Charles Couty, directeur du musée Jean Couty, est l’invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
Le musée Jean Couty met à l’honneur une nouvelle exposition intitulée "Jean Couty voyage en Italie", visible jusqu’au 20 décembre 2026. À travers une soixantaine de toiles, le peintre lyonnais livre sa vision personnelle de la péninsule, de Venise aux Pouilles en passant par Rome ou encore le Vatican. Pour Charles Couty, cette exposition reflète avant tout une passion profonde : "Mon père était passionné par l’Italie, passionné par Venise […] il a fait des toiles très orangées, très colorées, et c’était un moment où, dans sa tête, il était heureux." Pensée comme une déambulation à la fois chronologique et thématique, l’exposition mêle grands formats et œuvres plus intimistes, tout en variant les ambiances, notamment avec les représentations de l’Etna, plus sombres et intenses.
Un dialogue entre Lyon et l’Italie
Au-delà du voyage, l’exposition crée un pont entre l’Italie et la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec un second espace consacré à des paysages locaux et des vues de Lyon. Charles Couty souligne cette correspondance artistique : "Il y a un dialogue avec les couleurs, les sujets […] les oranges et les rouges de Venise se marient avec ceux de Lyon." L’ensemble, accessible à tous les publics, rassemble près de 130 à 140 œuvres, offrant une vision complète du travail du peintre, entre architecture, paysages et portraits. L’exposition s’inscrit ainsi dans une démarche à la fois artistique et personnelle, mêlant souvenirs familiaux et quête esthétique.
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La retranscription complète de l'émission :
Bonjour à tous, bienvenue dans l’émission 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction Lyon Capitale. Aujourd’hui, on va parler culture avec la dernière exposition du musée Jean Couty. Elle s’appelle « Jean Couty voyage en Italie ». C’est une soixantaine de peintures qui sont exposées jusqu’au 20 décembre 2026 au musée Jean Couty, on le rappelle, en face de l’île Barbe. Et pour en parler, nous recevons Charles Couty, qui est le directeur du musée Jean Couty. Bonjour Charles. Merci d’être venu sur notre plateau. On va rentrer un peu dans le vif du sujet avec cette exposition d’abord. Qu’est-ce qu’on voit sur ces tableaux ? L’Italie, certes, mais ce sont plutôt des villes, des lieux… enfin, qu’est-ce qu’on peut voir ? On arrive sur Venise ?
Mon père était passionné par l’Italie, passionné par Venise. Il y était allé plusieurs fois, il avait emmené ma mère à l’époque plusieurs fois à Venise. Et c’est d’ailleurs presque au début où ils se sont connus qu’ils sont partis à Venise. L’Italie l’a toujours passionné. Le monde entier a passionné mon père, et l’Italie, c’est quand même un pays voisin. Il était passionné, donc il a fait des toiles très orangées, très colorées, et c’était un moment où, dans sa tête, il était heureux.
Effectivement, les couleurs sont très chaudes, on sent vraiment qu’il y a un côté festif et estival de manière générale. Simplement, sur la genèse de cette exposition : vous sortez d’une exposition à succès, « Lyon ville rêvée », qu’on voit partout, on l’a vue même au centre commercial La Part-Dieu, on en parlait juste avant. Est-ce que c’est la première fois que ces œuvres sont mises ensemble sur les murs, sur l’Italie ? Quelle est l’histoire de cette exposition ?
C’est mon épouse Myriam qui a eu l’idée, la très bonne idée, de faire cette exposition sur le voyage en Italie de mon père. Et évidemment, il n’y a pas que Venise : vous avez les Pouilles, vous avez Rome, le Vatican bien sûr. Il y a plein de sujets sur l’Italie, évidemment. Il y a plus d’une soixantaine d’œuvres. Et c’est vrai que dans cette exposition, il y a aussi l’Etna : mon père a été passionné par l’Etna. On voit le volcan sous toutes ses facettes, en éruption, et il y a au moins une bonne dizaine de toiles de l’Etna dans le parcours sur l’Italie.
J’allais vous demander comment vous avez pensé l’exposition. Est-ce une déambulation ? Est-ce par thématique, chronologique ? Comment est-ce que vous assurez une sorte de cohérence, un fil rouge dans l’exposition ?
Alors, ce sont évidemment les thèmes. Il y a les formats aussi, parce que, par exemple, Venise, il y a des tout petits formats, mais il y a aussi des très grands formats. Il y a des formats qui font presque deux mètres par deux mètres. Comme vous dites, il y a les formats, le sujet, et on fait une déambulation : on commence par Venise, après vous arrivez sur l’Etna, Rome, les différentes villes, les Pouilles, les natures mortes, le Vatican. C’est une déambulation chronologique et thématique.
