“Si l’Ukraine sombre, l’Europe perd son âme”

Ce mercredi 19 février, l’offensive de l’armée se poursuit à Kiev au lendemain d’une des journées les plus violentes de la crise ukrainienne. Le bilan humain serait déjà de 25 morts et plusieurs centaines de blessés sur le Maïdan, bastion des opposants, devenu un véritable champ de bataille. Mykola Cuzin, président du comité Ukraine 33 en France, qui soutient les manifestants, lance un appel aux pays européens pour que son pays ne soit pas sacrifié sur l’autel des intérêts énergétiques.

Mardi 18 février 2014, 21h30. Je regarde en direct mon peuple se battre pied à pied sur la place du Maïdan contre un assaut violent des forces de l’ordre, en pleine trêve olympique, assaut destiné à écraser dans le sang ce qu’il y a de meilleur en Ukraine, un rêve de liberté, d’indépendance et de paix.

Déjà 9 morts, des centaines de blessés… quand on sait le sort réservé aux blessés en janvier, sortis de force des cabinets médicaux ou des services d’urgence, battus, torturés, laissés pour mort.

Sur l’ordre de qui ? D’un président élu par défaut, ancien repris de justice, allié de Vladimir Poutine, le plus démocrate des dictateurs de ce monde.

Les gens passent de la musique sur la sono de la place, prient, chantent l’hymne ukrainien, parlent de l’avenir de l’Ukraine, de leurs enfants, des “berkuts” qui ne devraient pas exécuter des ordres anticonstitutionnels et criminels, entourés des lueurs des feus de pneus, des fusées de feux d’artifices, pendant que les forces de l’ordre progressent dans l’ombre, comme un cancer qui ronge inexorablement les dernières lueurs de la civilisation. L’état d’urgence est appliqué dans les faits.

Des colonnes de citoyens tentent de rejoindre Kiev depuis Kharkiv ou la Crimée (que l’on décrit à tort comme des bastions “attachés” à la Russie), pour venir en aide à leurs compatriotes menacés de mort sur le Maïdan.

Que font l’Europe et le monde pendant ce temps ? Ils regardent le tsar Poutine triompher à Sotchi.

Vladimir Poutine a envoyé son armée en Ukraine, pour soutenir son laquais et se vautrer dans le sang des Ukrainiens, comme en 1917, en 1920, en 1933, en 1941, en 1946… Faut-il égrener toutes les dates ? Plus de 15 millions de victimes ukrainiennes sous le joug russe pour le seul XXe siècle !

“Il fait si bon l’hiver au coin du feu, réchauffé par le gaz russe…”

Après le génocide de 1933, un nouvel ethnocide est en cours, alors qu’Internet et les réseaux satellitaires nous jettent en direct à la face cette réalité insupportable : la diplomatie française a failli, la diplomatie européenne a failli.

Au moment des accords de Munich, il a fallu sacrifier la Tchécoslovaquie, en 1956 il a fallu sacrifier les Hongrois, en 1968 il a fallu de nouveau sacrifier les Tchèques et, en 2014, il faudra encore sacrifier les Ukrainiens, comme en 1933, pour que le monde libre se sente allégé du poids de ne pas avoir pris la responsabilité de dire non quand il importait de dire non, quand bien même il aurait fallu pour cela risquer sa sécurité énergétique. Il fait si bon l’hiver au coin du feu, réchauffé par le gaz russe…

L’Ukraine se bat actuellement pour l’Europe, pour que l’idéal de Robert Schuman ne sombre pas entre le ventre mou de la bureaucratie de l’Union et la kalachnikov du maître du Kremlin.

L’Ukraine lance un appel désespéré au secours, mais BHL avait raison de souligner récemment que l’Europe avait un besoin urgent d’Ukraine, pour retrouver ses valeurs. Si l’une sombre, l’autre aura vendu définitivement son âme.

Si la vie des combattants de la liberté ne leur importe plus, que les technocrates de Bruxelles s’interrogent MAINTENANT, en leur âme et conscience, pour savoir quelles valeurs ils vont léguer à leurs enfants.

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Mykola Cuzin préside le comité Ukraine 33 et le Comité pour la défense de la démocratie en Ukraine.

Les précédentes tribunes libres de Mykola Cuzin sur Lyoncapitale.fr :

L’Ukraine est de nouveau dans la rue... pour l’histoire
(11 nov. 2013)

Le nouveau visage de la révolution européenne en Ukraine
(15 janvier 2014)

Mourir pour l’Europe, mais pourquoi ?
(24 janvier 2014)

Euromaïdan en Ukraine : quand Poutine prépare le terrain
(10 février 2014)

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Plus de 20 “marcheurs”, principalement lyonnais, ont signé une lettre ouverte adressée à Christophe Castaner, le délégué général de LREM, pour dénoncer les dysfonctionnements locaux d’En Marche. Leur missive vise en creux Caroline Collomb, référente départementale du parti, critiquée pour sa gestion trop opaque et individuelle.
6 commentaires
  1. Gérard Eloi - 19 février 2014

    Il y a longtemps que cette Europe du fric a perdu son âme.'Chauffés par le gaz russe...'. En réalité, on ne devrait pas en avoir besoin de ce gaz russe, ni du pétrole qatari. Car l'Europe peut conquérir son indépendance énergétique, grâce au biogaz (déchets verts,...comme les algues de Bretagne : voir comment on les exploite à La Réunion) et autres...Mais ce sont les multinationales du fric qui font les lois. Bientôt du gaz OGM de chez Poutine !

  2. LYOCAL - 27 février 2014

    Avec le gaz de schiste de notre sol nous économisions 50 milliards d'euros par an !

  3. LYOCAL - 27 février 2014

    la pollution des nappes phréatiques Les nappes phréatiques sont à faible profondeur, au maximum 600 mètres, alors que les gisements de gaz sont à grande profondeur (quelques milliers de mètres), sous de nombreuses couches rocheuses imperméables. Le risque vient du fait que les forages traversent les acquifères, mais les fuites sont improbables si les règles de l’art classiques, à savoir le tubage et la cimentation sont appliquées correctement.

  4. LYOCAL - 27 février 2014

    en France, l’exploitation du gaz de schiste permettrait de réduire notre déficit commercial, de créer des emplois et de la compétitivité, pour des risques limités

  5. LYOCAL - 27 février 2014

    Phrase mémorielle de l'ancien maire de Lyon RPR je préfère perdre une élection que mon âme !!!!!!

  6. LYOCAL - 27 février 2014

    Remarque les oligarques ukrainiens, comme la plus part des oligarques, ont placé la majeure partie de leurs fortunes dans les banques occidentales et sont très sensibles à la moindre pression venant de l’Occident.'

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