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Après Montpellier, des tensions à l’université Lyon 2

Le lendemain de l’évacuation manu militari d’étudiants à Montpellier, des enseignants de Lyon 2 ont été surpris de se heurter à une "forme de répression" de la part de leur présidence alors qu’ils voulaient apporter leur soutien aux étudiants agressés.

Ambiance tendue à Lyon 2 après l’épisode du 22 mars à Montpellier, où des étudiants qui protestaient contre la réforme des universités se sont vus évacuer par une milice cagoulée et armée de bâtons. Pour la fête du droit le lendemain des agressions, l’Université accueillait notamment l’ancien doyen de la faculté de droit de Montpellier, accusé par des étudiants d’avoir ouvert la porte de l’amphithéâtre et de ne pas avoir condamné les violences qui ont suivi.

La venue de Philippe Pétel à Lyon 2 met les feux aux poudres

Opposés à sa venue à Lyon 2, 80 étudiants et 5 enseignants ont décidé de se mobiliser et ont interrompu la cérémonie. "Il y avait plusieurs doyens. Nous espérions le soutien d’au moins certains d’entre eux. Nous voulions leur faire prendre position sur les agissements de Philippe Plétel, qui avaient déjà été médiatisés. Nous connaissions ses positions", explique l’un des enseignants de Science Politique Lyon. Leur mobilisation n’a pas fait l’objet d’un accueil favorable.

Après avoir mis un terme à la fête du droit, le doyen de la faculté de droit de Lyon 2 a déclaré que "prendre les outils et les armes de ceux que l’on combat n’est jamais une solution". Quant à la présidence de Lyon 2, elle a qualifié dans un communiqué cette mobilisation d’"acte de violence". Selon des professeurs, la présidente n’aurait cependant eu que la version du doyen de la faculté de droit. Des réactions condamnées dans une tribune sur Médiapart par une vingtaine de professeurs.

Une tribune pour refuser la réforme des universités

Les auteurs de la tribune voient chez la présidente et le doyen de droit de Lyon 2 une volonté de délégitimer l’action des étudiants. "Cette réaction vient à la fois minimiser les agissements fascistes à Montpellier et criminaliser une mobilisation universitaire. […] Ces amalgames s’inscrivent dans une volonté de répression du mouvement" peut on lire.

"Nous dénonçons le fait que notre action pacifique ait été mise sur le même pied d’égalité avec les agressions physiques qui ont eu lieu à Montpellier" explique à Lyon Capitale l’enseignant de Science Politique. Au delà de cet événement, la tribune appelle les enseignants à s’engager auprès des étudiants contre la réforme de l’université. "Il y a un rapport de force à tenir pour que des actions contre la réforme puissent continuer à être menées. La prise de position est délicate à cause de la précarité de la situation de beaucoup d’enseignants, mais nous voulons appeler le personnel étudiant à une responsabilité du mouvement", souligne l’enseignant.

Une prochaine mobilisation est prévue le 3 avril. Le cortège d’étudiants et d’enseignants se joindra à ceux des cheminots et du service hospitalier.

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