Régionales : Jean-Jack Queyranne planté par une quinzaine de colistiers

18 colistiers de Jean-Jack Queyranne pour les régionales de décembre viennent de se retirer de la course. Parmi eux, Caroline Collomb, la femme du maire de Lyon, Jérôme Sturla, l’ancien maire de Décines, et Sarah Peillon, conseillère régionale sortante, ou encore Hubert Julien-Laferrière, le maire du 9e arrondissement de Lyon.

Planté. Jean-Jack Queyranne doit se sentir bien seul, ce mardi soir. 18 colistiers du président-candidat viennent de le lâcher à quelques mois du scrutin pour élire le premier exécutif d’Auvergne-Rhône-Alpes. Quatorze des démissionnaires étaient présents sur la liste socialiste de la métropole, notamment Caroline Collomb, Jérôme Sturla, l'ancien maire de Décines, Sarah Peillon, conseillère régionale sortante, ou encore Hubert Julien-Laferrière, le maire du 9e arrondissement de Lyon. Le président du conseil régional doit également faire avec quatre défections dans le nouveau Rhône.

Cette vague de désistements révélée par Le Progrès marque le point culminant des tensions entre le Parti socialiste du Rhône et Jean-Jack Queyranne.

"Si le premier des socialistes dispose d'une latitude légitime dans l'élaboration de ses listes, celles-ci ne sauraient se faire au mépris des valeurs de notre parti ni du vote des militants, et sans une représentation acceptable des socialistes d'au moins 50 %", écrit le premier fédéral David Kimelfeld dans un message aux militants socialistes ce mardi soir.

Jean-Jack Queyranne a toujours défendu l'idée d'une liste formée à 50 % de socialistes et à 50 % de personnes de la société civile. "Gérard Collomb a fait pareil lors des municipales et il y avait parfois moins de 50 % de socialistes", glissait le patron du conseil régional à Lyon Capitale, il y a quelques jours.

Boudaoud, “l’arbre qui cache la forêt”

À cette bisbille sur la teneur en socialistes des listes, il faut ajouter plusieurs points d'achoppement. Dans le bras de fer qui s'est engagé il y a plusieurs semaines déjà, le président sortant du conseil régional n'a jamais cédé. Il avait par exemple confirmé à Lyon Capitale que Farida Boudaoud, vice-présidente du conseil en charge de la culture, exclue du PS pour s'être présentée en dissidente aux municipales de Décines-Charpieu, serait bien en deuxième position.

Or les socialistes de la métropole ont fait de la présence de Farida Boudaoud un casus belli. "Sa présence est inacceptable sur une liste PS. Il est hors de question d'être sur une liste avec elle. C'est une décision que nous avons prise collectivement", précise Jérôme Sturla, le candidat PS battu aux municipales de 2014 à Décines-Charpieu et démissionnaire.

"Farida Boudaoud est l'arbre qui cache la forêt", note Jérôme Safar, directeur de campagne de Jean-Jack Queyranne.

Une porte de sortie pour Caroline Collomb ?

"Sa présence sur la liste ne suffit pas à expliquer ce retrait massif. Les Lyonnais se sont retirés sur ordre de Gérard Collomb. Il l'a peut-être fait pour trouver une porte de sortie à son épouse. Caroline ne pouvait pas partir seule", note un cadre socialiste qui ne s'imaginait pas qu'une vingtaine d'élus mettraient leur menace à exécution. Contactée ce mardi soir, Caroline Collomb n'a pas souhaité réagir.

"J'espère que ce n'est pas une fenêtre de sortie pour Caroline Collomb. Ce ne serait pas brillant. Mais je ne comprends pas l'intérêt de Gérard Collomb à tuer Jean-Jack Queyranne, ce qu'il fait actuellement. Les socialistes qui se retirent massivement d'une élection comme celle-là, c'est une erreur politique. On a quand même une idée de ce que l'on souhaite pour l'avenir et elle devrait primer. Gérard Collomb facilite le travail de Wauquiez", déplore un autre élu socialiste.

“C’est désolant”

Alors que la guerre menaçait avec le maire de Lyon, Jean-Jack Queyranne ne s'était pas montré conciliant ces derniers jours. "Le PS doit veiller à être ouvert et accueillant. Le rassemblement ne veut pas dire l'exclusion. Le visage du PS n'est pas de déclarer que tel ou tel sont des parias", avait balayé Jean-Jack Queyranne, qui ne s’émouvait pas non plus d'un éventuel départ de Caroline Collomb de ses listes. Reléguée de plus en plus bas dans les listes, faute au maintien de Farida Boudaoud et à l'entrée de la centriste Anne-Sophie Condemine, celle-ci envisageait de retirer sa candidature.

"Caroline Collomb a sa place sur nos listes. À elle de choisir. Elle envoie plein de messages pour dire qu'elle ne veut pas venir. Elle ne m'a pas montré une grande envie de participer", avait sèchement commenté le président de la région.

Ce mardi soir, c'est sur ce registre qu'appuie Jérôme Safar, directeur de campagne de Jean-Jack Queyranne : "Depuis le début de la campagne, aucun des 14 qui se retirent n'a été vu en train de faire de campagne. C'est désolant, mais la campagne continue. Jean-Jack Queyranne va continuer. Leur départ semble définitif, mais il y aura une liste complète. La nature a horreur du vide, surtout en politique. On ne peut pas retenir des gens qui n'ont pas envie de faire campagne contre la droite extrême et l'extrême droite."

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