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14 juillet à Lyon : prise de la Bastille, fête de la Fédération, que célèbre-t-on, exactement ?

Ce mercredi à Lyon, les festivités du 14 juillet reprennent après avoir été annulés l'an dernier : feux d'artifice, défilé militaire, bals populaires... L'occasion de s'interroger sur l'origine de cette fête nationale.

Ce 14 juillet, à Lyon, auront notamment lieu un défilé militaire place Bellecour et un feu d'artifice lancé depuis Fourvière (et d'autres dans toute la Métropole). Après cette année "manquée" que fut 2020, les festivités reprennent : l'occasion de revenir sur l'histoire du 14 juillet (1789 et 1790) de l'évènement à sa célébration.

Le 14 juillet 1789

Le 14 juillet 1789 est l'un des évènements inauguraux et fondateurs de la Révolution française. Raconté, encensé, mythifié, connu dans le monde entier, l'évènement en lui-même reste pourtant assez mal connu.

Ce jour-là, des émeutiers parisiens s'en prennent à la forteresse et prison de la Bastille, à Paris. Première intervention d'ampleur du peuple dans le trouble politique qui s'était installé depuis l'ouverture des Etats généraux (le 5 mai 1789), l'évènement est un tournant radical dans la révolution, et connait un retentissement considérable dans les cours étrangères.

Toutefois, en réalité, cette date est moins restée dans les mémoires pour son impact réel que pour son symbole.

En prenant la prison de la Bastille, les insurgés s'en prennent ainsi au pouvoir absolu et à l'arbitraire royal. C'est « l'éveil de la liberté » dit Victor Hugo : « la chute de la Bastille, c'est la chute de toutes les Bastilles ", s'exclame-t-il le 3 juillet 1880, "Le 14 juillet marque la fin de tous les esclavages, c'est la fête de toutes les nations. ». 

Néanmoins, concrètement, cette insurrection est loin d'être un succès. Les émeutiers furent non seulement déçus de ne trouver, d'une part, que sept prisonniers, mais ils subirent également de lourdes pertes : une centaine de mort et presque autant de blessés.

Célébrer le "14 juillet"

Entre 1789 et 1799, nombreuses "fêtes révolutionnaires" rappelant les évènements marquants de la Révolution ont été célébrées : l'idée est d'ancrer de la Révolution dans une nouvelle tradition en faisant "table rase du passé" (le calendrier républicain qui fait de 1789 "l'an I de la Liberté" s'insère dans la même idée).

Parmi ces célébrations, la "Fête de la Fédération" du 14 juillet 1790 fut la plus fameuse : jour où Louis XVI prête serment à la nation en présence des députés de département sur le Champ-de-Mars, à Paris. En réalité, la Fête nationale que nous célébrons fait référence à cet évènement et non pas à celui de 1789, pour transmettre un symbole d'union nationale plutôt que de révolution populaire.

A Lyon, une Fête de la Fédération fut également célébrée sur le modèle de celle de Paris sur la colline des Brotteaux.

La Fête nationale

Une loi promulguée le 6 juillet 1880 fait finalement du 14 juillet (1790) une Fête nationale annuelle, après -entre autres- le célèbre discours prononcé par Victor Hugo le 3 juillet 1880.


"Cette fête est une fête populaire. Voyez la joie qui rayonne sur tous les visages, écoutez la rumeur qui sort de toutes les bouches. C’est plus qu’une fête populaire, c’est une fête nationale. Regardez ces bannières, entendez ces acclamations" Victor Hugo, Discours au Sénat du 3 juillet 1880


D'autre dates auraient pu être choisies : l'ouverture des Etats Généraux (le 5 mai 1789), le serment du Jeu de Paume (le 20 juin), l'abolition des privilèges (le 4 août), ou encore la prise des Tuileries qui mène à la fin de la royauté (le 10 août 1792).

Toutefois, s'agit-il de se rappeler du contexte. En 1880, la jeune IIIe République n'a pas encore dix ans et la France a connu, tout au long du XIXe siècle, une mosaïque de régimes dont deux Empires, une brève Deuxième République et surtout, plus de trente ans de monarchie.

En somme, s'agissait-il de choisir un symbole réunificateur, et non pas conflictuel : célébrer le 14 juillet de 1790 plutôt que celui de 1789 allait dans ce sens, même si, aujourd'hui, cette différence nous semble insignifiante.

Et à Lyon ?

A Lyon, ce même 14 juillet 1789, s'est produit la prise du château de Pierre Scize, bien moins connue et bien moins retentissante (plus de détails ici) : le bâtiment a en tout cas cela de comparable avec la Bastille qu'il n'existe plus aujourd'hui.

Pendant la Révolution, Lyon sera néanmoins bien davantage connu en tant que bastion contre-révolutionnaire victime de la Terreur. En 1793, lors du siège de Lyon, des centaines d'exécutions ont lieu place Bellecour et sur la colline des Brotteaux, provoquant l'exode de milliers d'habitants. La ville Lumière a bien failli être rayée de la carte : elle perd même son nom momentanément, jusqu'à la chute de Robespierre.

Lire aussi : "Tout ce qu'il faut savoir sur le feu d'artifice "arc-en-ciel" du 14 juillet à Lyon"

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