Grève à l'hôpital Édouard Herriot : la direction reçoit les syndicats


Par Camille Sarazin
Publié le 16/02/2017  à 10:14
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Le 7 mars, les syndicats hospitaliers appellent à la grève dans toute la France, avec un grand rassemblement prévu à Paris. En préparation de cet événement national, les syndicats FO, CGT et SUD de l'hôpital Édouard Herriot de Lyon organisaient une grève mercredi 15 février. Alors qu'une cinquantaine de personnes étaient réunies devant l'hôpital, ils sont montés voir la direction, qui les a reçus pendant plus d'une heure et demie. 

Grève à l'hôpital Edouard Herriot le 15 février 2017 © Tim Douet
© Tim Douet
Grève à l'hôpital Edouard Herriot le 15 février 2017

Ils étaient quelques dizaines de grévistes réunis en début d'après-midi, mercredi 15 février, devant le centre hospitalier Édouard Herriot. Les syndicats FO, CGT et SUD-Santé avaient appelé à la grève, avant le rassemblement national du 7 mars, pour tenter d'obtenir une réponse de la direction. Sur les 2087 personnels soignants d’Édouard Herriot, 106 se sont déclarés grévistes. Soit 5%, une "réussite" d'après les syndicats, qui ne se découragent pas. "On sait que l'on est soutenu", affirment-ils. 

Finalement, une cinquantaine de personnes a décidé de monter voir à la direction. Après quelques échanges tendus, Valérie Durand-Roche, la directrice de l'hôpital, a reçu une délégation d'une douzaine de personnes. À l'issu d'une heure et demie de discussions, la situation n'a pu être débloquée, mais certains problèmes ont été entendus. 

Le manque de personnel au cœur des débats 

Pointé du doigt en priorité par les syndicats : le manque de personnel. "Nous sommes en sous-effectifs dans tous les services, expliquent-ils. La situation la plus catastrophique est au service réanimation. Les effectifs du service sont normés, il doit y avoir deux infirmières pour 5 patients. Mais il n'y a en moyenne que 1,8 personne." "On nous rappelle souvent sur nos repos", raconte une aide-soignante qui travaille en réanimation. 

Le non-respect des repos est un problème qui va être vu avec les services concernés. En revanche, la direction affirme que les effectifs normés sont respectés sur l'ensemble de la journée. Elle oppose aux syndicats la "contrainte budgétaire" et maintient sa volonté de supprimer 33,3 équivalents temps plein sur l'année 2017. Une déception pour le personnel soignant qui ne nourrit pourtant aucun ressentiment à l'égard de sa direction. "Ce que l'on dénonce ce sont les politiques d'austérité imposées à l'hôpital public à l'échelle nationale", affirme un représentant de FO. 

Grève à l'hôpital Edouard Herriot le 15 février 2017 © Tim Douet
© Tim Douet
Grève à l'hôpital Edouard Herriot le 15 février 2017

D'autres problèmes ont été entendus 

Certaines revendications ont cependant été entendues. Alors que les syndicats dénoncent la précarisation du personnel hospitalier, avec un recourt accru aux personnels contractuels, la direction affirme que cette année 46 personnes [NDRL : sur 250 contractuels] accéderont au statut de fonctionnaires hospitaliers. "Certaines personnes attendent 6 ans avant d'obtenir ce statut", explique Mme Janssen, du syndicat SUD. Plus d'informations devraient leur être fournies dans les jours qui viennent. 

Le personnel des unités de soins continues (USC) s'était également plaint aux syndicats du manque d'encadrement des nouveaux arrivants. "Après un mois de formation, on les laisse les jeunes diplômés se débrouiller sans être supervisés par quelqu'un d'expérimenté", raconte une syndiquée. La direction prend le problème au sérieux et affirme que des solutions vont être apportées. Un soulagement pour les syndicats, qui ne manquent cependant pas de souligner le paradoxe du discours. "Si les jeunes sont mal encadrés à leur arrivée c'est parce que l'on manque de personnel. Et on nous dit que l'on va régler le problème sans augmenter le personnel", critique Mme Janssen. 

Des syndicats tout de même déçus

De manière générale, les syndicats se disent "déçus" de cette rencontre. "Il n'y a pas de dialogue social à Édouard Herriot", expliquent-ils. Ils dénoncent des pressions de certains supérieurs hiérarchiques à l'encontre des grévistes, mais surtout un climat social qui se dégrade. Depuis l'introduction du "lean management", certains actes sont chronométrés. "On soigne des personnes, on ne répare pas des voitures", s'indignent-ils. "On nous dit qu'il n'y a pas de moyens, pourtant la santé mérite des investissements", conclut Mme Janssen. 

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