À Lyon, des tensions urbaines émaillent la fête des Lumières

La tension est palpable sur la place Bellecour et aux alentours, à l'heure d'ouvrir le bal de la fête des Lumières ce samedi soir. De nombreux jeunes se sont mêlés à un cortège imprévu de gilets jaunes pour rejoindre une place enfumée de lacrymogène et bouclée par les CRS.

Quelques détonations, des familles qui pressent le pas et une ambiance tendue. Au cœur de Lyon, juste avant l'ouverture de la fête des Lumières, les magasins de la rue de la République ont fermé boutique plus tôt que prévu. En milieu d'après-midi, les policiers étaient pris à partie par de petits groupes d'individus dispersés tandis qu'ils commençaient à mettre en place le périmètre de sécurité pour la soirée. Dans l'axe central de la presqu’île, de l'Opéra à la place de la République, une manifestation mêlant des gilets jaunes et de nombreux jeunes avançait d'un pas déterminé et sans slogan particulier au milieu d'une foule de touristes et de badauds.

Une foule de jeunes parfois affublés de gilets jaunes, ont marché de manière déterminée dans la rue de la République pour rejoindre la place Bellecour avant d'être repoussés par les CRS ©Mathilde Régis

À l'approche de la place Bellecour, plusieurs rangées de CRS se sont postées pour bloquer l'accès à une place déjà largement enfumées de lacrymogènes. Nez à nez avec les forces de l'ordre, les manifestants font demi-tour et se sont mis à courir dans l'autre sens et dans les rues parallèles, provoquant un bref mouvement de foules. Dans la rue Edouard Herriot, des individus ont également tenté de dresser une barricade en enchevêtrant des barrières de sécurité utilisées pour la fête des Lumières. Une installation rapidement déconstruite par des policiers arrivés au pas de course. Rapidement, l'accès par la rue Edouard Herriot est également bouclé. Face aux gaz lacrymogènes et à une ambiance électrique, les passants pressent le pas.

La rue Edouard Herriot, juste avant d'être bouclée par les CRS le 8 décembre 2018 © Mathilde Régis

Impossible d'accéder à la place Bellecour, sur laquelle était massée une foule de jeunes et quelques gilets jaunes face à plusieurs rangées de CRS qui se faisaient siffler après avoir gazé l'intégralité de la place. Aux abords, de nombreux passants demandaient aux forces de l'ordre quel itinéraire prendre pour traverser, le métro A ayant fermé ses portes. Beaucoup de jeunes, galvanisés par les événements, semblent s'être mélangés au cortège par opportunisme dans une tentative de se mêler à un éventuel jeu de chat et de la souris avec la police dans l'hypercentre de Lyon.

L'accès à la place Bellecour par la rue Edouard Herriot, une heure avant le début de la fête des Lumières, le 8 décembre 2018 ©Mathilde Régis

Selon nos informations, la place Bellecour est encore inaccessible au public. "Il y a toujours des tensions entre des groupes de jeunes et les CRS", indique la préfecture. La fête des Lumières est maintenue sur le reste de la presqu'île. Mais on ignore encore si l'installation les Anookis sera allumée ce samedi soir. Depuis ce matin, il y a eu 21 interpellations dans le département du Rhône.

Mise à jour à 20h30 : la situation est revenue à la normale sur la place Bellecour pour la Fête des Lumières. La station de métro est de nouveau ouverte et l'accès est encadré par la périmètre de sécurité initialement prévu.

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Comme chaque année, les œuvres de la Fête des lumières de Lyon les plus marquantes ont reçu des prix. Ce sont les Anooki place Bellecour qui remportent la principale palme même si tous les visiteurs n'ont pas pu les voir à cause des conditions météorologiques.
3 commentaires
  1. Lapetite - 8 décembre 2018

    Tout bon travail de journaliste demande une confrontation des sources et informations, et un regard objectif et distancié sur les situations. Ayant participé pacifiquement à la manifestation, je peux assurer que les "tensions" n'étaient pas limités à celles que vous évoquer entre CRS et "groupes de jeunes".
    J'ai vu des enfants, des papis et des mamies se faire gazer, courir paniqués de ces excès de violence "que rien n'avait déclenché". J'ai vu des jeunes, filles comme garçons, arriver calmement dans les rangs des manifestants, et en repartir les yeux en feu, hagards, maintenant en colère contre la police et contre les CRS. L'incompréhension a vite laissé place à la haine, encore une fois.
    Quand cessera-t-on de croire que la violence, face à des gens non armés, est la solution ? La réponse de l'Etat doit être autre, car c'est elle qui radicalise les jeunes, comme les vieux.

    1. Abolition_de_la_monnaie - 9 décembre 2018

      La violence est l'expression de la frustration. Qu'elle vienne de citoyens ou d'un Etat.
      .
      Mais culturellement, la "violence = puissance". (Comme les super-héros qui tapent plus fort et gagnent à la fin du film). Or, si la psychologie était enseignée dans TOUTES les écoles, on apprendrait que la mécanique de la violence, c'est exactement l'inverse : une impuissance à créer de l'harmonie, à établir la réalité, à exprimer et entendre tous les points de vue (même les plus incongrus), à comprendre les mécaniques de peurs. C'est cela qui engendre la violence.
      .
      L'humanité adolescente doit devenir adulte, mettre en place une démocratie réelle directe au sein d'un système où les luttes d'intérêts ne sont plus monétaires et hypocrites (taxes, impôts, budgets, etc).

  2. Galapiat - 9 décembre 2018

    Visiblement les consignes ne sont pas les mêmes lorsqu'il s'agit de manifestants inorganisés criant leur raz le bol des taxes , et des équipes de casseurs agissant de concert , violents, des groupes de deal organisés , armés (armes de guerre) prêt à faire le coup de feu contre les services d'ordre qui reculent , avec les consignes de paix sociale le mauvais argument. On est capable de trouver 90000 policiers et gendarmes , des blindés, C'est pour quand une opération d'envergure dans les zones de non droit, bien connus.

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