Casse-Noisette Verbruggen Ballet Genève
© GTG Gregory Batardon

Danse : Le Casse-Noisette surréaliste de Jeroen Verbruggen

La Maison de la danse nous offre une version surréaliste de Casse-Noisette, chorégraphiée par le jeune Belge Jeroen Verbruggen, avec des costumes créés par les stylistes de Lady Gaga.

Casse-Noisette – ballet du Grand Théâtre de Genève, chorégraphie Jeroen Verbruggen © GTG Gregory Batardon

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Casse-Noisette – ballet du Grand Théâtre de Genève.

Formé au classique, le danseur belge surdoué Jeroen Verbruggen fait figure de rebelle dans le milieu de la danse classique, qu’il dépoussière par son grain de folie. Son parcours est brillant. Il commence la danse à l’âge de 13 ans à l’école royale du Ballet de Flandre, qui le mène au Ballet de Monte-Carlo, où il est nommé premier danseur. Il interprète des rôles-titres dans Cendrillon, Roméo et Juliette, tout en dansant pour des chorégraphes invités comme Sidi Larbi Cherkaoui, William Forsythe ou Emio Greco.

De Kill Bambi à Tchaïkovski

L’envie de chorégraphier, Jeroen Verbruggen l’a depuis tout petit et il s’y essaie à plusieurs reprises jusqu’à ce qu’en 2012 Jean-Christophe Maillot, le directeur du Ballet de Monte-Carlo, lui commande sa première grande pièce, Kill Bambi. Les projecteurs sont désormais posés sur sa capacité à écrire pour des compagnies et en juillet 2014, à 31 ans, il met fin à sa carrière de danseur.

Avec un sentiment de liberté recouvrée, Jeroen Verbruggen a accepté le défi de revisiter le Casse-Noisette de Tchaïkovski pour le ballet du Grand Théâtre de Genève. “On m’a toujours poussé vers le classique, dit-il. Mais je pense que je n’étais jamais là, en fait. J’ai gagné beaucoup de prix et pourtant j’ai toujours trouvé que c’était trop dans la boîte. J’étais doué pour cette danse mais je me sentais comme un rebelle, car je ne faisais jamais les choses comme il fallait.”

On le devine, sa version de Casse-Noisette sera différente, décalée et baroque, sous l’influence esthétique de deux stylistes de renom : Livia Stoianova et Yassen Samouilov, de la maison de couture On aura Tout Vu. Célèbres dans le monde entier pour avoir collaboré avec les marques Saint Laurent, Lacroix, Rabanne, ils le sont aussi dans le monde de la musique avec la création des costumes de Madonna et de Lady Gaga.

Jeroen Verbruggen, lui, se frotte pour la première fois à une grande compagnie néoclassique, rompue au langage contemporain et composée de vingt-deux danseurs qu’il ne connaît pas.

Un Casse-Noisette festif, surréaliste et obscur

Sara Shigenari (Marie) et Nahuel Vega (le prince des Noix) dans “Casse-Noisette” – ballet du Grand Théâtre de Genève, chorégraphie Jeroen Verbruggen © GTG Gregory Batardon

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Sara Shigenari (Marie) et Nahuel Vega (le prince des Noix)

“Lorsque j’ai annoncé que je ne voulais pas faire Noël comme c’est écrit dans le livret, on m’a pris pour un fou. On connaît tellement bien les musiques et les images qui y sont associées que je ne voulais absolument pas aller dans cette direction. J’ai gardé l’esprit de Noël, mais j’ai voulu une ambiance proche du film The Nightmare before Christmas* avec Tim Burton, avec un côté festif, surréaliste mais aussi obscur. J’ai enlevé les flocons de neige qui se transforment en bris de glace, j’ai gardé le sapin qui pousse, même si ce n’est pas vraiment un sapin. J’ai conservé les moments magiques en les utilisant en fonction de la manière dont j’avais envie de raconter l’histoire.”

* L’Étrange Noël de Monsieur Jack.

La version du chorégraphe se concentre sur Marie, une jeune femme intriguée par sa féminité, mal dans sa peau, à la recherche de son identité et qui ressemble à un garçon manqué, avec à ses côtés sept copines hyper féminines qui se moquent d’elle. “La vraie ligne de la pièce, précise Jeroen Verbruggen, c’est que, pour aimer quelqu’un, il faut s’aimer soi-même.”

La danse de ce Casse-Noisette évoque un néoclassique contemporain avec une gestuelle qui emprunte aussi au folklore et à l’Orient, à l’intérieur d’une scénographie illuminée par la préciosité des costumes.

Casse-Noisette, par le ballet du Grand Théâtre de Genève
Du 9 au 18 décembre, à la Maison de la danse.

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