kimelfeld, mais de concevoir ensemble un projet des mobilités durables sur notre territoire et de faire en sorte que ce périphérique soit pleinement intégré et permet de relever le défi climatique.”

Mobilité(s)

Ainsi, dépassant la question de l'Anneau des Sciences, David Kimelfeld veut apporter une réponse globale sur les mobilités, souhaitant également imaginer celles de demain, tout en insistant sur leur aspect durable. Dès lors, plusieurs idées seront soulevées lors de ces assises, portées par l'élu : la mobilité à la demande, les mobilités inclusives pour ne pas pénaliser les plus fragiles, la position des parcs-relais, l'intermodalité entre le périphérique et les transports en commun, voire la possibilité de privilégier les transports en commun sur le périphérique avec des voies dédiées. Lesquelles pourraient être également ouvertes au covoiturage. En parallèle, depuis plusieurs années, des élus demandent la création d'un réseau RER à la lyonnaise pour aller vers un réseau en toile. Des propositions qui pourraient aussi trouver leur place dans cette concertation.

En juillet dernier, interrogé sur la question de l'Anneau des Sciences, David Kimelfeld défendait son approche : “On a encore besoin d’infrastructures. Pas forcément pour accueillir les mêmes modes de déplacement qu’il y a vingt ans. L’Anneau des Sciences, ça n’a de sens que si on pousse des modes alternatifs comme les transports en commun ou le covoiturage.” Cette concertation devrait permettre de définir des axes clairs pour 2020. Cependant, elle ne répondra pas à une autre question : si certains imaginent que des infrastructures comme l'Anneau des Sciences pourraient encourager des mobilités partagées et propres, en cas de changement de majorité rien n’empêchera le futur président de la métropole d'en faire autre chose. Ceux qui posent les fondations d'aujourd'hui ne seront peut-être pas ceux qui construiront demain.

Mise à jour : les Assises de la mobilité seront intégrées à la concertation sur le plan Climat-air-énergie territorial.

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