Gérard Collomb saborde le sauvetage du musée des Tissus

La mairie et la métropole de Lyon n’ont pas participé à la réunion de sauvetage du musée des Tissus qui avait lieu ce vendredi à la préfecture, en présence du préfet, d’Emmanuel Imberton (CCI) et de Florence Verney-Carron (conseil régional). Une “politique de la chaise vide” qui assombrit l’avenir du musée.

Préfecture du Rhône, 4 novembre 2016 – Réunion de sauvetage du musée des Tissus © Tim Douet

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Préfecture du Rhône, 4 novembre 2016 – Réunion de sauvetage du musée des Tissus.
Le préfet Michel Delpuech à la préfecture du Rhône le 4 novembre 2016 © Tim Douet

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Michel Delpuech, préfet du Rhône.

Ce vendredi matin avait lieu, sous les ors de la République à la préfecture du Rhône, une énième réunion sur le sauvetage du musée des Tissus. Réunion à laquelle la mairie de Lyon et la métropole ont brillé par leur absence. Une absence regrettée par tous les acteurs présents, à commencer par le préfet.

“Nous déplorons la non-participation de la métropole, a déclaré Michel Delpuech. S’ils ne sont pas venus, c’est qu’ils ne voulaient pas venir. Les absents ont toujours tort et la politique de chaise vide n’est jamais la meilleure de mon point de vue.” Gérard Collomb aurait prévenu le préfet ce jeudi soir sans plus d’explications.

Un blocage et quelques propositions

Florence Verney-Carron, vice-présidente à la culture du conseil régional, à la préfecture du Rhône le 4 novembre 2016 © Tim Douet

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Florence Verney-Carron.

“On a été extrêmement surpris par l’absence de la métropole de Lyon et de la Ville de Lyon, qui n’ont pas précisé les raisons pour lesquelles [elles] n’ont pas assisté à la réunion de ce matin. On attend de savoir de façon plus précise pourquoi [elles] ont pratiqué cette politique de la chaise vide. Est-ce que c’est une marque de désintérêt ou une volonté de se désengager du dossier ?”, a renchéri Florence Verney-Carron, la vice-présidente à la culture du conseil régional. Personne à la ville ou à la métropole n’a été joignable pour expliquer cette défection.

En cette absence, quelques avancées ont tout de même été présentées. Les contours de l’association qui va gérer le musée ont ainsi été précisés aux différents acteurs. Un fonds de dotation va être créé et un cabinet spécialisé mandaté pour proposer une vision d’avenir et un projet scientifique et culturel pour le musée.

Comme l’État, qui a proposé d’apporter 300 000 euros par an pendant trois ans, le conseil régional s’est dit prêt à participer aux frais de fonctionnement du musée – contrairement à ce qu’il disait jusque-là. Le montant de cette participation cependant “n’a pas été fixé”, a tempéré Mme Verney-Carron.

Le musée en sursis

Emmanuel Imberton, président de la CCI, à la préfecture du Rhône le 4 novembre 2016 © Tim Douet

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Emmanuel Imberton.

Ce n'est pas la première fois que la ville est absente à l'une de ces réunions de sauvetage”, rappelle un acteur proche du dossier. Pourtant, à l’approche de la fin de l’année et du désengagement total de la CCI, cette défection de la mairie a complètement paralysé les débats. Chaque acteur conditionnant sa participation à celle des autres, personne n’a été en mesure de valider une décision forte sur le financement.

“Le ministre, la Région, la CCI et Unitex ont tous dit que sans engagement de la Ville et de la métropole, ils ne voient pas de possibilité de concevoir un avenir pour ce musée. Il arrivera un moment où il faudra en tirer les conclusions”, assure Michel Delpuech. “À partir du moment où la métropole n’est pas présente, la situation est bloquée”, renchérit le président de la chambre de commerce.

Si Gérard Collomb poursuit sa politique de la chaise vide, ce sera la fin du musée des Tissus, laissent entendre les différents acteurs. Emmanuel Imberton s’est d’ailleurs dit “pessimiste sur l’avenir de ce musée”. “On tourne en rond et j’ai l’impression d’être une balle de tennis ballottée entre les uns et les autres”, a-t-il ajouté.

Le préfet a de son côté parlé de “sursis”. Le cabinet spécialisé doit rendre son rapport en février. D’ici là, “soit les partenaires – État, ville et région – arrivent à se mettre d’accord, soit le musée devra fermer”, a conclu le président de la CCI.

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