Théâtre : King Kong Théorie de Virginie Despentes au TNP


Par Caïn Marchenoir
Publié le 02/05/2017  à 11:36
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Vanessa Larré donne trois voix et trois corps à l’essai de Virginie Despentes.

King Kong Théorie, de Virginie Despentes – Mise en scène Vanessa Larré © François Berthier
© François Berthier
King Kong Théorie, de Virginie Despentes – Mise en scène Vanessa Larré.

 

“Despentes s’est mise en situation de se faire haïr par les philosophes autant que par les psys, et par les dames patronnesses autant que par les chiennes de garde. Le bonheur, quoi…” écrivait Pierre Marcelle dans Libération. King Kong Théorie n’est pas seulement un livre atterrant de bêtise, un monument d’incompétence, un espace où toute pensée se fige sur place, glacée jusqu’à l’ultime neurone par le degré zéro. De chaque ligne suinte en outre une haine féroce pour l’Autre”, répondait Éric Naulleau dans Le Matricule des anges…Les réactions à la sortie de King Kong Théorie, publié en 2006, étaient contrastées. Entre récit biographique et réflexion philosophique, Virginie Despentes y tentait de définir un nouveau manifeste du féminisme, du moins selon les termes – contestés par l’auteure – de son éditeur (Grasset). Elle y retrouve des sujets qu’elle connaît parfaitement : l’expérience de la prostitution, le trauma lié au viol et l’exploration des milieux et des pratiques pornographiques. À travers sa propre expérience, elle interroge de manière frontale la sexualité féminine et la définition originelle du féminin. “J’écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n’ont pas envie d’être protecteurs, ceux qui voudraient l’être mais ne savent pas s’y prendre, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l’idéal de la femme blanche séduisante qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu’il n’existe pas”, affirme-t-elle. Dans sa mise en scène, Vanessa Larré a opté pour une répartition à trois voix, à trois corps de ce texte qui n’était pas écrit, ni même pensé, pour le théâtre. Les trois actrices (Anne Azoulay, Valérie de Dietrich et Barbara Schulz, qui sera remplacée au TNP par Marie Denarnaud) livrent sans fioriture, sans excès démonstratifs la violence d’un texte qui se suffit à lui-même.

King Kong Théorie – Du mardi 2 au samedi 6 mai à 20h30, au TNP.
Discussion avec des psychanalystes à l’issue de la représentation, mercredi 3 mai.
> Rencontre avec des membres de l’équipe à l’issue de la représentation, jeudi 4 mai.
> En lien avec le spectacle, le cinéma Comœdia propose une projection de Baise-moi (de Virginie Despentes et Coralie Trinh Thi), samedi 6 mai à 11h15, en présence de Vanessa Larré

 

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