cécile Duflot
@Marie-Lan Nguyen

Immobilier : l’État brade dans le Grand Lyon

66 hectares de terrains publics nus et bâtis pourraient bientôt être vendus par l’État dans le Grand Lyon. La ministre du Logement souhaite que ces cessions se fassent avec une importante décote, voire gratuitement. Elle espère ainsi répondre à la pénurie de logements, et insuffler une nouvelle dynamique au secteur du bâtiment. Tour d’horizon du foncier de l’État bientôt bradé dans le Grand Lyon.

Lire aussi : Terrains de l'Etat à vendre dans le Rhône : la liste était fausse

Accélérer la vente du foncier public dans les zones tendues, quitte à casser les prix. C’est la volonté de Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, qui souhaite répondre à la pénurie d’habitations et insuffler une nouvelle dynamique au secteur sinistré du bâtiment, en favorisant la construction de logements, notamment sociaux. Dans cet objectif, certains terrains de l’Etat, nus ou bâtis, pourraient donc être vendus avec une forte décote pouvant aller jusqu’à la gratuité. En Rhône-Alpes, les services du ministère ont déjà répertorié 62 sites mobilisables. Parmi eux, 30 se trouvent dans les communes du Grand Lyon et représentent un total de plus de 66 hectares. Sur cette liste : casernes, résidences étudiantes et gares.

29 hectares à Rillieux

Les principaux sites étaient depuis longtemps identifiés. En juin 2011, Lyon Capitale en avait publié les estimations (voir Lyon Capitale n° 701). C’est notamment le cas pour la caserne Raby de Bron. Située à proximité du périphérique, cette ancienne caserne de gendarmerie comprend plusieurs bâtiments abritant quelques bureaux et surtout de nombreux logements, le tout sur un terrain de 158 000 m². A l’époque, son estimation oscillait entre 10 et 20 millions d’euros. L’ancien centre alimentaire du quartier Ostérode à Rillieux-la-Pape, dont la surface est de 290 000 m², apparaît également sur la liste fraîchement établie par le ministère. Elle représente un des plus gros biens en termes de surface. Au total, ce sont huit casernes qui pourraient être cédées dans le cadre de cette mesure. Parmi elles, la caserne de Sathonay-Camp, déjà en cours d’aménagement (110 000 m²) et une partie de la caserne Sergent-Blandan, pour une surface encore indéterminée. Viennent s’y ajouter les 1 683 m² de l’ancienne caserne Saint-Laurent dans le 1er arrondissement et 733 m² appartenant au ministère de la Défense dans le 6e.

La gare Saint-Paul vendue ?

La SNCF et Réseau Ferré de France sont tous les deux mis à contribution. Dans le Grand Lyon, ils seraient prêts à céder 22,3 hectares, dont la gare de Couzon, celle de Saint-Paul dans le 5e arrondissement de Lyon et une partie de la zone marchandises de la gare de Perrache. Les modalités de ces cessions sont encore assez floues et il est difficile, notamment en ce qui concerne les gares, de savoir s’il s’agit d’une vente des bâtiments dans leur ensemble ou seulement d'une partie. Du côté du ministère des Transports, on assure en tout cas que "des réflexions approfondies pour la relocalisation des installations techniques (dépôts de bus, installations ferroviaires…) seront nécessaires".

Le Crous

41 000 m² au minimum, provenant des biens du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche devraient également être cédés. Il s'agit, pour la majeure partie, de terrains du Crous, par exemple une partie du terrain de la résidence Mermoz, dans le 8e (2,3 ha). Le ministère du Travail et la DDE en céderaient aussi. D’ici à 2016, le Gouvernement prévoit en France la cession de 930 sites, qui représentent 2 000 hectares de terrains publics et verraient la construction de 110 000 logements.

--------------

La liste des biens susceptibles d’être vendus

BRON – Ex-caserne RABY, 158 292 m²
COUZON-AU-MONT-D’OR – Gare, 6 291 m²
GIVORS – Gare, 3 000 m²
IRIGNY – Le Chapoly, 4 963m²

LYON
– Gare Saint-Paul
LYON 1er
– Ex-caserne Saint-Laurent, 1 683 m²
– Perrache marchandises, 1 140 m²
LYON 2e
– Anciennes prisons Saint-Paul - 19 885 m²
– 16 rue Général-Plessier, 150 m²
– Zac Confluence Phase 1 dont SNCF Perrache marchandises, 4 127m²
LYON 4e
– Boulevard des Canuts, 200 m²
LYON 6e
– 14 bis quai Sarrail
– 53-55 rue de Créqui, 733 m²
LYON 7e
– Résidence Les Quais, 5 000 m²
– 19 rue Lieutenant-Colonel-Girard, 1 356 m²
– Caserne Sergent-Blandan
LYON 8e
– Résidence Mermoz CROUS, 23 026 m²
– 27 avenue Paul-Santy, 4 051 m²

OULLINS – 53-57 rue Charton, 4 672 m²
RILLIEUX-LA-PAPE – Ancien centre alimentaire, 287 000 m²
SAINT-GENIS-LAVAL – Ancienne gendarmerie, 3 678 m²
SATHONAY-CAMP – ZAC de Castellane, 110 000 m²
VENISSIEUX – Gare rue Victor-Hugo, 2 900 m²

VILLEURBANNE
– Bâtiment Valentin-Haüy, 12 810 m²
– Résidence Jussieu

à lire également
Collomb et Mercier
Dans une tribune, Martin Vanier et Daniel Béhar, de l’École d’urbanisme de Paris, ont critiqué la création de la métropole de Lyon et les conséquences que celle-ci entraînera.
4 commentaires
  1. FOurs - 7 septembre 2012

    bon article. Par contre si l'état vend des résidences du CROUS (quid de la pénurie de logements étudiants ?), c'est pour faire quoi ? les démolir ? les passer au privé ? ce n'est pas clair.

  2. JC - 7 septembre 2012

    Oui, c'est incompréhensible en l'état...

  3. eilage - 7 septembre 2012

    oui ça c'est un bon article ... ça faisait longtemps !

  4. Bmo69 - 8 septembre 2012

    Juste un truc.... La casern Blandan a été vendue au grand Lyon il y a plusieurs années et est en train d'etre aménagée en parc urbain...

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut