Roms sans solution : la ville et la préfecture se renvoient la balle

Une cinquantaine de Roms a occupé jeudi 10 novembre, le centre social de l'avenue Jules Guesde à Vénissieux dans l'espoir de trouver une solution de relogement, après l'expulsion de leur campement, rue de Surville à Lyon 7e. La Police a embarqué à 14h leurs caravanes à la fourrière. (Actualisé à 17h30)

Selon nos informations, la police municipale a en effet décidé d'emporter les quatorze caravanes de Roms stationnées depuis jeudi midi, avenue Marius Berliet à Vénissieux, à la fourrière jeudi après-midi. Les ressortissants d'Europe de l'Est, expulsés jeudi matin du campement sauvage qu'il avait érigé sur un terrain privé de l'avenue, avaient garé leurs caravanes dans la rue jeudi matin.

La veille, mercredi, ils avaient quitté dans la nuit leur terrain de la rue de Surville à Lyon 7e, coincé entre les rails de chemins de fer et une aire d'accueil des gens du voyage. Une décision de justice ayant été prononcée en août, ils se savaient menacés d'expulsion ce jeudi 10 novembre.

Mais le nouveau terrain trouvé dans la nuit de mercredi à jeudi avenue Marius Berliet étaient occupé illégalement. "Il s'agit d'un terrain privé avec bris de clôture. Notre hiérarchie a été saisie", nous ont expliqué la douzaine de policiers présents sur place jeudi matin.

En milieu de matinée, tandis que les hommes et les jeunes femmes sans enfants déménageaient les caravanes, vélos et autres objets matériels entassés sur le terrain sous les yeux de la police ; les mères de famille et leurs petits trouvaient refuge au centre social de l'avenue Jules Guesde, à deux cent mètres du terrain occupé. "Ils ont été très sympa, les salariés du centre social les ont accueillis à bras ouverts, ont servi le café aux adultes et proposés des jeux aux enfants", témoignait une militante. Pour autant, les Roms ont été invités à quitter les lieux jeudi soir, toujours, sans solution de logement et sans caravanes.

Selon nos informations, la police a embarqué leurs caravanes à la fourrière pour défaut d'assurances et de cartes grise en règle, défauts mécaniques également. "Nous pensions qu'il pourraient passer quelques jours dans leur caravanes sur une place de parking à Vénissieux, mais les policiers ont décidé de les enlever", se lamentait jeudi après midi une militante joint par Lyon Capitale.

La préfecture contactée également a admis avoir demandé l'intervention des forces de police jeudi. "Les trois préfets, Jean-François Carenco, préfet du Rhône, Alain Marc, préfet délégué à l'égalité des chances et Jean-Pierre Cazenave, préfet délégué à la sécurité en ont décidé ensemble".

Où vont dormir les Roms ? Malina, 31 ans, d'origine serbe, six enfants dont un petit de trois semaines, dit avoir déposé une demande de logement en foyer depuis le 2 novembre à la veille sociale (115). "Il fait trop froid dans la caravane, je voudrais trouver une place en foyer avec mes enfants, nous déclarait-elle jeudi matin, mais ils ne m'ont rien donné".

Et alors que les températures chutent ces derniers jours dans l'agglomération, 7° attendus vendredi soir à Lyon, une centaine de places supplémentaires seulement ont été ouvertes jeudi dernier dans le Grand-Lyon par le préfet au foyer Saint-Irénée à Saint-Just (Lyon 5e). 650 places ont pourtant été promises dans le cadre du plan froid qui a débuté le 3 novembre.

Quant à la mairie de Vénissieux contactée par Lyon Capitale, elle n'a pas donné suite à notre appel. Selon les associations, Michèle Picard, maire communiste de la ville, n'a pas proposé de terrain de repli aux Roms, leur disant que c'était au préfet de loger les sans-abris. Jeudi soir, les Roms étaient sur le point d'être expulsés du centre social par la police.

Lucie Blanchard

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1 commentaire
  1. bruno - 11 novembre 2011

    Occupation du centre social de Parilly par des familles rromshttp://rebellyon.info/Occupation-du-centre-social-de.htmlCommuniqué de presse de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Médecins du Monde (MDM), C.L.A.S.S.E.S (Collectif lyonnais pour l’accès à la scolarisation et le soutien aux enfants des squatts), RESF (Réseau éducation sans frontières). Lyon, le 11 novembre 2011 Une quarantaine de personnes occupe pacifiquement depuis jeudi matin 10 novembre le centre social de Parilly à Vénissieux. Ce sont des familles rroms qui ont été expulsées d’un terrain voisin. Nos associations ont été appelées à l’aide par ces familles. Nous nous sommes retrouvés à gérer la situation d’une quarantaine de personnes, dont 14 enfants (un bébé de trois semaines) dans un local qui n’est pas prévu à cet usage : trop petit (50 m2) avec un seul wc sans lumière, sans matelas, sans couverture, sans nourriture. En réponse à cette situation, la mairie de Vénissieux n’envisage que des concertations à long terme, nécessaires bien sûr, mais qui restent sans effet. Dans l’immédiat, la mairie n’a pas trouvé de solution auprès du 115 pour héberger ces familles dignement et ne propose rien. Elle contraint les associations à assumer - seules et sans moyen – la situation au risque qu’elle pourrisse. Localement, face à une telle urgence, des solutions concrètes et rapides doivent être apportées par les différentes institutions responsables : l’Etat, le Conseil général, le Gran

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