Ain : saluts nazis observés au Ragnard Rock Festival

Le festival faisait polémique à cause de sa programmation qui présentait des groupes NSBM (National Socialist Black Metal). Dénoncé par SOS Racisme, le Ragnard Rock Fest a pourtant bien eu lieu du 21 au 24 juillet à Simandre-sur-Suran, après la confirmation du préfet de l’Ain. Pourtant, des spectateurs ont effectué des saluts nazis durant le concert de Graveland, une des têtes d’affiches controversées.

La LICRA et Agir pour l’Egalité - SOS Racisme se sont associés pour dénoncer dans un communiqué de presse ces "comportements contraires à nos lois et aux valeurs de la République". "La venue de néonazis au Ragnard Rock Festival était prévisible", estiment les deux organismes.

Le Progrès a en effet révélé dans son article du 25 juillet que parmi la dizaine de milliers de festivaliers, "certains spectateurs faisaient le salut nazi" et d’autres portaient des "tee-shirts de la Wehrmacht –l’armée du IIIe Reich". Ces incidents se sont déroulés durant le concert controversé du groupe polonais Graveland, interdit dans de nombreux pays.

Des actes, certes isolés, pour ce festival réputé pour son ambiance familiale et chaleureuse, mais qui ont entaché la réputation du Ragnard Rock et ont accentué les suspicions concernant la Compagnie d’Edoras, organisatrice de l’évènement.

Des engagements non respectés :

Le préfet de l’Ain avait en effet autorisé le festival viking, mais sous certaines conditions. Le comité d’organisation avait promis au préfet de se tenir à certains engagements afin que le festival se déroule bien. Il s’était engagé entre autres à “ce qu’aucune chanson ne véhicule des idées de haine raciale et à tendance politique, de même s’agissant des visuels et des décors”. De plus, si des limites sont dépassées, le comité s’engageait à “expulser toute personne, y compris artiste, qui aurait un comportement inapproprié pendant le festival, et à signaler son identité à la gendarmerie le cas échéant”.

SOS Racisme et la LICRA considèrent que la Compagnie d’Edoras a failli à ses engagements, car "l'expression de la haine raciale et des symboles du nazisme ont pu prospérer".

"Tolérance zéro" pour l’incitation à la haine raciale :

Après le constat que le comité d’organisation a failli à ses engagements, les deux organismes estiment que "sur la base de l'article 212-1 du Code de la Sécurité intérieure, la question de la dissolution de la Compagnie d'Edoras est clairement posée". À travers cette déclaration, c’est la question de l’avenir du festival en lui-même qui est posée.

La LICRA et SOS Racisme ont signalé immédiatement les faits au Procureur de la République de Bourg-en-Bresse, tandis que la préfecture de l’Ain a annoncé que les procès-verbaux des forces de l’ordre, présents sur le festival pour la sécurité, seraient aussi transmis au Procureur. Reste à savoir comment retrouver les festivaliers qui ont commis les infractions…

Dès lors, les deux organismes concluent en soulignant que dans notre contexte troublé, "il importe aujourd'hui de tirer les leçons de ce qui s'est passé ce week-end dans l'Ain en appliquant désormais à l'égard de l'incitation à la haine raciale un principe simple : la tolérance zéro".

à lire également
Cathy Bouvard, aux Subsistances, en octobre 2018 © Tim Douet
Depuis quinze ans à la tête des Subsistances, Cathy Bouvard s’est vu proposer un défi qui ne se refuse pas : les Ateliers Médicis, dont l’ambition est rien de moins que de transformer par la culture la ville de Clichy-sous-Bois et de faire émerger des artistes qui ne soient pas “du sérail”. Une des fondatrices de Lyon Capitale tire donc sa révérence et dresse à cette occasion le bilan d’une ville qui a muté. Avec la crainte qu’elle ne se re-quenellise…
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut