Zombie after all

Loin des plaisirs morbides de l'expo Our Body, le Festival International du Zombie s'apprête à déverser son flot d'hémoglobine et de bonne humeur sur la cité rhodanienne.

Peu importe son style de zombie, du genre sympa cool qui traine un peu la pate, au salement agressif, plus speed qu'un Dechavanne défoncé à la cocaïne, le Festival International du Zombie s'adresse à tous : néophytes et aficionados. La volonté du comité d'organisation, l'A.O.A. (Artistes. OFNIaques. Associés), est claire : proposer du cinéma de genre à Lyon et le faire avec panache, lors de soirées originales. Pas vraiment la peine d'analyser leur démarche, Julien Pouget, le directeur de la manifestation, prétend délaisser la dimension sociale et politique de ce genre horrifique et préfère n'en conserver que le fun. Et question fun, l'association n'en est pas à son coup d'essai. Après sept soirées Nanard le Barbare, deux Nuit des arts Ninja et une consacrée au Mexique, la structure passe un cap et propose un événement plus ambitieux avec un budget global pourtant guère plus florissant qu'une solde de smicard. Encore une manifestation liée au 7e art qui fonctionne à l'énergie, avec beaucoup d'humour et un amour profond du cinéma bis.
Le culte à la dent dure
Pour cette première édition, le Festival International du Zombie s'articule autour de deux films d'horreur cultes projetés au Cinéma Opéra. Qui de mieux que George Romero pour lancer les hostilités ? Le réalisateur a su insuffler une véritable dimension morale, sociale et politique à ce genre cinématographique (voir encadré) et Zombie, sorti aux Etats-Unis sous l'appellation Dawn of the Dead, ne déroge pas à la règle. Il met en exergue la société de consommation, critique ô combien cinglante à sa sortie à la fin des années 70. L'autre soirée rendra hommage au cinéma italien très prolifique dans les années 80. L'au delà, de Lucio Fulci est sans doute l'une des œuvres majeures du réalisateur Romain. Ultra réaliste dans sa barbarie, totalement onirique dans sa narration, décrié à sa sortie, le film est aujourd'hui considéré comme un chef d'œuvre du genre et dégage une atmosphère morbide très particulière.

Zombie Parade
En parallèle de ces deux soirées ciné, le festival propose différentes animations pour amuser un public curieux lors de trois journées de festivités avec, comme leitmotiv, la gratuité. Au programme : des courts-métrages, une after à la Belle équipe, sur les pentes de la Croix-Rousse, avec une expo et la projection de Zombie King, de Stacey Case (un nanar du meilleur effet qui mélange subtilement morts-vivants et catcheurs Mexicains). Une soirée de clôture au Ninkasi en image et en musique avec le groupe Tawah. Et, clou du spectacle, un Zombie Day, joyeuse marche de morts-vivants le long des berges du Rhône, avec pas loin de 200 participants attendus et déguisés sur place par une poignée de maquilleuses. Du succès de l'édition naîtra peut-être une biennale du Zombie à Lyon. Pour l'année prochaine, les organisateurs ont déjà une autre idée en tête. Ils désirent mettre un tout autre genre à l'honneur et l'on pourrait bien voir débarquer, entre Rhône et Saône, un festival dédié au Space opéra. Avis aux amateurs de science-fiction.

Festival International du Zombie. Du 5 au 7 juin à Lyon.

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