Gabriel Attal en meeting à Villeurbanne

À Villeurbanne, les ministres de Macron appellent à la "mobilisation absolue"

À trois jours du second tour de l’élection présidentielle, les ministres d’Emmanuel Macron ont rappelé lors de leur dernier meeting dans la métropole de Lyon que rien “n’était joué” même après un débat qu’ils jugent remporté haut la main par leur candidat.

Dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle, les macronistes organisaient, ce jeudi soir, leur dernier grand meeting régional. Sans le candidat Macron, mais avec trois de ses ministres : Bruno Le Maire (ministre de l’Economie), Gabriel Attal (porte-parole du gouvernement) et Olivier Véran, ministre de la Santé et régional de l’étape. Pour l’un des derniers temps forts de la campagne, LREM n’avait pas vu spécialement grand en réservant le CCVA de Villeurbanne. La salle dispose d’une jauge de 550 places et a mis très longtemps à afficher complet ce jeudi soir malgré un casting plutôt prestigieux. Elle ne se prête pas non plus aux meetings enfiévrés malgré les effets d’estrade de Gabriel Attal ou de Bruno Le Maire. C’est presque l’arrivée de Gérard Collomb, ancien maire de Lyon et ministre de l'Intérieur au début du quinquennat,  qui aura soulevé le plus d’applaudissements.

“Rien n'est joué”

Pour mobiliser les militants sur l’estrade, les différents interlocuteurs insistent sur leurs forces présumées : le bilan, la place de la France dans l’Union européenne ou l’environnement. Ils ne manquent aussi jamais une occasion de pointer les dangers de l’extrême droite, suivant ainsi la ligne amorcée lors du meeting lyonnais de premier tour. Véronique Trillet-Lenoir, députée européenne LREM, ouvre le bal, la voix éraillée, avec un plaidoyer pour l’Europe et contre les propositions Européennes de la candidate du RN au “nationalisme étriqué et de tous les dangers”. Gabriel Attal galvanise ensuite les militants en saluant leur implication dans la campagne et en rappelant la victoire d’Emmanuel Macron qui dans la salle ne souffre d’aucune contestation à l’applaudimètre.

“Le débat a été utile pour démasquer Marine Le Pen qui a raconté n’importe quoi aux Français pendant la campagne”, assène Gabriel Attal. Dans la dernière ligne droite et face à “la marge d’horreur” dans les sondages, le porte-parole du gouvernement rappelle “l’enjeu de mobilisation absolue”. “Rien n’est joué. Il y a encore beaucoup de Français à convaincre. Il faut les convaincre de se retrouver sur l’essentiel, de grandes valeurs. Il faut leur dire qu’ils ont choisi un candidat, bien souvent Jean-Luc Mélenchon, au premier tour pour faire barrage à Marine Le Pen et la cohérence veut qu’ils fassent barrage aussi au second tour. S’abstenir ce n’est pas faire barrage”, prévient Gabriel Attal. Son intervention est ponctuée par le slogan des Jeunes avec Macron légèrement assoupis par le confort des sièges du CCVA : “et un et deux et cinq ans de plus”.

Ministre de gauche...

Olivier Véran lui succède et, sur la palette macroniste, apporte une touche de rose. En bras de chemise, il se présente en homme de gauche. “Entre ministres, nous n’avons pas toujours été d’accord, mais cela a fait la richesse de ce gouvernement. Ce dépassement, il n’a pas entraîné de gouvernement de couacs comme on avait pu le voir lors des mandats précédents. Et puis ceux qui ne nous trouvent pas assez à gauche veulent-ils directement basculer dans l’extrême droite”, feint de s’interroger Oliver Véran.

... et de droite

Bruno Le Maire clôture, le ton léger, la campagne de La République en Marche dans le Rhône en insistant sur la jambe droite de la Macronie. “Je viens de la droite. J’ai le porte-feuille à la place du coeur”, ironise-t-il. “Soyez fiers de ce que nous avons fait depuis cinq ans. Quel est le seul Président de la République qui a ramené le taux d’emploi au niveau le plus élevé depuis 30 ans ? Qui a baissé vos impôts et les impôts des petites et moyennes entreprises ? C’est Emmanuel Macron. Soyez-en fiers”. Le ministre de l’Économie, comme ses prédécesseurs à la tribune, y va de son coup de griffe à la candidate du Rassemblement national : “Marine Le Pen n’est pas une sympathique éleveuse de chats. Elle est l’héritière d’un mouvement qui n’a jamais semé que la haine, la colère et la division entre les Français”. Il égratigne ensuite le sérieux budgétaire de ses propositions économiques comme la suppression de l’impôt sur le revenu pour les moins de 30 ans. Il campe aussi un affrontement entre Emmanuel Macron tourné vers le futur et son adversaire de second tour : “L’histoire de France ne s’écrit pas au passé, mais au futur”.

À trois jours du second tour et après le débat de l’entre-deux tours, Emmanuel Macron dispose d’une avance assez confortable face à Marine Le Pen : 55,5% d’intentions de vote selon notre dernier sondage Ifop-Fiducial pour LCI, Paris Match et Sud Radio.

 

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