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Image d’illustration JimmyDominico

À la SPA de Lyon, les abandons se multiplient et engorgent les refuges

Comme chaque année durant la période estivale, de nombreux propriétaires délaissent leurs animaux de compagnie. Les refuges de Brignais et de Dompierre-sur-Veyle sont saturés par les arrivées massives.

Le Code pénal prévoit jusqu'à 2 ans de prison et 30 000 € d'amende pour l'abandon d'un animal : cet acte est considéré comme de la maltraitance envers les chiens, chats, et autres compagnons à pattes. De plus, le juge peut interdire à l'ancien propriétaire de faire l'acquisition d'un autre animal de compagnie, de manière temporaire ou même définitive.

Pourtant, les deux refuges de la Société Protectrice des Animaux (SPA) de Lyon affichent complet. À Brignais, dans le Rhône, plus de 120 animaux sont disponibles à l'adoption sur le site. Chats, chiens, lapins et rats, la plupart adultes, évoluent dans les locaux de l'association rue de l'Industrie. "Nos équipes sont parfois malheureusement contraintes de faire cohabiter plusieurs petits chiens au sein d’un même box", explique la SPA de Lyon, qui fait face à l'afflux.

Dans l'Ain, c'est à Dompierre-sur-Veyle, à une heure en voiture de Lyon, que le deuxième refuge se trouve. Plus petit, il ne compte que quelques dizaines de places. Dix-sept chiens et chats se pressent sur la page d'adoption du site.

Un réseau organisé insuffisant pour affronter la vague d'abandons

Les nouveaux animaux de compagnie (NAC) et les chats sont les plus nombreux à intégrer les refuges cet été. D'après la SPA de Lyon, le nombre de NAC - furets, serpents, lapins... - abandonnés a doublé depuis 2020, et presque triplé par rapport à 2019. L'année 2020 a pourtant été marquée par des adoptions massives, avec un dispositif spécial mis en place durant la crise sanitaire. Dans les centres de la SPA, les Français se sont montrés désireux de prendre sous leur aile des animaux de compagnie. Alors que la pandémie persévère, de nombreux maîtres ont repris leurs habitudes, avec un regain des abandons encore plus fort que les années précédentes.

"Pour désengorger nos structures, et ainsi continuer d’accueillir de nouveaux laissés pour compte, nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur notre réseau d’associations partenaires", indique l'association, qui compte sur ces dernières pour pouvoir héberger tous les animaux dans le besoin. Ce dispositif n'est toutefois pas suffisant, puisque des solutions d'urgence ont été déployées. "De nombreux bénévoles et employés de notre association se reconvertissent également en familles d’accueil", déclare la SPA de Lyon.

Le problème se pose particulièrement pour les chats très jeunes. L'association recueille des portées de nouveaux-nés, qui ne peuvent pas être proposés à l'adoption avant d'être sevrés. "Il arrive très souvent que nos équipes endossent le rôle de nounou afin de les prendre en charge directement chez eux". Les locaux de Brignais et de Dompierre-sur-Veyle deviennent insuffisants pour pallier au nombre d'arrivants, malgré la capacité de presque 400 places du refuge du Rhône.

Ce dernier est également un centre d'accueil de la fourrière, et retrouver le propriétaire d'un animal s'avère très compliqué, malgré la législation concernant certains animaux de compagnie. Depuis décembre, un décret oblige tous les maîtres d'animaux nés après le 1er janvier 2012 à les tatouer ou à leur mettre une puce électronique, pour lutter contre l'abandon. Les propriétaires dérogeant à la règle peuvent être punis de 750€ d'amende. Pour cela, il est nécessaire d'identifier ces derniers, tâche difficile. "La majorité des chats ne sont pas identifiés quand ils arrivent dans nos refuges", rapporte la SPA. Le taux de félins non traçables atteint 96 % à Brignais au premier semestre, d'après l'association. À cet effet, l'association a lancé une opération pour aider financièrement les propriétaires à stériliser et pucer leurs chats, dans la métropole.

 

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