Les enfants de l'école Paul Painlevé pendant les activités
© Tim Douet

Lyon, périscolaire : plus d’1 animateur sur 2 n’a pas le Bafa

L'adjointe à l'éducation, Anne Brugnera, dressait ce jeudi un premier bilan de la mise en application de la réforme des rythmes scolaires à Lyon. Principal problème : le taux d'encadrants titulaires du Bafa est actuellement inférieur à 50 % dans les accueils périscolaires de la ville.

Anne Brugnera, adjointe à l'éducation à Lyon ()

©Tim Douet

Deux mois et demi après la rentrée scolaire, l'adjointe à l'éducation, Anne Brugnera, faisait un “point d'étape” sur l'application de la réforme des rythmes scolaires à Lyon. “Nous avons maintenant un petit peu de recul sur cette rentrée hors norme, explique l'adjointe, qui évoque une organisation “singulière” à Lyon, où l'accueil périscolaire est assumé de manière mixte par la Ville et par des partenaires associatifs (12 MJC et 16 centres sociaux). Au final, la municipalité gère directement 54 % des accueils et en délègue 46 % aux associations.

“Les chiffres de fréquentation se stabilisent pour les accueils périscolaires”, précise Anne Brugnera, qui annonce 22 765 enfants inscrits, soit 62,8 % des élèves scolarisés. Ce taux atteint 65 % en primaire et 60 % en maternelle. La fréquentation est très variable suivant les arrondissements. C'est dans les quartiers populaires que l'inscription à l'accueil périscolaire est le plus faible. Seuls 57,7 % des enfants du 9e arrondissement, par exemple, prennent part à l'accueil périscolaire, quand ils sont 68,8 % dans le 2e. Faut-il y voir un problème de coût ? Pas nécessairement, selon l'adjointe, qui rappelle que la grille tarifaire est établie selon les revenus du foyer.

Il a fallu s’adapter”

Si l'adjointe s'est évertuée à faire état du relatif bon fonctionnement de la mise en place de l'accueil périscolaire, arguant de la mise à disposition d'infrastructures sportives, elle reconnaît quelques points de difficulté. Principalement des problématiques pratico-pratiques : le partage des locaux avec les enseignants, la difficulté pour la mairie de communiquer sur cette nouvelle filière animation.

Pour ce qui est des associations de centres de loisirs, il a fallu également s'adapter. “Avec 80 enfants, on parle déjà d'un gros centre de loisirs, alors, à l'échelle d'une école, c'est énorme. On a eu besoin de réadapter nos méthodes”, explique Christiane Zimer, responsable de la fédération des centres sociaux.

Autre problématique, le recrutement des animateurs, qui, s'il est complet, a été une belle épine dans le pied de la municipalité au moment de la mise en place de la réforme.

Les enfants de l'école Paul Painlevé pendant les activités ()

© Tim Douet

Moins de 50 % de Bafa

Aujourd’hui, si les effectifs sont au complet (malgré la démission de 3 directeurs de centres d'accueil, remplacés), tous les critères permettant d'obtenir l'agrément de centre de loisirs – donc une participation au financement par la CAF – ne sont pas remplis partout.

Le problème ne vient pas du taux d'encadrement, qui est respecté, selon Anne Brugnera : 1 animateur pour 14 enfants en maternelle, 1 pour 18 en primaire.

Le problème vient de la qualification des animateurs. Pour être dans les règles et obtenir l'agrément d'accueil de loisirs, il faut que 50 % minimum des animateurs soient titulaires du Bafa, 30 % en cours de formation, les 20 % restants pouvant ne pas avoir de qualification. Or, Anne Brugnera reconnaît qu'à l'échelle de la ville il y a moins de 50 % de titulaires du Bafa. “Certains centres d'accueil sont déjà certifiés et pour d'autres les procédures d'agrément sont en cours”, affirme Anne Brugnera, qui se montre confiante sur le fait que le taux de titulaires du diplôme d'animateur sera bientôt atteint. “Avec les demandes de toutes les villes pour l'encadrement des temps périscolaires, le marché des animateurs doit être totalement asséché”, explique-t-elle, annonçant que, depuis le début de l'année, 80 animateurs ont été formés pour les associations et 77 pour la Ville. “D'autres verront leur diplôme validé lors des prochaines vacances scolaires”, assure-t-elle, visiblement confiante.

Transferts de Bafa ?

Si on connaît les taux globaux, l'adjointe n'a en revanche pas pu dire si les titulaires du Bafa étaient plus ou moins nombreux dans les centres d'accueil gérés par la Ville ou dans ceux gérés par les associations. Toutefois, l'élue reconnaît que les services étudient la possibilité de déplacer certains animateurs, titulaires du Bafa, dans d'autres centres d'accueil pour permettre, centre par centre, d'atteindre le taux de 50 % qui ouvre l'agrément. “Je ne suis toutefois pas favorable à cette solution”, avoue-t-elle, estimant que cela ne va pas dans le sens de la consolidation d'une équipe pédagogique stable pour les enfants.

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