Sergi Pamies, traduction Edmond Raillard
télévision assignent aux martyrs de l'amour." On peut par exemple "boire des litres de café dans des bars avec des grandes baies vitrées à travers lesquelles on peut faire une grimace amère chaque fois que passe un couple d'amoureux".
Autre pépite : le récit, très court, consacré à "la lecture". L'homme lit un livre qu'il a envie d'aimer car une amie le lui a offert. "Le début me plaît" dit-il avant de déchanter, au fil des métaphores très appuyées, des situations "un peu cucul" et des comparaisons déconcertantes. Pourtant, la critique a encensé l'ouvrage, comme le souligne la 4e de couverture. Alors l'homme reprend sa lecture, mais le plaisir continue de céder la place à la réticence puis à la crainte (qui ne cesse de se confirmer) qui se mue elle-même en corvée pour finir par se dissiper dans un sommeil profond. Cette malicieuse mise en abyme de la lecture ne renvoie en rien à l'expérience qu'éprouve le vrai lecteur du Dernier livre de Sergi Pamies : un plaisir jamais démenti.
Le Dernier livre de Sergi Pamies, de Sergi Pamies, traduit par Edmond Raillard aux éditions Jacqueline Chambon. 15 euros.
(1) L'entretien peut être lu sur le site de l'Arald : www.arald.org
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