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Le Sonic et la scène “underground” lyonnaise jugés trop bruyants

C’est l’un des derniers lieux de musiques alternatives et indépendantes à Lyon. Le Sonic, la péniche des quais de Saône bien connue des noctambules, est menacé de sanctions par la Ville de Lyon, qui juge le lieu trop bruyant.

C’était il y a seulement deux jours. Mardi soir, Lyon était élue en grande pompe “ville nocturne française 2015” lors de la 21e édition des Trophées de la nuit au Lido, à Paris. Lyon Capitale y consacrait même une enquête dans son numéro de juillet-août, écrivant que Lyon devenait “une ville qui compte” dans le milieu noctambule hexagonal.

Vingt-quatre heures plus tard, le Sonic, l’un des lieux emblématiques de la scène alternative et musicale lyonnaise, annonce qu’il pourrait être menacé de fermeture par la Ville de Lyon, qui juge le lieu trop bruyant.

“Alors que nous traversons une période difficile où la culture est plus que jamais un rempart contre la barbarie, le Sonic est en danger. Suite à un contrôle des services de l'Ecologie urbaine (service municipal de la Ville de Lyon) qui a entraîné un courrier de la préfecture, il est reproché au Sonic d'être un club (existant depuis bientôt dix ans) dans lequel se produisent des groupes de rock (mais pas que) internationaux (2 500 concerts environ) qui jouent parfois à un fort volume”, alerte Stéphane Bony, le directeur de la péniche lyonnaise sur sa page Facebook.

Contactée, la Ville de Lyon confirme l’information, tout en la relativisant. “Ce n’est pour l’instant qu’un avertissement. Il y a eu effectivement une inspection des services de l’Ecologie urbaine, qui a relevé des dépassements de la limite sonore, qui est de 105 décibels pour les salles de concert, explique une attachée de presse à la mairie. Si le dépassement se reproduit, il pourrait y avoir des sanctions de la cellule de veille, mise en place dans le cadre de la Charte de la vie nocturne.”

Lancée en 2006 par la Ville de Lyon, la Charte de la vie nocturne a pour objectif de “concilier toutes les facettes de la vie nocturne : animation, distraction, mais également tranquillité publique et sécurité”.

“Le Sonic, c’est un peu l’anti-Sucre”

Péniche des quais de Saône située près de l’échangeur de Perrache, le Sonic est l’un des derniers lieux alternatifs de la nuit lyonnaise. Il accueille depuis 2006 des concerts électro ou rock de la scène “underground” internationale. “C’est l’un des rares lieux à Lyon où il y a une résistance culturelle et musicale. Malgré l’étroitesse du lieu, il accueille des groupes internationaux, comme encore récemment Thurston Moore, chanteur et guitariste de Sonic Youth, groupe qui a même donné son nom au club, explique sous couvert d'anonymat un employé du Sonic. C’est un lieu populaire, où les entrées de concert et la bière ne sont pas chères. Le Sonic, c’est un peu l’anti-Sucre* sur le côté économique et social. Il va chercher du côté de la culture underground de Berlin des années 1980.”

* Club branché de la Confluence, géré par l’association Arty Farty, organisatrice des Nuits sonores.

Au directeur du Sonic, Stéphane Bony, de conclure, sous forme d’alerte sur Facebook : “La question qui nous a servi de motivation de départ se pose à nouveau : est-il possible de faire exister sur le long terme un club rock en France dans le contexte législatif actuel ?”

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1 commentaire
  1. capitaine papy - 27 novembre 2015

    Encore un truc qui va disparaître pour nos jeunes! ça devient lamentable dans ce pays, dès que qq chose devient un peut trop festif, ont trouve tous les moyens pour l'interdire.

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