Entrée du Groupama Stadium, à Décines © Tim Douet
Entrée du Groupama Stadium, à Décines © Tim Douet

La Ligue des champions dope les résultats de l'OL au 1er trimestre

Dopés par les revenus de la Ligue des champions, les résultats financiers de l'Olympique lyonnais ont progressé de 66 % hors vente des joueurs au 1er trimestre de l'exercice 2018/2019. Ils restent cependant en dessous de ceux de la saison dernière (-5,4 M d’€).

Dans un communiqué, OL s'est félicité de ses bons résultats financiers lors du premier trimestre (1er juillet-30 septembre 2018) de l'exercice 2018/2019. “Les produits des activités hors produits de cessions de contrats joueurs sont en progression significative sur le trimestre (+66 %) et s'établissent à 57,3 millions d'euros contre 34,6 millions d'euros au 30 septembre 2017”, s'est félicité OL Groupe. Une augmentation notamment due à la participation de l'OL à la Ligue des champions et “à la forte croissance des droits TV distribués par l'UEFA à compter de la saison 2018/2019”, a expliqué le club. D’un point de vue global, le produit des activités de ce 1er trimestre est tout de même en baisse si l'on prend en compte la vente des joueurs puisqu'il est de 95 millions d'euros cette année contre 100,4 millions l'an passé où le club avait vendu plus de 65,8 Md'€ millions d'euros de joueurs (Mammana, Lacazette, Mateta, Gonalons) après le 1er juillet. Concernant les lignes d'activités “Billeterie, Partenariats – Publicité, et Produits de la marque”, le club se réjouit d'avoir enregistré “une croissance à deux chiffres au 1er trimestre 2018/2019”. Une croissance de 12,65 %, soit une augmentation de 2,1 millions d’euros.

L'OL toujours dépendant des résultats sportifs

Pour justifier de la construction d’un stade payé par l’OL mais où la puissance publique a injecté 200 millions d’euros pour financer son accessibilité, Jean-Michel Aulas avait promis que son “nouvel outil” révolutionnerait le modèle économique de son équipe de football. Or, après deux années complètes au Groupama stadium, l’effet Grand stade reste encore limité. L’OL a désormais la possibilité de conserver certains de ses meilleurs joueurs, ce qu'il a fait cette année, mais la qualité de la santé financière du club est toujours dépendante des résultats sportifs (présence en Ligue des champions) et de la vente des joueurs formés par le club. Un politique assumée par l’OL qui s'est félicité dans un communiqué de “l’excellence de l’Academy OL, source de création de valeur et de récurrence de revenus”. Dernier exemple en date, l'exercice 2017/2018 où OL Groupe a annoncé des bénéfices records grâce à la vente de joueurs qui a rapporté 125,3 M d'€ contre 51,7 M d'€ durant la saison 2016/2017. Dans le même temps, les droits TV ont rapporté 65,2 millions d'euros, faisant de ces deux recettes, la principale source (65,8 %) de revenus du club (289,5 M d'€ l'an passé.)

Quel impact pour le Grand stade ?

L'OL met en avant la progression de son activité événementielle (+70 % entre les saisons 2016/2017 et 2017/2018). Or, les produit de cette activité ne sont que de 15,6 M d'€ sur un produit total de 289,5 M d'€ dont les grandes lignes de force dépendent du sportif. Le Grand stade a aussi eu un effet évident sur la billetterie qui était de 37,3 M d'€ l'an passé malgré l'absence de Ligue des champions. À titre de comparaison pour la saison 2012/2013 où les résultats du club furent sensiblement comparables à la saison dernière (3e place en Ligue 1 et qualification pour les phases d'élimination directe de Ligue Europa) la billetterie avait seulement rapporté 12,3 millions d'euros à Gerland. À la fin des années 2000, en 2007 et 2008, cette billetterie représentait près de 10 % des revenus du club contre un peu plus de 18 % aujourd’hui.

Mais là encore, comme nous l'écrivions l'an passé, il convient de retrancher le frais intrasec à la gestion de ce nouveau stade. Des frais jugés importants, dont l’OL ne donne pas les chiffres, mais sur lesquels le club travaille toujours. Dans son dernier communiqué, ce dernier a d’ailleurs assuré qu’il “s’attache à accroître la rentabilité de son exploitation, par une optimisation de ses charges de fonctionnement et de ses coûts d’organisation, tout en maintenant l’expérience client au cœur de ses priorités.

Le “formidable outil” cher à Jean-Michel Aulas n'est donc encore qu’un outil, au poids financier certes croissant, mais dont l’impact reste modéré sur les finances du club contrairement à la réussite de l’académie et aux résultats sportifs, desquels dépendent la billetterie et les droits TV*.

*qui augmenteront à partir de 2020 avec l’arrivée de Mediapro* (1 153 M€/an contre 726,5 M€/an aujourd’hui).

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