Et on change d’ambiance tout de même. Vous parliez de l’Etna, effectivement, on est quand même sur quelque chose de très différent des villes italiennes. Il y a des événements de la vie religieuse aussi, et dans les couleurs, la colorimétrie, on est sur quelque chose de beaucoup plus foncé, plus grave peut-être aussi.
Exactement. Sur les Pouilles, c’est beaucoup plus difficile, ce sont des toiles beaucoup plus grises, bleues, marron, alors que les Venises… Quand vous prenez l’Etna, il y a du rouge, cette couleur rouge de la lave en fusion. Mon père était absolument passionné. Mais sur les Venises, il y a beaucoup d’orange, de vert pastel, des bleus pastel, oui.
Et quelle est l’histoire de Jean Couty avec l’Italie ? C’est qu’il venait pour la peinture, justement ? Il adorait les peintres italiens, mais en général, il a quand même…
Les grands peintres italiens, Léonard de Vinci… On ne va pas tous les citer, mais il était passionné par l’art italien. Il me disait : « C’est un art qui est exceptionnellement grand. »
Donc il venait pour s’inspirer : les paysages, les manières… Bien sûr, les paysages. C’était vraiment dédié à la peinture, ses voyages ? Uniquement à la peinture ? D’accord, c’est important de le dire aussi, ce n’est pas au détour…
Pour le plaisir aussi, parce qu’il a emmené ma mère : ça faisait quelques mois qu’il la connaissait, il l’avait emmenée à Venise. Il m’a fait découvrir Venise, et ça a été un rayon de soleil pour lui.
Donc c’est aussi associé à ses souvenirs familiaux. Avant de passer à une deuxième séquence pour parler aussi du dialogue avec la région Auvergne-Rhône-Alpes, est-ce que vous avez un coup de cœur personnel parmi les œuvres de Jean Couty ? Une qui vous semble vraiment… qu’il ne faut pas rater pour vous ?
Alors, il y a la grande Venise qui est dans la première pièce. Il y a deux très grandes Venises, qui font presque deux mètres par deux mètres, qui sont très belles. Mon père adorait ces deux très belles toiles. Après, vous avez, au premier étage, comme vous l’avez dit, un dialogue avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.
Alors, vous pouvez nous expliquer un peu ? C’est pour rester sur notre terre lyonnaise, ou régionale du moins ?
Voilà. Par exemple, vous avez La Clusaz, vous avez des paysages de montagne avec La Clusaz. Vous avez l’Isère avec Montrevel, le Nord-Isère, les Terres froides, Clermont-Ferrand. Et Lyon, évidemment.
Voilà, j’allais vous demander si Lyon est toujours présent. Si on a loupé « Lyon ville rêvée », on peut retrouver tout de même…
Il y aura encore une dizaine de toiles de vues de Lyon,
qui font partie de la région, bien sûr, évidemment. Donc il y a un dialogue avec les couleurs, les sujets. Vous voyez, il y a le pont Bonaparte, avec les roses et les oranges du pont Bonaparte, qui se marient à merveille avec les oranges et les rouges de Venise ou des Pouilles, par exemple.
Et on peut faire les deux en deux heures ? Sans problème. C’est une exposition accessible à tous, familles comprises ?
Familles comprises, et passionnante, parce que c’est très large. Sur l’ensemble des tableaux, entre le voyage en Italie et le premier étage, où il y a des vues de Lyon, des paysages, des portraits aussi, il y a à peu près 130 à 140 toiles.
Ce n’est pas que de l’architecture, des villes et des paysages : il y a aussi un peintre qui s’intéresse à l’humain, à la vie, et c’est important de le signaler.
Les constructions de Lyon, comme on parlait tout à l’heure, la tour de la Part-Dieu, la tour du Crayon, effectivement.
Très bien, ce sera le mot de la fin. On est déjà au bout des six minutes. Merci d’être venu. Vous voulez dire… Toutes ces toiles sont aussi reproduites à la Part-Dieu ?
À la Part-Dieu, il y a aussi Venise, les voyages, et d’autres artistes, grâce à la direction de la Part-Dieu avec Jean-Philippe et Julie.
Et ça commence à partir de quand ?
C’est déjà en place.
Merci beaucoup d’être venu sur notre plateau pour nous présenter la dernière exposition du musée Jean Couty. Quant à vous, vous l’aurez compris, la dernière exposition « Jean Couty voyage en Italie » se tient jusqu’au 20 décembre. C’est juste en face de l’île Barbe. Et puis vous pouvez retrouver d’autres tableaux de Jean Couty, des reproductions, dans le centre commercial de la Part-Dieu. Merci d’avoir suivi cette émission. Plus d’actu sur lyoncapitale.fr. À très bientôt.
