© Charlotte Santana

À Lyon, l'air du métro est trois fois plus pollué qu'à l'extérieur : comment le Sytral rectifie le tir ?

Alors que l'ANSES a publié une étude qui montre que la pollution des métros des villes et métropoles est "trois fois plus importante qu'en extérieur", le Sytral, autorité organisatrice des mobilités lyonnaises, tente de rectifier le tir. Lyon, bon ou mauvais élève ? Explications.

L'air du métro lyonnais est trois fois plus pollué qu'en surface. La dernière étude publiée par l'Agence nationale de sécurité sanitaire révèle des taux de pollution inquiétants dans les métros de plusieurs grandes villes et métropoles. À Lyon, le constat est le même que le voisin parisien ou marseillais. En cause : les particules fines provenant essentiellement de l'usure du matériel roulant et du freinage des rames à chaque station de métro.

L'arrêt Saint-Jean, mauvais élève de la pollution

Si l'étude publiée par l'ANSES ne détaille pas les stations de métro les plus touchées par des taux de pollution importants, l'observatoire ATMO, spécialiste de la qualité de l'air en Auvergne-Rhône-Alpes a déjà travaillé sur la question. Selon des mesures effectuées en septembre 2020, l'arrêt Vieux Lyon Cathédrale Saint-Jean enregistre un taux de particules fines (PM10) anormalement élevé. Difficile de tirer des conclusions mais il semblerait que la qualité de l'air du métro soit corrélée à la profondeur de la station, alors que Saint-Jean est la plus enfouie du réseau TCL. "C'est une hypothèse", tempère Luc Arbib, membre de l'association Air des Lyonnais, qui lutte contre la pollution dans l'air entre Rhône et Saône.

"Même si les particuliers ne passent que 30 ou 40 minutes maximum par jour [dans le métro, ndlr], il n'est jamais bon de respirer des particules fines. Cela peut donner des maladies aux poumons notamment [...] Les enjeux sont sur les usagers et les conducteurs", alerte le membre de l'association.

TCL, métro, bus, Lyon
@WilliamPham

Le Sytral ne se défile pas

Contacté par Lyon Capitale, le Sytral Mobilité, autorité organisatrice des mobilités des territoires lyonnais, assure faire le nécessaire. "Cette problématique figure au rang des principales priorités des élus de Sytral Mobilités", répond l'établissement public. Une affirmation confirmée par Luc Arbib. "Maintenant, quand je pose des questions aux élus du Sytral, j'ai des réponses. Sous le mandat de Collomb, je n'en avais pas".

Fin novembre 2020 déjà, la Métropole de Lyon et l'organisme présidé par Bruno Bernard avaient conjointement publiés une étude qui indiquait que l'air était trois à cinq fois plus pollués dans le métro qu'en surface.

Un chiffre confirmé par la récente étude de l'ANSES publiée mercredi 8 juin. Le hic : aujourd'hui, il n'y a pas de seuil réglementaire sur la qualité de l'air dans le métro. Si une législation doit être mise en place, selon Luc Arbib, "des valeurs guides" (395 μg.m-3) ont été mises en place en 2001 par le Conseil Supérieur d’Hygiène Public de France.

Une expérimentation lancée à Saxe-Gambetta

Le Sytral ne se défile donc pas. La nouvelle gouvernance de l'ère Bernard a lancé de nombreuses études et expérimentations en station et sur le matériel roulant depuis 2020. La preuve en est : à Saxe-Gambetta, le Sytral a mis en place une station de mesure permanente. Elle enregistre des chiffres qui sont très variables. "Ça peut être deux ou trois fois supérieurs", commente le membre de l'association Air des Lyonnais.

En parallèle, l'autorité organisatrice public annonce déjà lancer une nouvelle expérimentation d'ici fin juin. "Des nouveaux ventilateurs soufflant l'air sur des filtres retenant les particules fines, devrait permettre une réduction de la pollution aux particules fines de l'ordre de 30 %", indique-t-on du côté du Sytral à Lyon Capitale.

Bouche du métro de la ligne A au niveau de Cordeliers. @WilliamPham

L'automatisation du métro B, une technologie moins polluante

Par ailleurs, le lancement des nouvelles rames automatisées sur la ligne B prévu "d'ici les prochaines semaines", permettra de réduire "significativement" l'émission de particules fines en souterrain. En effet, grâce au système de freinage électrodynamique, le freinage mécanique sera bien moins utilisé. C'est d'ailleurs une recommandation de l'étude de l'ANSES qui préconise de remplacer "les matériels roulants, changeant les systèmes de freinage et en améliorant la ventilation".

Pour Lyon Capitale, le Sytral Mobilités a dressé la liste des dispositifs de lutte contre la pollution en souterrain déjà mis en place :

  • Le nettoyage approfondi des stations grâce à un système d'aspiration retenant les particules fines expérimenté actuellement dans plusieurs stations du réseau afin de déterminer la durée de l'efficacité de ce dispositif.
  • Des essais sur les rames de la ligne D, d'équipements captant les particules directement à la source grâce à un système d'aspiration.
  • L'adaptation des systèmes de ventilation des stations les plus récentes du réseau TCL pour aspirer et évacuer les particules fines.
  • Un système d'optimisation du pilotage sur les rames de la ligne D afin de réduire le freinage mécanique.
L'automatisation du métro B est prévue "d'ici les prochaines semaines".

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